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SRI LANKA: Les anciens Tigres tamouls luttent pour mener une vie normale
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Des anciens combattants des LTTE reçoivent une formation en maçonnerie
BATTICALOA, 29 mai 2012 (IRIN) - Trois ans après la fin de la guerre civile qui a secoué le Sri Lanka pendant 26 années, des milliers d’anciens combattants des Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE) ont du mal à retrouver leur place au sein de la société malgré les efforts de réhabilitation déployés par le gouvernement.
« J’ai beaucoup de mal à m’en sortir financièrement. Je ne regrette pas la fin des LTTE, mais j’aurais aimé être mieux soutenu », a dit Raja, 34 ans, domicilié dans le district de Batticaloa à l’est du Sri Lanka. Membre du mouvement séparatiste de 2005 à 2008, il a récemment participé au programme mis en place par le gouvernement. « Ces trois dernières années ont été très difficiles. J’espère simplement un avenir meilleur », a-t-il dit à IRIN.
À la fin de la guerre, les anciens combattants ont dû participer à un programme de réhabilitation en six étapes. Les rebelles devaient suivre ce programme pendant une durée de deux ans afin de bénéficier de l’amnistie générale et d’échapper aux accusations de terrorisme.
Plus de 10 000 anciens combattants des LTTE, dont bon nombre ont été enrôlés de force par les rebelles, ont été réhabilités depuis le 18 mai 2009, date de la fin de la guerre. Seuls 300 d’entre eux sont toujours en détention, selon les chiffres fournis par le gouvernement sri lankais.
Au terme du programme, les anciens cadres des LTTE ont bénéficié d’une formation professionnelle et d’une formation en dynamique de la vie, ainsi que d’un
soutien psychologique
. Un programme de mentorat proposait également aux anciens combattants d’aborder les questions de la résolution des conflits et de la résilience émotionnelle.
« Nous avons fait appel à des artistes, [des éducateurs] et des entrepreneurs qui ont accepté de parler des succès qu’ils ont rencontrés dans leur vie professionnelle et de travailler avec d’anciens cadres des LTTE », a dit Mal Hettiarachchi, psychologue clinicien et consultant bénévole auprès du ministère de la Réhabilitation et de la Réforme des prisons.
Maran*, 36 ans, vit dans le district de Kilinochchi. Cet ancien cadre des LTTE, qui a rejoint le mouvement à l’âge de 21 ans, gagne désormais sa vie comme musicien dans la ville de Vavuniya située au Nord. Il a dit que le programme avait « changé » sa vie. « Je vois les choses sous un autre angle. Je n’ai plus de haine. Ce qui m’a vraiment aidé, c’est de rencontrer des personnes appartenant à d’autres ethnies dans le cadre du programme ».
Malathi*, qui a 24 ans et qui vit dans le même district, fait également preuve d’optimisme. Elle a dit qu’après avoir suivi le programme de réhabilitation, elle espérait participer à l’effort national de reconstruction. « Plus jamais je ne prendrai les armes ». Elle a rejoint les LTTE après avoir quitté l’école à l’âge de 17 ans pour venger la mort de son frère aîné, qui était également un Tigre tamoul.
D’autres sont plus circonspects. « Changer les esprits, guérir les esprits constitue une partie importante de l’équation qui permettra de soigner des cicatrices vieilles de 30 ans », a dit à IRIN Victor Karunairajan, un chef de communauté tamoul du district de Jaffna dans le Nord, mais « tous les moyens » doivent être entrepris pour répondre aux griefs des personnes affectées par la guerre.
Photo:
Contributor/IRIN
Bon nombre d’hommes et de femmes portent toujours les cicatrices de la guerre
Des activistes communautaires indiquent que le programme de réhabilitation du gouvernement ne permettra pas d’obtenir des résultats durables chez ces hommes et ces femmes. Nombre d’entre eux disent que les personnes qui ont suivi le programme et qui sont rentrées chez elles ont besoin de programmes de soutien des moyens de subsistance.
« Il faut créer davantage de débouchés économiques pour … [ceux] qui reviennent après la réhabilitation », a dit Sumathi*, 24 ans, qui pense que les difficultés économiques constituent un obstacle à sa réintégration. Après avoir suivi le programme, elle est revenue à Vavuniya, où elle travaille en tant qu’ouvrière agricole saisonnière.
Cependant, le manque de travail n’est pas le seul obstacle. D’autres défis pourraient entraver la réintégration à long terme des anciens combattants des LTTE et les efforts de réhabilitation du gouvernement ne suffiront pas.
Les conditions à l’origine de la montée en puissance du mouvement séparatiste, y compris le sentiment d’inégalité sociale et l’oppression dont a souffert la minorité tamoul du Sri Lanka, existent encore et doivent être prises en compte, indiquent des experts locaux.
« La poursuite de la militarisation dans le nord et l’est du pays, vers laquelle les cadres des LLTE qui ont été réhabilités reviendront, souligne l’échec de la réconciliation. Outre le contrôle excessif par les militaires de la vie civile, il faut prendre en compte le fait que des militaires occupent des emplois civils, par exemple dans la construction et la restauration », a dit Jehan Perera, directeur du Conseil national pour la paix du Sri Lanka.
« Les cadres du LTTE vont à nouveau se retrouver dans un environnement militarisé, ce qui ne leur permettra pas d’avoir une nouvelle vision de la vie et des opportunités qu’elle peut offrir ».
Le fait qu’il n’y ait pas d’accord politique soutenu par les principaux partis politiques tamouls contribue également à créer une atmosphère de rancune au sein de la communauté tamoule qui a le sentiment d’être privée de ses droits, ce qui ne favorise pas la réconciliation, a noté M. Perera.
