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lundi 20 mai 2013
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Mujahid Safodien/IRIN
Linda et Mahleki, victimes d’une femme de leur village qui a organisé le trafic
QUTHING, 3 juillet 2012 (IRIN) - À 15 ans et ne pouvant pas s’acheter une paire de chaussures ou un uniforme pour le collège, Linda* a été obligée d’admettre que son éducation était terminée et qu’il était temps de chercher un travail. Dans le district de Quthing où elle vit, de l’avis général, il faut passer la frontière vers le pays voisin pour trouver un emploi. Le Lesotho, royaume montagneux de 1,8 million de personnes, est entièrement enclavé en Afrique du Sud, un géant qui éclipse sa faible économie.
La propre mère de Linda a franchi le pas il y a cinq ans et n’est jamais revenue. « Je ne sais pas où elle est », a dit Linda, dont la sœur vit également en Afrique du Sud.
En mai 2011, Linda a été abordée par une femme de son village. Cette femme, qu’elle connaissait, tenait une boutique à environ 50 km après la frontière, dans la ville de Sterkspruit. « Elle m’a invitée à venir m’installer chez elle et à travailler comme employée dans son magasin » a raconté Linda.
Linda n’a pas posé de questions quand toutes deux ont traversé un fleuve glacé pour entrer en Afrique du Sud, au lieu de passer par le poste frontière le plus proche. Pendant les trois premiers mois, elle était suffisamment bien traitée et recevait un petit salaire. Mais lorsque sa patronne est partie brusquement, laissant un parent en charge de la boutique, elle n’a plus été payée. Elle a commencé à fréquenter le veilleur de nuit et, quand sa sœur est arrivée en décembre pour la ramener au Lesotho, Linda était enceinte.
« Je me sens tellement triste et en colère », a dit la jeune fille, maintenant enceinte de huit mois, qui vit avec sa grand-mère souffrante.
Quatre mois après avoir recruté Linda, sa patronne est retournée au village et a rencontré Mahleki*, une autre jeune fille de 15 ans, une orpheline ayant abandonné l’école. Cette fois, elle a proposé à la jeune fille de l’aider à reprendre sa scolarité en Afrique du Sud.
« Je ne l’ai pas vraiment crue », a dit Mahleki, « mais mon frère m’a forcée à partir car il ne pouvait pas s’occuper de moi ».
Après une nouvelle traversée du fleuve, Mahleki a dû prendre un autobus pour Rustenburg, une ville minière dans la province du nord-ouest du pays. Elle a ensuite été amenée dans un bar où elle a travaillé de sept heures du matin à minuit pendant sept mois. En contrepartie, elle recevait deux repas par jour et un paiement unique de 350 rands (42 dollars) pour s’acheter des vêtements.
Maggie Monongoaha fait partie de l’Unité de protection des femmes et des enfants (CGPU) du Service de la police montée du Lesotho, et habite le même village que Mahleki et Linda. En avril de cette année, elle a téléphoné à leur patronne pour exiger le retour de Mahleki au pays. La trafiquante s’est exécutée mais est restée à Rustenburg où personne ne risque de porter plainte contre elle.
Si l’histoire de Linda et de Mahleki n’a rien d’inhabituel au Lesotho, le fait qu’elles soient reconnues en tant que victimes du trafic d’êtres humains par un membre de la communauté ou même, par les autorités locales, est récent. Le protocole de Palerme de 2000, adopté par les Nations Unies, définit la traite comme : « le recrutement, le transport, le transfert, l'hébergement ou l'accueil de personnes, par la menace de recours ou le recours à la force ou à d'autres formes de contrainte, par enlèvement, fraude, tromperie […] aux fins d'exploitation ».
Enquête sur le trafic d’êtres humains
En 2010, le ministère de l’Intérieur, en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a ordonné une évaluation rapide du trafic d’êtres humains au Lesotho pour tenter de mesurer l’ampleur du problème.
Les résultats
n’ont pas donné grand chose en ce qui concerne les données chiffrées mais ils ont fait ressortir certaines conditions ayant rendu le Lesotho particulièrement vulnérable à la traite, aussi bien à l’intérieur du pays - des zones rurales vers les zones urbaines - qu’au niveau transnational. Parmi ces conditions se trouvent les niveaux élevés de pauvreté et de chômage, le grand nombre d’enfants rendus orphelins par le VIH/SIDA, les frontières poreuses et la longue tradition de migration vers l’Afrique du Sud qui a commencé quand les Basothos partaient travailler dans les mines sud-africaines.
