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MYANMAR: Allégement des sanctions - Les minorités ethniques appellent à la prudence
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Contributor/IRIN
Zipporah Sein, secrétaire-générale de la KNU
CHIANG MAI, 1 mai 2012 (IRIN) - L’Union européenne (UE) a annoncé dernièrement la suspension des sanctions pour une année, ne conservant que l’embargo sur les ventes d’armes. Mais des groupes de minorités ethniques birmanes exhortent la communauté internationale à fixer des repères ou des étapes plus précis pour la levée progressive des sanctions internationales.
« Aujourd’hui plus que jamais, il est important de faire entendre nos voix, » a dit à IRIN Zipporah Sein, secrétaire générale de
l’Union nationale Karen
(KNU), le 27 avril. « Si les sanctions doivent être levées, il faut absolument mettre en place des repères spécifiques. » Beaucoup sont convaincus qu’un réel progrès vers la démocratie ne peut avoir lieu tant que ce pays, connu autrefois sous le nom de Birmanie, n’aura pas fait la paix avec tous ses groupes ethniques.
Considérée comme un élément essentiel pour le développement du Myanmar, la suspension des sanctions de l’UE annoncée
le 23 avril
est vue comme une nouvelle reconnaissance des récentes
réformes politiques
du président birman U Thein Sein ; des réformes qui incluent la libération de centaines de
prisonniers politiques
, de nouvelles lois autorisant les syndicats et la grève, un assouplissement graduel des restrictions sur les médias, et des accords de cessez-le-feu avec divers groupes ethniques rebelles.
La division ethnique
Le gouvernement birman a [toujours] eu des relations conflictuelles avec ses minorités ethniques qui représentent environ un tiers des 54 millions d’habitants du pays ; beaucoup se battent pour obtenir davantage d’autonomie ou la sécession pour leur région depuis que le pays a obtenu son indépendance de la Grande-Bretagne en 1948.
Au week-end, les leaders du Conseil Fédéral des nationalités unies (UNFC), une coalition rassemblant 11 des groupes ethniques birmans les plus importants – dont les Mon, les Chan, les Karenni, les Chin et les Kachin – ont publié une déclaration annonçant qu’ils étaient prêts à rencontrer le négociateur en chef du Myanmar, U Aung min, afin de présenter leur version d’une feuille de route pour une paix durable.
A la fin de 2011, le gouvernement a lancé
des initiatives de paix
avec plusieurs des armées ethniques du Myanmar.
« L’UNFC a la même position que Daw Aung San Suu Kyi [leader de la Ligue nationale pour la démocratie, la LND, le principal parti d’opposition birman], » a indiqué le vice-président de la KNU, David Tharc Kabaw, durant la rencontre qui s’est tenue en Thaïlande du nord près de la frontière birmane. « Nous soutenons [le principe de] l’Etat de droit, de l’amendement de la constitution et la construction de la paix intérieure. »
M. Tharc Kabaw, comme certains membres de l’UNFC, maintient que le dialogue politique, et non le développement des ressources, doit être la priorité une fois que le cessez-le-feu aura été obtenu dans tout le pays.
Assouplissement des sanctions
La décision de l’Union européenne d’assouplir les sanctions fait suite à l’annonce de Washington indiquant que les Etats-Unis s’apprêtaient à relâcher une partie des restrictions financières imposées au pays, pour soutenir certains projets humanitaires et de développement.
« Ces [changements] sont une réponse à ce que nous considérons comme des élections parlementaires tout à fait positives, » a déclaré dans un communiqué du 17 avril Mark Toner, porte-parole du ministère américain des Affaires étrangères.
Moins d’une semaine plus tard, le Premier ministre japonais Yoshihiko Noda annonçait à son tour que son gouvernement allait à nouveau accorder des prêts au Myanmar et annulait 3,7 milliards de dollars de la dette détenue par cette nation pauvre, après les élections partielles au Myanmar, qui ont permis au parti d’Aung San Suu Kyi, au début du mois d’avril, de gagner 43 des 44 sièges en jeu.
