English
|
عربي
|
Mobile
|
A propos d’IRIN
lundi 20 mai 2013
Recherche avancée
nouvelles et analyses humanitaires
Un service du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies
- Tous les pays -
Afrique du Sud
Afghanistan
Angola
Bangladesh
Bénin
Botswana
Burkina Faso
Burundi
Cambodge
Cameroun
Cap vert
Colombie
Comores
Congo
Côte d'Ivoire
Djibouti
Egypte
Erythrée
Ethiopie
Gabon
Gambie
Ghana
Guinée équatoriale
Guinée
Guinée-Bissau
Haïti
Indonésie
Irak
Iran
Israël
Jordanie
Kenya
Kirghizistan
Laos
Lesotho
Liban
Liberia
Libye
Madagascar
Malawi
Mali
Mauritanie
Maurice
Mozambique
Myanmar
Namibie
Népal
Niger
Nigeria
Ouganda
Ouzbékistan
Pakistan
Philippines
RDC
République Centrafricaine
Rwanda
Sahara Occidental
Sao Tome-et-Principe
Sénégal
Seychelles
Sierra Leone
Somalie
Soudan
Soudan du Sud
Sri Lanka
Swaziland
Syrie
Tadjikistan
Tanzanie
Tchad
Thaïlande
Timor-Leste
Togo
TPO
Turkménistan
Vietnam
Yémen
Zambie
Zimbabwe
Inscrivez-vous à nos alertes email
|
Connexion
Analyses
Monde
Afrique
PAGE D’ACCUEIL - AFRIQUE
AFRIQUE DE L'EST
Kenya
Soudan du Sud
Soudan
Tanzanie
Ouganda
GRANDS LACS
Burundi
République Centrafricaine
Congo
RDC
Rwanda
CORNE DE L'AFRIQUE
Djibouti
Erythrée
Ethiopie
Somalie
AFRIQUE AUSTRALE
Afrique du Sud
Angola
Botswana
Comores
Lesotho
Madagascar
Malawi
Maurice
Mozambique
Namibie
Seychelles
Swaziland
Zambie
Zimbabwe
AFRIQUE DE L'OUEST
Bénin
Burkina Faso
Cameroun
Cap vert
Côte d'Ivoire
Gabon
Gambie
Ghana
Guinée équatoriale
Guinée
Guinée-Bissau
Liberia
Mali
Mauritanie
Niger
Nigeria
Sahara Occidental
Sao Tome-et-Principe
Sénégal
Sierra Leone
Tchad
Togo
Film:
Sables mouvants
Fux RSS - Afrique
Asie
PAGE D’ACCUEIL - ASIE
Afghanistan
Bangladesh
Cambodge
Indonésie
Iran
Kirghizistan
Laos
Myanmar
Népal
Ouzbékistan
Pakistan
Philippines
Sri Lanka
Tadjikistan
Thaïlande
Timor-Leste
Turkménistan
Vietnam
Film:
Guerre civile au Népal
Flux RSS - Asie
Moyen-Orient
PAGE D’ACCUEIL - MOYEN ORIENT
Egypte
Irak
Israël
Jordanie
Liban
Libye
OPT
Syrie
Yémen
Film:
Réfugiés Syriens en Jordanie
Flux RSS - Moyen Orient
PlusNews
Dossiers
Renforcer la résilience
L’Humanitaire dans un monde qui s’urbanise
Nos Vies - Guide de survie
Film
Photo
Hebdo
Thèmes
Catastrophes naturelles
Démocratie et gouvernance
Droits de l'homme
Eau et Assainissement
Economie
Education
Egalité entre les sexes
Enfant
Environnement
Paix et sécurité
Politique
Réfugiés et déplacés
Santé et nutrition
Sécurité alimentaire
Sécurité
Urbanisation
VIH/SIDA
Lire l'article en:
English
Analyse: Surmonter le clivage linguistique au Sri Lanka
Follow @{0}
Commentaire
Email
Imprimer
Mode lecture
Partager
Photo:
Images of Sri Lanka/Flickr
La parité des langues pourrait jouer un rôle clé dans la consolidation de la paix au Sri Lanka
COLOMBO, 25 juillet 2012 (IRIN) - Le renforcement des efforts concrets pour faire respecter les droits des millions de locuteurs tamouls pourrait jouer un rôle clé dans le processus de paix et de réconciliation du Sri Lanka, selon les analystes et les activistes.
