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AFGHANISTAN: Les attaques nuisent aux moyens de subsistance dans la province de Kunar
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Bethany Matta/IRIN
Le district de Marawara, l’est de la province de Kunar
KABOUL, 8 août 2012 (IRIN) - Il y a quelques jours, Bibi Hajira trayait ses vaches lorsqu’une explosion lui a fait perdre connaissance. « Lorsque je me suis réveillée, j’étais à l’hôpital et j’avais des blessures à la tête. J’étais également blessée au bras gauche et à la jambe droite. Je ne me souviens que de l’explosion ».
Quand Mme Hajira est rentrée chez elle, sa vache était morte, ses chèvres et ses moutons blessés. « Chaque fois que j’entends une roquette, j’ai très peur. Elles font un bruit horrible ».
Mme Hajira fait partie des dizaines de personnes qui ont été blessées dans les explosions qui ont visé l’est de la province de Kunar, située à la frontière avec le Pakistan. Les attaques généralement attribuées au Pakistan ont débuté en mai et se sont récemment intensifiées.
Les responsables afghans accusent l’armée pakistanaise d’avoir tiré des roquettes de l’autre côté de la frontière, visant les insurgés installés dans cette région éloignée, ce que le Pakistan réfute. Bien que les estimations varient, Fazlolah Waheedi, le gouverneur de la province de Kunar, a indiqué aux agences de presse que 3 160 attaques avaient été menées contre cinq districts de la province au cours des trois derniers mois, faisant huit victimes et 25 blessés.
Ilija Todorovic, représentant adjoint du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), a dit que les attaques étaient comme « une pluie de bombes qui sont tombées dans un court laps de temps, détruisant les maisons et tuant des gens au hasard ».
Suite aux attaques, le Parlement a émis un vote de défiance à l’encontre des ministres de la Défense et de l’Intérieur, qui fonctionnent désormais par intérim. Ceux-ci ont été accusés de ne pas avoir fait leur possible pour prévenir les incursions. Bon nombre de personnes craignent que le vote ne mette à mal un processus de transition déjà chaotique entre la Force internationale d’assistance et de sécurité et les forces de sécurité afghanes.
Séries de violences
« Un soir, une trentaine de roquettes sont tombées sur mon village de Barkanday, situé à l’écart, non loin de la frontière », a dit Haji Bado Khan, un fermier du district de Dangam.
« Tout d’un coup, il y a eu une explosion et quelques minutes plus tard, j’ai vu des corps gisant dans une flaque de sang. Mes deux petits-enfants et ma femme ont été blessés. Mes animaux sont morts…et j’ai reçu un éclat d’obus dans mon bras gauche. Et puis de nouvelles roquettes ont été tirées. La forêt proche du village a brûlé. Les villageois ont pris leurs mules et leurs ânes et nous ont emmené à l’hôpital, mais nous avons perdu beaucoup de sang en chemin. Mon bétail était ma source de revenu, je n’ai plus de travail maintenant. Je n’ai plus de lait, de yaourts ou de beurre à vendre ».
Les Nations Unies et les responsables du gouvernement ont indiqué que les pilonnages et les attaques à la roquette rappelaient ceux intervenus à la même époque l’année dernière. Toutefois, alors que les attaques s’étaient calmées pendant le mois sacré du ramadan en 2011, elles semblent se poursuivre cette année.
Pour l’instant, 559 familles originaires de sept villages ont été déplacées de Dangam et de ses environs. La majorité de ces familles se sont installées dans les villages et districts voisins.
« Si l’on se base sur ce qu’il s’est passé l’année dernière », a dit M. Todorovic du HCR, « on peut penser que bon nombre de familles attendront que les attaques se calment ou prennent fin pour rentrer chez elles. Certaines d’entre elles – comme l’année dernière – ne reviendront pas ».
« Personne ne sait quand cela va s’arrêter », a dit Walid Akbar, porte-parole de la Société du Croissant-Rouge afghan. « Le gouvernement et les forces internationales sont incapables d’intervenir [en raison de l’insécurité] et si les gens reviennent dans leur village et reprennent le travail sur leurs terres, la situation va malheureusement se reproduire ».
La situation est inquiétante lorsque l’on sait que bon nombre de villages et de familles touchés par les attaques de 2011 sont à nouveau concernés cette année.
