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samedi 25 mai 2013
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SOMALIE: Retour à Mogadiscio*
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Mohamed Amin Jibril/IRIN
De nouveaux bâtiments s’élèvent à Mogadiscio
MOGADISCIO, 24 juillet 2012 (IRIN) - Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), des milliers de personnes qui avaient fui l’insécurité et les affrontements qui secouaient Mogadiscio ont regagné la capitale somalienne depuis le départ des insurgés d’Al-Shabab, en août 2011.
« D’après nos données, environ 63 000 personnes au total sont rentrées à Mogadiscio. Ces personnes revenues à Mogadiscio depuis août 2011 sont pour la plupart des PDIP [personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays] rentrant chez elles après que le gouvernement a étendu son contrôle sur la ville », a dit à IRIN Andreas Needham, porte-parole du HCR.
Il n’existe aucune statistique officielle déterminant la population totale de Mogadiscio, mais un nouveau projet de recensement est en cours, en collaboration avec plusieurs agences des Nations Unies, a expliqué M. Needham.
Lors d’une visite de la ville, IRIN a pu observer que certains anciens déplacés avaient réintégré leur maison, qu’ils avaient reconstruite. D’autres avaient dressé des abris temporaires sur les ruines de leur ancienne résidence. D’autres encore logeaient dans des bâtiments publics désaffectés.
Certains ont, à leur retour, trouvé leur maison occupée par des inconnus.
« Nous avons fui Mogadiscio lors de la première guerre, en 1991. Nous sommes allés au Soudan, mais, plus tard, lorsque nous sommes revenus, nous n’avons pas pu nous installer dans notre maison, car les gens qui y vivaient refusaient de partir », a dit Faisa Hassan Ali, une mère vivant avec ses 10 enfants dans une pièce, chez une amie, dans le quartier de Suuqa Xoolaha.
« Nous sommes allés voir les autorités et l’on nous a dit d’attendre... Nous attendons pour retrouver notre maison ».
Selon les autorités locales de Mogadiscio, au moins 80 pour cent des propriétés occupées illégalement pendant la guerre ont été restituées à leurs propriétaires légitimes.
Les autorités locales se tiennent à disposition pour aider les anciens déplacés à recouvrer leur propriété, a dit Warsame Mohamed Hassan, également appelé Jodah, maire adjoint de Mogadiscio chargé de la sécurité.
L’animation est revenue dans les quartiers de Karan, Shibis et Bondhere, au nord de Mogadiscio, qui avaient été désertés à cause des combats.
Asha Abdillahi Nur, une mère de sept enfants, fait partie des habitants revenus récemment.
« Nous avons fui Magadiscio en 2006, pendant la guerre entre l’armée éthiopienne et l’Union des tribunaux islamiques [précurseur d’Al-Shabab au pouvoir à l’époque], et nous nous sommes réfugiés à Elasha Biyaha [à la périphérie de Mogadiscio]. Nous avons construit une maison là-bas, mais à la fin mai, les forces d’AMISOM/GFT [La Mission de l’Union africaine en Somalie et le gouvernement fédéral de transition] et Al-Shabab se sont affrontées à Elasha Biyaha et nous sommes revenus à Mogadiscio... et nous avons loué une maison », a-t-elle relaté.
Les déplacés à nouveau sur la route
Selon un
rapport
publié en avril 2012 par le HCR, environ 14 000 PDIP sont revenues du corridor d’Afgooye, une bande de 30 kilomètres d’abris de fortune dressés le long de la route.
En 2010, au plus fort de la vague de déplacements, environ 400 000 habitants de Mogadiscio s’étaient réfugiés dans le corridor d’Afgooye, selon une
déclaration du HCR
datant du 22 juin. En mai, le HCR estimait à 120 000 le nombre de PDIP qui y vivaient toujours. La plupart des PDIP d’Afgooye avaient fui les combats à Mogadiscio entre 2007 et 2010.
Selon le HCR, l’arrêt des combats à Mogadiscio, en août 2011, n’est pas le seul facteur qui a incité les déplacés à retourner dans la capitale. La déclaration de famine en juillet 2011, l’insécurité dans le corridor d’Afgooye, ainsi que l’augmentation de l’aide humanitaire y sont également pour beaucoup.
Un
rapport
du HCR du mois de juillet estime à environ 184 000 le nombre de PDIP à Mogadiscio. Le HCR a cependant précisé que « l’insécurité persistante en Somalie, les nombreux déplacements et le manque d’accès font que les efforts d’estimation du nombre de PDIP sont extrêmement difficiles ».
Manque de main-d’œuvre qualifiée
Dans ce climat d’espoir renaissant, de nouveaux bâtiments s’élèvent à Mogadiscio. La main-d’œuvre qualifiée est pourtant rare — la plupart des maçons ont fui au Galmudug, au Puntland, au Somaliland, à Djibouti ou ailleurs.
Afin de combler cette absence, le GFT a appelé de ses vœux la création d’écoles de formation professionnelle. « Nous estimons que seulement 10 000 travailleurs qualifiés sont rentrés à Mogadiscio [en plus des] 20 000 qui y sont restés pendant la guerre. Or, en raison de la forte demande, cela est insuffisant », a dit Aweys Sheikh Hadaad, directeur général du ministère du Travail, des Sports et des Affaires sociales.