« La parité des langues est l’un des principaux défis qu’il nous faudra surmonter pour assurer le succès des efforts de paix et de réconciliation et l’avenir du Sri Lanka. Sans elle, je doute que nous soyons capables d’aller de l’avant », a dit à IRIN Wijedasa Rajapakshe, un avocat des droits de l’homme qui écrit sur la jurisprudence, à Colombo, la capitale, qui est située dans le sud de l’île.
« C’est un grief qui a des fondements historiques. En effet, même s’il s’agit d’une langue officielle, le tamoul est resté confiné aux régions où ses locuteurs sont majoritaires », a dit Suresh Premachandran, un ancien militant qui est maintenant membre de l’Alliance nationale tamoule, le plus important regroupement politique du nord-est du pays.
La question de la langue, considérée comme plusieurs comme ayant contribué à la guerre civile qui a opposé les forces du gouvernement et les Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE) entre 1983 et 2009, revient une fois de plus au centre du débat public. Jusqu’à présent toutefois, peu d’efforts ont été faits pour tenter de résoudre le problème.
Selon les statistiques du gouvernement pour 2012, les Tamouls forment 12 pour cent de la population du pays, qui compte 20 millions d’habitants. Les musulmans comptent pour 8 pour cent de la population et les Cinghalais, pour 73,8 pour cent. Le tamoul est reconnu par la Constitution comme l’une des deux langues officielles du pays et il s’agit de la langue maternelle d’un cinquième de la population. Il est surtout parlé par les Tamouls et les musulmans.
Malgré tout, le tamoul ne jouit toujours pas du même statut que le cinghalais. Selon les locuteurs tamouls, la question de la parité des langues divise le pays depuis longtemps.
« Si vous ne parlez pas cinghalais, il est difficile de trouver un bon emploi », a dit un Tamoul qui vit à Colombo et qui, contrairement à la plupart des Sri Lankais, parle couramment les deux langues. « Et il est impossible d’obtenir un poste de fonctionnaire. »
Si vous avez besoin d’un permis de conduire ou d’un passeport ou que vous vous rendez dans un hôpital public à Colombo, il est fort probable que vous ayez besoin d’un interprète pour vous aider à remplir les formulaires. Par ailleurs, les rapports de police sont souvent en cinghalais, même dans les régions où le tamoul est parlé par un plus grand nombre de personnes. De nombreux Tamouls se sont plaints d’avoir dû signer à plusieurs reprises des rapports de police qu’ils ne comprenaient pas. « C’est humiliant pour les Tamouls », a dit le jeune homme de 26 ans.
Grief historique
Une loi linguistique faisant du cinghalais la seule langue officielle du pays a été votée en 1956. Bien qu’elle n’ait jamais été appliquée intégralement, les Tamouls l’ont vue comme une mesure discriminatoire et son adoption a alimenté les tensions ethniques qui existaient déjà depuis longtemps entre les deux communautés. Pour de nombreux Tamouls, la question linguistique a exacerbé le sentiment d’exclusion de la minorité et provoqué les émeutes ethniques de 1958, qui ont fait plusieurs centaines de morts. Selon les Cinghalais, l’objectif de la loi était de se défaire de l’influence britannique en abandonnant l’anglais, et non pas d’isoler les Tamouls.
Le chapitre IV de la
Constitution de 1978
reconnaît le cinghalais et le tamoul comme les deux langues officielles du pays et considère l’anglais comme la langue véhiculaire.
Photo:
Contributor/IRIN
Dans les écoles du nord du pays, l’enseignement se fait en tamoul
En dépit de cette reconnaissance, de nombreuses personnes estiment que la formule utilisée par la Constitution est erronée et qu’elle fait du cinghalais la langue officielle du Sri Lanka en plaçant le tamoul au second rang – sauf dans certaines régions du nord et de l’est du pays.
Selon l’article 18 de la Constitution, modifiée en 1987 par le 13e amendement, « la langue officielle du Sri Lanka est le cinghalais » (article 18.1) et « le tamoul est aussi une langue officielle » (article 18.2).
Pour éviter la discrimination linguistique, la loi stipule par ailleurs que les citoyens ont le droit d’obtenir des services et de recevoir des communications en tamoul ou en anglais dans les régions où le cinghalais est la langue de l’administration. Ils doivent également avoir accès à des interprètes. Or, dans la pratique, ce n’est pas le cas.
Selon des militants, de nombreux Tamouls doivent effectuer toutes les démarches officielles qui influent sur leur vie quotidienne en cinghalais. Certains rapports constatent que le gouvernement déploie des efforts considérables pour promouvoir l’utilisation du cinghalais par les fonctionnaires dans le Nord, à majorité tamoule.