Il a souligné que « la démilitarisation et la signature d’un accord politique sont nécessaires à la réintégration des cadres des LTTE à la vie normale à long terme ».
*Nom d’emprunt
contributeur/ds/he-mg/amz
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:
Paix et sécurité
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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« J’ai beaucoup de mal à m’en sortir financièrement. Je ne regrette pas la fin des LTTE, mais j’aurais aimé être mieux soutenu », a dit Raja, 34 ans, domicilié dans le district de Batticaloa à l’est du Sri Lanka. Membre du mouvement séparatiste de 2005 à 2008, il a récemment participé au programme mis en place par le gouvernement. « Ces trois dernières années ont été très difficiles. J’espère simplement un avenir meilleur », a-t-il dit à IRIN.
À la fin de la guerre, les anciens combattants ont dû participer à un programme de réhabilitation en six étapes. Les rebelles devaient suivre ce programme pendant une durée de deux ans afin de bénéficier de l’amnistie générale et d’échapper aux accusations de terrorisme.
Plus de 10 000 anciens combattants des LTTE, dont bon nombre ont été enrôlés de force par les rebelles, ont été réhabilités depuis le 18 mai 2009, date de la fin de la guerre. Seuls 300 d’entre eux sont toujours en détention, selon les chiffres fournis par le gouvernement sri lankais.
Au terme du programme, les anciens cadres des LTTE ont bénéficié d’une formation professionnelle et d’une formation en dynamique de la vie, ainsi que d’un
soutien psychologique
. Un programme de mentorat proposait également aux anciens combattants d’aborder les questions de la résolution des conflits et de la résilience émotionnelle.
« Nous avons fait appel à des artistes, [des éducateurs] et des entrepreneurs qui ont accepté de parler des succès qu’ils ont rencontrés dans leur vie professionnelle et de travailler avec d’anciens cadres des LTTE », a dit Mal Hettiarachchi, psychologue clinicien et consultant bénévole auprès du ministère de la Réhabilitation et de la Réforme des prisons.
Maran*, 36 ans, vit dans le district de Kilinochchi. Cet ancien cadre des LTTE, qui a rejoint le mouvement à l’âge de 21 ans, gagne désormais sa vie comme musicien dans la ville de Vavuniya située au Nord. Il a dit que le programme avait « changé » sa vie. « Je vois les choses sous un autre angle. Je n’ai plus de haine. Ce qui m’a vraiment aidé, c’est de rencontrer des personnes appartenant à d’autres ethnies dans le cadre du programme ».
Malathi*, qui a 24 ans et qui vit dans le même district, fait également preuve d’optimisme. Elle a dit qu’après avoir suivi le programme de réhabilitation, elle espérait participer à l’effort national de reconstruction. « Plus jamais je ne prendrai les armes ». Elle a rejoint les LTTE après avoir quitté l’école à l’âge de 17 ans pour venger la mort de son frère aîné, qui était également un Tigre tamoul.
D’autres sont plus circonspects. « Changer les esprits, guérir les esprits constitue une partie importante de l’équation qui permettra de soigner des cicatrices vieilles de 30 ans », a dit à IRIN Victor Karunairajan, un chef de communauté tamoul du district de Jaffna dans le Nord, mais « tous les moyens » doivent être entrepris pour répondre aux griefs des personnes affectées par la guerre.
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Bon nombre d’hommes et de femmes portent toujours les cicatrices de la guerre
Des activistes communautaires indiquent que le programme de réhabilitation du gouvernement ne permettra pas d’obtenir des résultats durables chez ces hommes et ces femmes. Nombre d’entre eux disent que les personnes qui ont suivi le programme et qui sont rentrées chez elles ont besoin de programmes de soutien des moyens de subsistance.
« Il faut créer davantage de débouchés économiques pour … [ceux] qui reviennent après la réhabilitation », a dit Sumathi*, 24 ans, qui pense que les difficultés économiques constituent un obstacle à sa réintégration. Après avoir suivi le programme, elle est revenue à Vavuniya, où elle travaille en tant qu’ouvrière agricole saisonnière.
Cependant, le manque de travail n’est pas le seul obstacle. D’autres défis pourraient entraver la réintégration à long terme des anciens combattants des LTTE et les efforts de réhabilitation du gouvernement ne suffiront pas.
Les conditions à l’origine de la montée en puissance du mouvement séparatiste, y compris le sentiment d’inégalité sociale et l’oppression dont a souffert la minorité tamoul du Sri Lanka, existent encore et doivent être prises en compte, indiquent des experts locaux.
« La poursuite de la militarisation dans le nord et l’est du pays, vers laquelle les cadres des LLTE qui ont été réhabilités reviendront, souligne l’échec de la réconciliation. Outre le contrôle excessif par les militaires de la vie civile, il faut prendre en compte le fait que des militaires occupent des emplois civils, par exemple dans la construction et la restauration », a dit Jehan Perera, directeur du Conseil national pour la paix du Sri Lanka.
« Les cadres du LTTE vont à nouveau se retrouver dans un environnement militarisé, ce qui ne leur permettra pas d’avoir une nouvelle vision de la vie et des opportunités qu’elle peut offrir ».
Le fait qu’il n’y ait pas d’accord politique soutenu par les principaux partis politiques tamouls contribue également à créer une atmosphère de rancune au sein de la communauté tamoule qui a le sentiment d’être privée de ses droits, ce qui ne favorise pas la réconciliation, a noté M. Perera.
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