« Ces écoles peuvent contribuer [à] la sécurité de la ville. Par exemple, nous estimons que 90 pour cent des habitants sont sans emploi ». La sécurité pourrait être améliorée en offrant du travail ou une formation à ces personnes, a-t-il ajouté.
maj/aw/cb
*Cet article a été modifié le 24 juillet afin de mettre à jour le nombre de réfugiés ayant regagné Mogadiscio
Theme (s)
:
Démocratie et gouvernance
,
Paix et sécurité
,
Réfugiés et déplacés
,
Sécurité
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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De nouveaux bâtiments s’élèvent à Mogadiscio
MOGADISCIO, 24 juillet 2012 (IRIN) - Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), des milliers de personnes qui avaient fui l’insécurité et les affrontements qui secouaient Mogadiscio ont regagné la capitale somalienne depuis le départ des insurgés d’Al-Shabab, en août 2011.
« D’après nos données, environ 63 000 personnes au total sont rentrées à Mogadiscio. Ces personnes revenues à Mogadiscio depuis août 2011 sont pour la plupart des PDIP [personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays] rentrant chez elles après que le gouvernement a étendu son contrôle sur la ville », a dit à IRIN Andreas Needham, porte-parole du HCR.
Il n’existe aucune statistique officielle déterminant la population totale de Mogadiscio, mais un nouveau projet de recensement est en cours, en collaboration avec plusieurs agences des Nations Unies, a expliqué M. Needham.
Lors d’une visite de la ville, IRIN a pu observer que certains anciens déplacés avaient réintégré leur maison, qu’ils avaient reconstruite. D’autres avaient dressé des abris temporaires sur les ruines de leur ancienne résidence. D’autres encore logeaient dans des bâtiments publics désaffectés.
Certains ont, à leur retour, trouvé leur maison occupée par des inconnus.
« Nous avons fui Mogadiscio lors de la première guerre, en 1991. Nous sommes allés au Soudan, mais, plus tard, lorsque nous sommes revenus, nous n’avons pas pu nous installer dans notre maison, car les gens qui y vivaient refusaient de partir », a dit Faisa Hassan Ali, une mère vivant avec ses 10 enfants dans une pièce, chez une amie, dans le quartier de Suuqa Xoolaha.
« Nous sommes allés voir les autorités et l’on nous a dit d’attendre... Nous attendons pour retrouver notre maison ».
Selon les autorités locales de Mogadiscio, au moins 80 pour cent des propriétés occupées illégalement pendant la guerre ont été restituées à leurs propriétaires légitimes.
Les autorités locales se tiennent à disposition pour aider les anciens déplacés à recouvrer leur propriété, a dit Warsame Mohamed Hassan, également appelé Jodah, maire adjoint de Mogadiscio chargé de la sécurité.
L’animation est revenue dans les quartiers de Karan, Shibis et Bondhere, au nord de Mogadiscio, qui avaient été désertés à cause des combats.
Asha Abdillahi Nur, une mère de sept enfants, fait partie des habitants revenus récemment.
« Nous avons fui Magadiscio en 2006, pendant la guerre entre l’armée éthiopienne et l’Union des tribunaux islamiques [précurseur d’Al-Shabab au pouvoir à l’époque], et nous nous sommes réfugiés à Elasha Biyaha [à la périphérie de Mogadiscio]. Nous avons construit une maison là-bas, mais à la fin mai, les forces d’AMISOM/GFT [La Mission de l’Union africaine en Somalie et le gouvernement fédéral de transition] et Al-Shabab se sont affrontées à Elasha Biyaha et nous sommes revenus à Mogadiscio... et nous avons loué une maison », a-t-elle relaté.
Les déplacés à nouveau sur la route
Selon un
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publié en avril 2012 par le HCR, environ 14 000 PDIP sont revenues du corridor d’Afgooye, une bande de 30 kilomètres d’abris de fortune dressés le long de la route.
En 2010, au plus fort de la vague de déplacements, environ 400 000 habitants de Mogadiscio s’étaient réfugiés dans le corridor d’Afgooye, selon une
déclaration du HCR
datant du 22 juin. En mai, le HCR estimait à 120 000 le nombre de PDIP qui y vivaient toujours. La plupart des PDIP d’Afgooye avaient fui les combats à Mogadiscio entre 2007 et 2010.
Selon le HCR, l’arrêt des combats à Mogadiscio, en août 2011, n’est pas le seul facteur qui a incité les déplacés à retourner dans la capitale. La déclaration de famine en juillet 2011, l’insécurité dans le corridor d’Afgooye, ainsi que l’augmentation de l’aide humanitaire y sont également pour beaucoup.
Un
rapport
du HCR du mois de juillet estime à environ 184 000 le nombre de PDIP à Mogadiscio. Le HCR a cependant précisé que « l’insécurité persistante en Somalie, les nombreux déplacements et le manque d’accès font que les efforts d’estimation du nombre de PDIP sont extrêmement difficiles ».
Manque de main-d’œuvre qualifiée
Dans ce climat d’espoir renaissant, de nouveaux bâtiments s’élèvent à Mogadiscio. La main-d’œuvre qualifiée est pourtant rare — la plupart des maçons ont fui au Galmudug, au Puntland, au Somaliland, à Djibouti ou ailleurs.
Afin de combler cette absence, le GFT a appelé de ses vœux la création d’écoles de formation professionnelle. « Nous estimons que seulement 10 000 travailleurs qualifiés sont rentrés à Mogadiscio [en plus des] 20 000 qui y sont restés pendant la guerre. Or, en raison de la forte demande, cela est insuffisant », a dit Aweys Sheikh Hadaad, directeur général du ministère du Travail, des Sports et des Affaires sociales.
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