La plupart des 15 000
policiers
qui travaillent dans le nord de l’île ne parlent pas tamoul.
Des pans entiers de la population du Nord ont été coupés du reste du pays pendant les 27 ans de guerre et ne parlent pas cinghalais. À l’inverse, des milliers de soldats sri lankais présents actuellement dans le Nord ne parlent pas tamoul. Cela explique les difficultés de communication entre les deux communautés, qui n’ont d’autre choix que de se parler en anglais.
Les interactions quotidiennes demeurent toutefois difficiles, car de nombreux Sri Lankais qui ne travaillent pas pour le gouvernement ne parlent pas anglais. Certains
rapports
suggèrent que dix pour cent de la population seulement a des compétences en anglais.
« C’est une situation étrange. Nous sommes tous sri lankais, mais nous ne pouvons pas nous parler dans nos langues respectives », a dit un habitant de Jaffna.
La façon dont le système éducatif du Sri Lanka prend en compte la diversité linguistique est également problématique. Selon la Constitution, « Tout individu a le droit de recevoir son instruction par l’intermédiaire de chacune des langues nationales ». Or, selon les militants, l’intégration du tamoul à l’école n’est pas encore suffisante.
« C’est un outil utilisé pour diviser les enfants et nourrir le nationalisme [tamoul et cinghalais] », a déploré Tahirih Qurratulayn, directeur de l’Institut sri lankais des droits de l’homme. L’enseignement du tamoul à l’école n’a pas suffi à faire du Sri Lanka un État réellement bilingue.
La plupart des Tamouls vivant dans le sud du pays parlent cinghalais, mais très peu de Cinghalais parlent tamoul. Même parmi les touristes cinghalais, qui sont de plus en plus nombreux à visiter le nord du pays, rares sont ceux qui sont capables de dialoguer facilement avec leurs concitoyens tamouls.
Aller de l’avant
Alors que le Sri Lanka s’emploie à reconstruire et à rétablir une certaine stabilité dans le Nord, où des centaines de milliers de déplacés sont rentrés chez eux, nombreux sont ceux qui pensent que la solution à ce problème est à portée de main. « La parité linguistique est aussi importante que la réinstallation et la reconstruction », a dit Wijedasa Rajapakshe — un sentiment partagé par plusieurs.
Selon un récent
rapport
du Centre for Policy Alternatives (CPA), dont le siège se trouve à Colombo, la langue est un instrument idéal d’unification pour le Sri Lanka de l’après-guerre. « Les droits linguistiques sont une partie intégrante de l’identité et ne sont pas adéquatement protégés. L’application [des règles existantes] est importante », a dit Pakiasothy Saravanamuttu, directeur exécutif du CPA.
Photo:
Contributor/IRIN
Un panneau en cinghalais, en tamoul et en anglais à Colombo
De nombreux Tamouls du Sri Lanka ont le sentiment que leur langue est menacée par une campagne plus vaste d’éradication de leur identité culturelle. « Les gouvernements successifs n’ont pas réussi à faire appliquer la politique du pays en matière de langue officielle... [ce qui] a contribué à maintenir une division entre les communautés en créant une énorme barrière linguistique », a dit Shanthi Sachithanandam, un militant qui travaille dans le nord-est du pays.
Selon Wijedasa Rajapakshe, il est possible de prendre un nouveau départ en appliquant les recommandations de la Commission sur les leçons apprises de la guerre et la réconciliation (Lessons Learnt and Reconciliation Commission, LLRC) de 2011, une commission mise en place après la guerre par le gouvernement afin d’analyser les causes profondes du conflit ethnique.
Selon le rapport de la LLRC, sensibiliser les différentes communautés aux affinités linguistiques et culturelles des unes et des autres serait un instrument efficace de réconciliation. La LLRC suggère d’ailleurs d’en faire une priorité.
Depuis la guerre, le gouvernement a multiplié les efforts de sensibilisation dans le Nord, mais a négligé le Sud.
La recommandation 9 277 préconise que l’hymne national soit chanté dans les deux langues lors de tous les événements nationaux afin de renforcer l’unité et la réconciliation. Pourtant, lors des célébrations de l’indépendance qui ont eu lieu à Colombo cette année, l’hymne n’a été chanté qu’en cinghalais, conformément à la tradition.