Le compte-rendu d’enquête a observé que les femmes et les enfants n’étaient pas seulement victimes de la traite en vue d’une exploitation sexuelle, mais subissaient également le travail forcé dans les fermes ; garde de troupeaux, travaux de construction et travail domestique.
En janvier 2011, sous la pression des États-Unis, le gouvernement du Lesotho a adopté une législation qui condamne la traite des êtres humains. Les États-Unis, principal bailleur de fonds, avait placé le Lesotho au niveau 2 sur la liste de surveillance (Tier 2 Watch List), dans la catégorie des pays qui n’enregistraient pas de progrès suffisants dans leur lutte contre la traite des êtres humains.
« Tout le monde sait que la loi a été adoptée dans l’urgence », a dit Sonya Martinez, directrice de Beautiful Dream Society (BDS), une ONG née d’une initiative américaine, qui dirige un foyer et un programme de transition pour les victimes de la traite à Maseru, la capitale. « La stratégie utilisée pour faire adopter la loi était très bonne mais la formation et les infrastructures manquent ».
Bien que le CPGU ait reçu comme mission d’enquêter sur les cas de trafic existants, aucun budget n’a été alloué et la formation des responsables est jusqu’à maintenant limitée à la ville de Maseru. Des 40 cas signalés en 2011, un seul a abouti à une condamnation grâce à la nouvelle loi mais le coupable a été relâché plus tard, échappant à une peine de prison de 15 ans après avoir fait appel du verdict.
Le
rapport annuel
de 2012 sur la traite des êtres humains, publié par le département d'État américain, indique que le gouvernement du Lesotho doit toujours instaurer un plan d’action national qui permettrait de contrôler le trafic et de faire appliquer la nouvelle loi. Le rapport stipule également que les ONG sont les seules à offrir une protection aux victimes.
L’ONG vient en aide aux victimes
Depuis l’ouverture de son foyer en avril 2011, BDS a aidé 21 victimes en leur proposant un soutien psychologique, un apprentissage de nouvelles compétences et une aide juridique. Environ la moitié des victimes étaient des Basothos. Parmi les autres, se trouvaient des Éthiopiens, des Zimbabwéens et même un Chinois. Mme Martinez a remarqué que les victimes étrangères bénéficiaient souvent de plus de visibilité et avaient tendance à être davantage prises au sérieux que les locaux. « Je crois qu’il y a beaucoup de cas affectant des gens du pays », a-t-elle dit, ajoutant que les orphelins et les jeunes déjà victimes d’abus par le passé, ou ceux qui assuraient seuls la subsistance de leur famille, étaient particulièrement vulnérables.
Mme Martinez a affirmé que le manque de moyens dont le CGPU a besoin pour voyager en Afrique du Sud afin d’enquêter sur les cas suspects et de ramener les victimes chez elles, constituait l’obstacle majeur. Cela empêche de poursuivre en justice un plus grand nombre de personnes. « Bien souvent, les coupables restent impunis en Afrique du Sud », a-t-elle dit à IRIN. « Nous avons contribué à financer des opérations de sauvetage à quelques reprises ; le gouvernement n’a jamais alloué de budget pour ces actions ».
Mamojela Letsie, haute responsable et dirigeante du CGPU, a dit que son unité dépendait des bonnes relations de travail avec le service de police d’Afrique du Sud (SAPS) qui lui transmettait des renseignements, ce qui avait déjà permis de secourir plusieurs hommes originaires de Quthing. Ces derniers, pensant être engagés dans une usine, avaient été « vendus » pour garder le bétail dans des régions reculées.
Cependant, un responsable du CGPU basé à Mohale’s Hoek - à environ 50 km au nord de Quthing - a déclaré que, même s’ils recevaient parfois des signalements de locaux exploités après avoir été victimes de fausses promesses de travail en Afrique du Sud, il leur était difficile d’assurer un suivi.
« Pour nous, au niveau du district, ce n’est pas évident de mener des enquêtes de part et d’autre de la frontière », a-t-il dit.
Au niveau de la prévention, aussi bien le CPGU que le ministère de l’Intérieur mènent des campagnes de sensibilisation dans les zones considérées à haut risque. Les ONG comme BDS, Save the Children et Vision du Monde (pour la défense des droits de l’enfant) ciblent également les écoliers, les responsables aux frontières et les auditeurs de radio en diffusant des informations sur la traite des êtres humains.
Malgré cela, Mme Letsie a admis que la plupart des Basothos ne savaient toujours pas en quoi consistait la traite des êtres humains. « Une fois que les gens seront au courant, nous pensons que de nombreux autres cas seront révélés », a-t-elle dit.