Selon le Japan Times, quelque 61 million de dollars ont également été promis pour aider les minorités ethniques, améliorer les soins médicaux et pour d’autres programmes de développement rural ; des projets de prévention des catastrophes doivent également être mis en place. Le Canada quant à lui a suspendu ses sanctions le 24 avril.
Des repères s’imposent
Photo:
Contributor/IRIN
Des milliers de Kachin sont déplacés le long de la frontière avec la Chine
Des appels à la prudence se font cependant entendre, en particulier dans les régions birmanes habitées par les minorités ethniques. « La suspension des sanctions de l’UE maintient la pression sur le gouvernement birman en l’obligeant à poursuivre les réformes, tout en donnant clairement un signal positif que les véritables réformes seront récompensées, » a déclaré Anna Roberts, directrice exécutive de
Burma Campaign UK
. « Si on veut que la menace de la réimposition des sanctions soit crédible, l’UE doit définir des délais et des repères précis. »
Le
26 avril
, devant le sous-comité des affaires d’Asie de l’Est et du Pacifique de la Commission du Sénat américain chargée des affaires étrangères, Joseph Yun, sous-secrétaire adjoint du Bureau des Affaires d’Asie de l’Est et du Pacifique du ministère des Affaires étrangères des Etats-Unis, a rappelé : « Dans l’Etat de Rakhine, la discrimination systématique envers les Rohingya et le déni des droits humains restent déplorables. Dans l’ensemble, le legs de cinq décennies de régime militaire, avec ses lois répressives, son appareil sécuritaire omniprésent, sa justice corrompue et sa censure des médias, n’est que trop évident. »
Les affrontements continuent dans
l’Etat de Kachin
, dans le nord du Myanmar, et les milliers de personnes déplacées qui vivent dans des camps se préparent à affronter la prochaine mousson.
« Pour l’heure, le nombre de PDI [personnes déplacées dans leur propre pays] est en hausse » en bordure des zones contrôlées par la Kachin Independent Organisation (KIO), a indiqué le secrétaire général de la KIO, M. La Ja.
« On compte quelque 75 000 déplacés internes dans l’Etat de Kachin. Avec le début de la saison des pluies, ils vont avoir besoin d’abris, de nourriture et de médicaments. »
Les chiffres utilisés par l’ONU pour ses prévisions varient entre 50 et 55 000 déplacés mais
l’accès international
aux zones qui se trouvent aux mains de l’Armée pour l’Indépendance du Kachin (KIA) reste limité.
Selon M. La Ja, l’augmentation du nombre de soldats des troupes gouvernementales et la multiplication des attaques sont en contradiction avec les paroles de paix proférées par le gouvernement.
« La première étape pour nous, c’est le retrait et le changement de position des troupes gouvernementales. Ces troupes sont en effet si proches des troupes de la KIA que cela pourrait provoquer de nombreux problèmes et un conflit sans fin. »
ss/ds/he-og/amz
Theme (s)
:
Economie
,
Démocratie et gouvernance
,
Paix et sécurité
,
Réfugiés et déplacés
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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CHIANG MAI, 1 mai 2012 (IRIN) - L’Union européenne (UE) a annoncé dernièrement la suspension des sanctions pour une année, ne conservant que l’embargo sur les ventes d’armes. Mais des groupes de minorités ethniques birmanes exhortent la communauté internationale à fixer des repères ou des étapes plus précis pour la levée progressive des sanctions internationales.
« Aujourd’hui plus que jamais, il est important de faire entendre nos voix, » a dit à IRIN Zipporah Sein, secrétaire générale de
l’Union nationale Karen
(KNU), le 27 avril. « Si les sanctions doivent être levées, il faut absolument mettre en place des repères spécifiques. » Beaucoup sont convaincus qu’un réel progrès vers la démocratie ne peut avoir lieu tant que ce pays, connu autrefois sous le nom de Birmanie, n’aura pas fait la paix avec tous ses groupes ethniques.