Vasudeva Nanayakkara, ministre des Langues nationales et de l’Intégration sociale, a dit à IRIN : « Nous reconnaissons l’importance de la parité linguistique, [dont l’absence] est l’une des causes profondes du conflit, et nous avons adopté des mesures correctives conformes aux recommandations de la LLRC. »
dh/ds/he-gd/amz
Theme (s)
:
Paix et sécurité
,
Réfugiés et déplacés
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
Partager l’article
Commentaire
votre commentaire
Do not fill this textbox.
FeedBackSuccess
Dernières Nouvelles
L’apport économique du pastoralisme
Le coût de la peur
Travail humanitaire dans les bidonvilles
Le microcrédit à Madagascar
De l’eau pour tous au Burkina Faso
Des solutions internes à la crise en RDC
Hausse du nombre de victimes de mines
Partager l’article
Articles associés
Nécessité d’élaboration d’une meilleure planification urbaine pour éviter les catastrophes
La manipulation et l’instrumentalisation de l’aide humanitaire
Briefing: Les musulmans déplacés du Sri Lanka, 25 ans après
Des militants dénoncent le traitement des migrants par l’Australie
CATASTROPHES: Les chiffres et les tendances 2012 pour l’Asie
PLUS SUR CONFLICT
« On ne peut pas toujours appliquer les règles » – Rebelles syriens et DHI
La fréquentation scolaire souffre des attaques de Boko Haram dans l’État de Borno
Le renforcement des troupes en RDC peut-il changer les choses ?
L’Irak 10 ans après - Une moindre dépendance à l’égard de l’aide alimentaire
Analyse: Vers une meilleure prise en charge des victimes de violences sexuelles en Syrie
DIAPORAMA
Trois ans après : Larmes vives et volonté de fer
FILM
A la recherche de la stabilité
Dernières Analyses
« On ne peut pas toujours appliquer les règles » – Rebelles syriens et DHI
Analyse: Aider les travailleurs humanitaires locaux à se bâtir une carrière intéressante
Briefing: La mission intégrée des Nations Unies en Somalie
Analyse: Inciter les gouvernements à financer la RRC
Le renforcement des troupes en RDC peut-il changer les choses ?
Analyse: Vers une meilleure prise en charge des victimes de violences sexuelles en Syrie
Les Plus Lus
Le microcrédit permet aux petites entreprises de changer la donne du système à Madagascar
Améliorer l’accès à l’eau dans les villes burkinabées
Travail humanitaire dans les bidonvilles
Le coût de la peur
La contribution du pastoralisme à l’économie est importante mais ignorée
Lire l'article en:
Français
Analyse: Surmonter le clivage linguistique au Sri Lanka
Follow @{0}
Commentaire
Email
Imprimer
Mode lecture
Partager
Photo:
Images of Sri Lanka/Flickr
La parité des langues pourrait jouer un rôle clé dans la consolidation de la paix au Sri Lanka
COLOMBO, 25 juillet 2012 (IRIN) - Le renforcement des efforts concrets pour faire respecter les droits des millions de locuteurs tamouls pourrait jouer un rôle clé dans le processus de paix et de réconciliation du Sri Lanka, selon les analystes et les activistes.
« La parité des langues est l’un des principaux défis qu’il nous faudra surmonter pour assurer le succès des efforts de paix et de réconciliation et l’avenir du Sri Lanka. Sans elle, je doute que nous soyons capables d’aller de l’avant », a dit à IRIN Wijedasa Rajapakshe, un avocat des droits de l’homme qui écrit sur la jurisprudence, à Colombo, la capitale, qui est située dans le sud de l’île.
« C’est un grief qui a des fondements historiques. En effet, même s’il s’agit d’une langue officielle, le tamoul est resté confiné aux régions où ses locuteurs sont majoritaires », a dit Suresh Premachandran, un ancien militant qui est maintenant membre de l’Alliance nationale tamoule, le plus important regroupement politique du nord-est du pays.
La question de la langue, considérée comme plusieurs comme ayant contribué à la guerre civile qui a opposé les forces du gouvernement et les Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE) entre 1983 et 2009, revient une fois de plus au centre du débat public. Jusqu’à présent toutefois, peu d’efforts ont été faits pour tenter de résoudre le problème.
Selon les statistiques du gouvernement pour 2012, les Tamouls forment 12 pour cent de la population du pays, qui compte 20 millions d’habitants. Les musulmans comptent pour 8 pour cent de la population et les Cinghalais, pour 73,8 pour cent. Le tamoul est reconnu par la Constitution comme l’une des deux langues officielles du pays et il s’agit de la langue maternelle d’un cinquième de la population. Il est surtout parlé par les Tamouls et les musulmans.