*les noms ont été changés
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Economie
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Démocratie et gouvernance
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Sécurité
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[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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Linda et Mahleki, victimes d’une femme de leur village qui a organisé le trafic
QUTHING, 3 juillet 2012 (IRIN) - À 15 ans et ne pouvant pas s’acheter une paire de chaussures ou un uniforme pour le collège, Linda* a été obligée d’admettre que son éducation était terminée et qu’il était temps de chercher un travail. Dans le district de Quthing où elle vit, de l’avis général, il faut passer la frontière vers le pays voisin pour trouver un emploi. Le Lesotho, royaume montagneux de 1,8 million de personnes, est entièrement enclavé en Afrique du Sud, un géant qui éclipse sa faible économie.
La propre mère de Linda a franchi le pas il y a cinq ans et n’est jamais revenue. « Je ne sais pas où elle est », a dit Linda, dont la sœur vit également en Afrique du Sud.
En mai 2011, Linda a été abordée par une femme de son village. Cette femme, qu’elle connaissait, tenait une boutique à environ 50 km après la frontière, dans la ville de Sterkspruit. « Elle m’a invitée à venir m’installer chez elle et à travailler comme employée dans son magasin » a raconté Linda.
Linda n’a pas posé de questions quand toutes deux ont traversé un fleuve glacé pour entrer en Afrique du Sud, au lieu de passer par le poste frontière le plus proche. Pendant les trois premiers mois, elle était suffisamment bien traitée et recevait un petit salaire. Mais lorsque sa patronne est partie brusquement, laissant un parent en charge de la boutique, elle n’a plus été payée. Elle a commencé à fréquenter le veilleur de nuit et, quand sa sœur est arrivée en décembre pour la ramener au Lesotho, Linda était enceinte.
« Je me sens tellement triste et en colère », a dit la jeune fille, maintenant enceinte de huit mois, qui vit avec sa grand-mère souffrante.
Quatre mois après avoir recruté Linda, sa patronne est retournée au village et a rencontré Mahleki*, une autre jeune fille de 15 ans, une orpheline ayant abandonné l’école. Cette fois, elle a proposé à la jeune fille de l’aider à reprendre sa scolarité en Afrique du Sud.
« Je ne l’ai pas vraiment crue », a dit Mahleki, « mais mon frère m’a forcée à partir car il ne pouvait pas s’occuper de moi ».
Après une nouvelle traversée du fleuve, Mahleki a dû prendre un autobus pour Rustenburg, une ville minière dans la province du nord-ouest du pays. Elle a ensuite été amenée dans un bar où elle a travaillé de sept heures du matin à minuit pendant sept mois. En contrepartie, elle recevait deux repas par jour et un paiement unique de 350 rands (42 dollars) pour s’acheter des vêtements.
Maggie Monongoaha fait partie de l’Unité de protection des femmes et des enfants (CGPU) du Service de la police montée du Lesotho, et habite le même village que Mahleki et Linda. En avril de cette année, elle a téléphoné à leur patronne pour exiger le retour de Mahleki au pays. La trafiquante s’est exécutée mais est restée à Rustenburg où personne ne risque de porter plainte contre elle.
Si l’histoire de Linda et de Mahleki n’a rien d’inhabituel au Lesotho, le fait qu’elles soient reconnues en tant que victimes du trafic d’êtres humains par un membre de la communauté ou même, par les autorités locales, est récent. Le protocole de Palerme de 2000, adopté par les Nations Unies, définit la traite comme : « le recrutement, le transport, le transfert, l'hébergement ou l'accueil de personnes, par la menace de recours ou le recours à la force ou à d'autres formes de contrainte, par enlèvement, fraude, tromperie […] aux fins d'exploitation ».
Enquête sur le trafic d’êtres humains
En 2010, le ministère de l’Intérieur, en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a ordonné une évaluation rapide du trafic d’êtres humains au Lesotho pour tenter de mesurer l’ampleur du problème.
Les résultats
n’ont pas donné grand chose en ce qui concerne les données chiffrées mais ils ont fait ressortir certaines conditions ayant rendu le Lesotho particulièrement vulnérable à la traite, aussi bien à l’intérieur du pays - des zones rurales vers les zones urbaines - qu’au niveau transnational. Parmi ces conditions se trouvent les niveaux élevés de pauvreté et de chômage, le grand nombre d’enfants rendus orphelins par le VIH/SIDA, les frontières poreuses et la longue tradition de migration vers l’Afrique du Sud qui a commencé quand les Basothos partaient travailler dans les mines sud-africaines.