La plupart des Afghans qui vivent dans la région sont submergés par la peur. « Les roquettes continuent de tomber. Parfois ce sont des dizaines de roquettes qui sont tirées, parfois moins, il m’arrive de perdre le compte », a dit Sayedo Jan, un autre fermier du district de Dangam. « Personne n’a été blessé ni tué, mais les enfants sont terrifiés ».
bm/kb/rz-mg/amz
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Paix et sécurité
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MONDE: IRIN Service français - Bulletin hebdomadaire humanitaire 671 17 mai 2013
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Le district de Marawara, l’est de la province de Kunar
KABOUL, 8 août 2012 (IRIN) - Il y a quelques jours, Bibi Hajira trayait ses vaches lorsqu’une explosion lui a fait perdre connaissance. « Lorsque je me suis réveillée, j’étais à l’hôpital et j’avais des blessures à la tête. J’étais également blessée au bras gauche et à la jambe droite. Je ne me souviens que de l’explosion ».
Quand Mme Hajira est rentrée chez elle, sa vache était morte, ses chèvres et ses moutons blessés. « Chaque fois que j’entends une roquette, j’ai très peur. Elles font un bruit horrible ».
Mme Hajira fait partie des dizaines de personnes qui ont été blessées dans les explosions qui ont visé l’est de la province de Kunar, située à la frontière avec le Pakistan. Les attaques généralement attribuées au Pakistan ont débuté en mai et se sont récemment intensifiées.
Les responsables afghans accusent l’armée pakistanaise d’avoir tiré des roquettes de l’autre côté de la frontière, visant les insurgés installés dans cette région éloignée, ce que le Pakistan réfute. Bien que les estimations varient, Fazlolah Waheedi, le gouverneur de la province de Kunar, a indiqué aux agences de presse que 3 160 attaques avaient été menées contre cinq districts de la province au cours des trois derniers mois, faisant huit victimes et 25 blessés.
Ilija Todorovic, représentant adjoint du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), a dit que les attaques étaient comme « une pluie de bombes qui sont tombées dans un court laps de temps, détruisant les maisons et tuant des gens au hasard ».
Suite aux attaques, le Parlement a émis un vote de défiance à l’encontre des ministres de la Défense et de l’Intérieur, qui fonctionnent désormais par intérim. Ceux-ci ont été accusés de ne pas avoir fait leur possible pour prévenir les incursions. Bon nombre de personnes craignent que le vote ne mette à mal un processus de transition déjà chaotique entre la Force internationale d’assistance et de sécurité et les forces de sécurité afghanes.
Séries de violences
« Un soir, une trentaine de roquettes sont tombées sur mon village de Barkanday, situé à l’écart, non loin de la frontière », a dit Haji Bado Khan, un fermier du district de Dangam.
« Tout d’un coup, il y a eu une explosion et quelques minutes plus tard, j’ai vu des corps gisant dans une flaque de sang. Mes deux petits-enfants et ma femme ont été blessés. Mes animaux sont morts…et j’ai reçu un éclat d’obus dans mon bras gauche. Et puis de nouvelles roquettes ont été tirées. La forêt proche du village a brûlé. Les villageois ont pris leurs mules et leurs ânes et nous ont emmené à l’hôpital, mais nous avons perdu beaucoup de sang en chemin. Mon bétail était ma source de revenu, je n’ai plus de travail maintenant. Je n’ai plus de lait, de yaourts ou de beurre à vendre ».
Les Nations Unies et les responsables du gouvernement ont indiqué que les pilonnages et les attaques à la roquette rappelaient ceux intervenus à la même époque l’année dernière. Toutefois, alors que les attaques s’étaient calmées pendant le mois sacré du ramadan en 2011, elles semblent se poursuivre cette année.
Pour l’instant, 559 familles originaires de sept villages ont été déplacées de Dangam et de ses environs. La majorité de ces familles se sont installées dans les villages et districts voisins.
« Si l’on se base sur ce qu’il s’est passé l’année dernière », a dit M. Todorovic du HCR, « on peut penser que bon nombre de familles attendront que les attaques se calment ou prennent fin pour rentrer chez elles. Certaines d’entre elles – comme l’année dernière – ne reviendront pas ».
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La plupart des Afghans qui vivent dans la région sont submergés par la peur. « Les roquettes continuent de tomber. Parfois ce sont des dizaines de roquettes qui sont tirées, parfois moins, il m’arrive de perdre le compte », a dit Sayedo Jan, un autre fermier du district de Dangam. « Personne n’a été blessé ni tué, mais les enfants sont terrifiés ».
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