Malgré tout, le tamoul ne jouit toujours pas du même statut que le cinghalais. Selon les locuteurs tamouls, la question de la parité des langues divise le pays depuis longtemps.
« Si vous ne parlez pas cinghalais, il est difficile de trouver un bon emploi », a dit un Tamoul qui vit à Colombo et qui, contrairement à la plupart des Sri Lankais, parle couramment les deux langues. « Et il est impossible d’obtenir un poste de fonctionnaire. »
Si vous avez besoin d’un permis de conduire ou d’un passeport ou que vous vous rendez dans un hôpital public à Colombo, il est fort probable que vous ayez besoin d’un interprète pour vous aider à remplir les formulaires. Par ailleurs, les rapports de police sont souvent en cinghalais, même dans les régions où le tamoul est parlé par un plus grand nombre de personnes. De nombreux Tamouls se sont plaints d’avoir dû signer à plusieurs reprises des rapports de police qu’ils ne comprenaient pas. « C’est humiliant pour les Tamouls », a dit le jeune homme de 26 ans.
Grief historique
Une loi linguistique faisant du cinghalais la seule langue officielle du pays a été votée en 1956. Bien qu’elle n’ait jamais été appliquée intégralement, les Tamouls l’ont vue comme une mesure discriminatoire et son adoption a alimenté les tensions ethniques qui existaient déjà depuis longtemps entre les deux communautés. Pour de nombreux Tamouls, la question linguistique a exacerbé le sentiment d’exclusion de la minorité et provoqué les émeutes ethniques de 1958, qui ont fait plusieurs centaines de morts. Selon les Cinghalais, l’objectif de la loi était de se défaire de l’influence britannique en abandonnant l’anglais, et non pas d’isoler les Tamouls.
Le chapitre IV de la
Constitution de 1978
reconnaît le cinghalais et le tamoul comme les deux langues officielles du pays et considère l’anglais comme la langue véhiculaire.
Photo:
Contributor/IRIN
Dans les écoles du nord du pays, l’enseignement se fait en tamoul
En dépit de cette reconnaissance, de nombreuses personnes estiment que la formule utilisée par la Constitution est erronée et qu’elle fait du cinghalais la langue officielle du Sri Lanka en plaçant le tamoul au second rang – sauf dans certaines régions du nord et de l’est du pays.
Selon l’article 18 de la Constitution, modifiée en 1987 par le 13e amendement, « la langue officielle du Sri Lanka est le cinghalais » (article 18.1) et « le tamoul est aussi une langue officielle » (article 18.2).
Pour éviter la discrimination linguistique, la loi stipule par ailleurs que les citoyens ont le droit d’obtenir des services et de recevoir des communications en tamoul ou en anglais dans les régions où le cinghalais est la langue de l’administration. Ils doivent également avoir accès à des interprètes. Or, dans la pratique, ce n’est pas le cas.
Selon des militants, de nombreux Tamouls doivent effectuer toutes les démarches officielles qui influent sur leur vie quotidienne en cinghalais. Certains rapports constatent que le gouvernement déploie des efforts considérables pour promouvoir l’utilisation du cinghalais par les fonctionnaires dans le Nord, à majorité tamoule.
La plupart des 15 000
policiers
qui travaillent dans le nord de l’île ne parlent pas tamoul.
Des pans entiers de la population du Nord ont été coupés du reste du pays pendant les 27 ans de guerre et ne parlent pas cinghalais. À l’inverse, des milliers de soldats sri lankais présents actuellement dans le Nord ne parlent pas tamoul. Cela explique les difficultés de communication entre les deux communautés, qui n’ont d’autre choix que de se parler en anglais.
Les interactions quotidiennes demeurent toutefois difficiles, car de nombreux Sri Lankais qui ne travaillent pas pour le gouvernement ne parlent pas anglais. Certains
rapports
suggèrent que dix pour cent de la population seulement a des compétences en anglais.
« C’est une situation étrange. Nous sommes tous sri lankais, mais nous ne pouvons pas nous parler dans nos langues respectives », a dit un habitant de Jaffna.
La façon dont le système éducatif du Sri Lanka prend en compte la diversité linguistique est également problématique. Selon la Constitution, « Tout individu a le droit de recevoir son instruction par l’intermédiaire de chacune des langues nationales ». Or, selon les militants, l’intégration du tamoul à l’école n’est pas encore suffisante.