Le compte-rendu d’enquête a observé que les femmes et les enfants n’étaient pas seulement victimes de la traite en vue d’une exploitation sexuelle, mais subissaient également le travail forcé dans les fermes ; garde de troupeaux, travaux de construction et travail domestique.
En janvier 2011, sous la pression des États-Unis, le gouvernement du Lesotho a adopté une législation qui condamne la traite des êtres humains. Les États-Unis, principal bailleur de fonds, avait placé le Lesotho au niveau 2 sur la liste de surveillance (Tier 2 Watch List), dans la catégorie des pays qui n’enregistraient pas de progrès suffisants dans leur lutte contre la traite des êtres humains.
« Tout le monde sait que la loi a été adoptée dans l’urgence », a dit Sonya Martinez, directrice de Beautiful Dream Society (BDS), une ONG née d’une initiative américaine, qui dirige un foyer et un programme de transition pour les victimes de la traite à Maseru, la capitale. « La stratégie utilisée pour faire adopter la loi était très bonne mais la formation et les infrastructures manquent ».
Bien que le CPGU ait reçu comme mission d’enquêter sur les cas de trafic existants, aucun budget n’a été alloué et la formation des responsables est jusqu’à maintenant limitée à la ville de Maseru. Des 40 cas signalés en 2011, un seul a abouti à une condamnation grâce à la nouvelle loi mais le coupable a été relâché plus tard, échappant à une peine de prison de 15 ans après avoir fait appel du verdict.
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rapport annuel
de 2012 sur la traite des êtres humains, publié par le département d'État américain, indique que le gouvernement du Lesotho doit toujours instaurer un plan d’action national qui permettrait de contrôler le trafic et de faire appliquer la nouvelle loi. Le rapport stipule également que les ONG sont les seules à offrir une protection aux victimes.
L’ONG vient en aide aux victimes
Depuis l’ouverture de son foyer en avril 2011, BDS a aidé 21 victimes en leur proposant un soutien psychologique, un apprentissage de nouvelles compétences et une aide juridique. Environ la moitié des victimes étaient des Basothos. Parmi les autres, se trouvaient des Éthiopiens, des Zimbabwéens et même un Chinois. Mme Martinez a remarqué que les victimes étrangères bénéficiaient souvent de plus de visibilité et avaient tendance à être davantage prises au sérieux que les locaux. « Je crois qu’il y a beaucoup de cas affectant des gens du pays », a-t-elle dit, ajoutant que les orphelins et les jeunes déjà victimes d’abus par le passé, ou ceux qui assuraient seuls la subsistance de leur famille, étaient particulièrement vulnérables.
Mme Martinez a affirmé que le manque de moyens dont le CGPU a besoin pour voyager en Afrique du Sud afin d’enquêter sur les cas suspects et de ramener les victimes chez elles, constituait l’obstacle majeur. Cela empêche de poursuivre en justice un plus grand nombre de personnes. « Bien souvent, les coupables restent impunis en Afrique du Sud », a-t-elle dit à IRIN. « Nous avons contribué à financer des opérations de sauvetage à quelques reprises ; le gouvernement n’a jamais alloué de budget pour ces actions ».
Mamojela Letsie, haute responsable et dirigeante du CGPU, a dit que son unité dépendait des bonnes relations de travail avec le service de police d’Afrique du Sud (SAPS) qui lui transmettait des renseignements, ce qui avait déjà permis de secourir plusieurs hommes originaires de Quthing. Ces derniers, pensant être engagés dans une usine, avaient été « vendus » pour garder le bétail dans des régions reculées.
Cependant, un responsable du CGPU basé à Mohale’s Hoek - à environ 50 km au nord de Quthing - a déclaré que, même s’ils recevaient parfois des signalements de locaux exploités après avoir été victimes de fausses promesses de travail en Afrique du Sud, il leur était difficile d’assurer un suivi.
« Pour nous, au niveau du district, ce n’est pas évident de mener des enquêtes de part et d’autre de la frontière », a-t-il dit.
Au niveau de la prévention, aussi bien le CPGU que le ministère de l’Intérieur mènent des campagnes de sensibilisation dans les zones considérées à haut risque. Les ONG comme BDS, Save the Children et Vision du Monde (pour la défense des droits de l’enfant) ciblent également les écoliers, les responsables aux frontières et les auditeurs de radio en diffusant des informations sur la traite des êtres humains.
Malgré cela, Mme Letsie a admis que la plupart des Basothos ne savaient toujours pas en quoi consistait la traite des êtres humains. « Une fois que les gens seront au courant, nous pensons que de nombreux autres cas seront révélés », a-t-elle dit.
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