« C’est un outil utilisé pour diviser les enfants et nourrir le nationalisme [tamoul et cinghalais] », a déploré Tahirih Qurratulayn, directeur de l’Institut sri lankais des droits de l’homme. L’enseignement du tamoul à l’école n’a pas suffi à faire du Sri Lanka un État réellement bilingue.
La plupart des Tamouls vivant dans le sud du pays parlent cinghalais, mais très peu de Cinghalais parlent tamoul. Même parmi les touristes cinghalais, qui sont de plus en plus nombreux à visiter le nord du pays, rares sont ceux qui sont capables de dialoguer facilement avec leurs concitoyens tamouls.
Aller de l’avant
Alors que le Sri Lanka s’emploie à reconstruire et à rétablir une certaine stabilité dans le Nord, où des centaines de milliers de déplacés sont rentrés chez eux, nombreux sont ceux qui pensent que la solution à ce problème est à portée de main. « La parité linguistique est aussi importante que la réinstallation et la reconstruction », a dit Wijedasa Rajapakshe — un sentiment partagé par plusieurs.
Selon un récent
rapport
du Centre for Policy Alternatives (CPA), dont le siège se trouve à Colombo, la langue est un instrument idéal d’unification pour le Sri Lanka de l’après-guerre. « Les droits linguistiques sont une partie intégrante de l’identité et ne sont pas adéquatement protégés. L’application [des règles existantes] est importante », a dit Pakiasothy Saravanamuttu, directeur exécutif du CPA.
Photo:
Contributor/IRIN
Un panneau en cinghalais, en tamoul et en anglais à Colombo
De nombreux Tamouls du Sri Lanka ont le sentiment que leur langue est menacée par une campagne plus vaste d’éradication de leur identité culturelle. « Les gouvernements successifs n’ont pas réussi à faire appliquer la politique du pays en matière de langue officielle... [ce qui] a contribué à maintenir une division entre les communautés en créant une énorme barrière linguistique », a dit Shanthi Sachithanandam, un militant qui travaille dans le nord-est du pays.
Selon Wijedasa Rajapakshe, il est possible de prendre un nouveau départ en appliquant les recommandations de la Commission sur les leçons apprises de la guerre et la réconciliation (Lessons Learnt and Reconciliation Commission, LLRC) de 2011, une commission mise en place après la guerre par le gouvernement afin d’analyser les causes profondes du conflit ethnique.
Selon le rapport de la LLRC, sensibiliser les différentes communautés aux affinités linguistiques et culturelles des unes et des autres serait un instrument efficace de réconciliation. La LLRC suggère d’ailleurs d’en faire une priorité.
Depuis la guerre, le gouvernement a multiplié les efforts de sensibilisation dans le Nord, mais a négligé le Sud.
La recommandation 9 277 préconise que l’hymne national soit chanté dans les deux langues lors de tous les événements nationaux afin de renforcer l’unité et la réconciliation. Pourtant, lors des célébrations de l’indépendance qui ont eu lieu à Colombo cette année, l’hymne n’a été chanté qu’en cinghalais, conformément à la tradition.
Vasudeva Nanayakkara, ministre des Langues nationales et de l’Intégration sociale, a dit à IRIN : « Nous reconnaissons l’importance de la parité linguistique, [dont l’absence] est l’une des causes profondes du conflit, et nous avons adopté des mesures correctives conformes aux recommandations de la LLRC. »
dh/ds/he-gd/amz
{1}
##LOC[OK]##
{1}
##LOC[OK]##
##LOC[Cancel]##
{1}
##LOC[OK]##
##LOC[Cancel]##
Conditions d'utilisation
A propos d’IRIN
Emplois
Mobile
Envoyez
Other OCHA Sites
Partenaires
Réseaux sociaux
Copyright © IRIN 2013. Tous droits réservés. Ce matériel vous est parvenu via IRIN, le service des nouvelles et analyses humanitaires du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies. Les opinions exprimées dans cet article ne reflètent pas nécessairement les avis des Nations Unies ou de ses états membres. Les frontières, les noms et les désignations sur les cartes utilisées par ce site, et les liens électroniques vers des sites externes n'impliquent pas la reconnaissance ou l'acceptation officielle par l'ONU. La republication du matériel d'IRIN est soumise aux termes et conditions d'utilisation disponibles sur :
http://www.irinnews.org/fr/copyrightfr.aspx