Considérée comme un élément essentiel pour le développement du Myanmar, la suspension des sanctions de l’UE annoncée
le 23 avril
est vue comme une nouvelle reconnaissance des récentes
réformes politiques
du président birman U Thein Sein ; des réformes qui incluent la libération de centaines de
prisonniers politiques
, de nouvelles lois autorisant les syndicats et la grève, un assouplissement graduel des restrictions sur les médias, et des accords de cessez-le-feu avec divers groupes ethniques rebelles.
La division ethnique
Le gouvernement birman a [toujours] eu des relations conflictuelles avec ses minorités ethniques qui représentent environ un tiers des 54 millions d’habitants du pays ; beaucoup se battent pour obtenir davantage d’autonomie ou la sécession pour leur région depuis que le pays a obtenu son indépendance de la Grande-Bretagne en 1948.
Au week-end, les leaders du Conseil Fédéral des nationalités unies (UNFC), une coalition rassemblant 11 des groupes ethniques birmans les plus importants – dont les Mon, les Chan, les Karenni, les Chin et les Kachin – ont publié une déclaration annonçant qu’ils étaient prêts à rencontrer le négociateur en chef du Myanmar, U Aung min, afin de présenter leur version d’une feuille de route pour une paix durable.
A la fin de 2011, le gouvernement a lancé
des initiatives de paix
avec plusieurs des armées ethniques du Myanmar.
« L’UNFC a la même position que Daw Aung San Suu Kyi [leader de la Ligue nationale pour la démocratie, la LND, le principal parti d’opposition birman], » a indiqué le vice-président de la KNU, David Tharc Kabaw, durant la rencontre qui s’est tenue en Thaïlande du nord près de la frontière birmane. « Nous soutenons [le principe de] l’Etat de droit, de l’amendement de la constitution et la construction de la paix intérieure. »
M. Tharc Kabaw, comme certains membres de l’UNFC, maintient que le dialogue politique, et non le développement des ressources, doit être la priorité une fois que le cessez-le-feu aura été obtenu dans tout le pays.
Assouplissement des sanctions
La décision de l’Union européenne d’assouplir les sanctions fait suite à l’annonce de Washington indiquant que les Etats-Unis s’apprêtaient à relâcher une partie des restrictions financières imposées au pays, pour soutenir certains projets humanitaires et de développement.
« Ces [changements] sont une réponse à ce que nous considérons comme des élections parlementaires tout à fait positives, » a déclaré dans un communiqué du 17 avril Mark Toner, porte-parole du ministère américain des Affaires étrangères.
Moins d’une semaine plus tard, le Premier ministre japonais Yoshihiko Noda annonçait à son tour que son gouvernement allait à nouveau accorder des prêts au Myanmar et annulait 3,7 milliards de dollars de la dette détenue par cette nation pauvre, après les élections partielles au Myanmar, qui ont permis au parti d’Aung San Suu Kyi, au début du mois d’avril, de gagner 43 des 44 sièges en jeu.
Selon le Japan Times, quelque 61 million de dollars ont également été promis pour aider les minorités ethniques, améliorer les soins médicaux et pour d’autres programmes de développement rural ; des projets de prévention des catastrophes doivent également être mis en place. Le Canada quant à lui a suspendu ses sanctions le 24 avril.
Des repères s’imposent
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Des milliers de Kachin sont déplacés le long de la frontière avec la Chine
Des appels à la prudence se font cependant entendre, en particulier dans les régions birmanes habitées par les minorités ethniques. « La suspension des sanctions de l’UE maintient la pression sur le gouvernement birman en l’obligeant à poursuivre les réformes, tout en donnant clairement un signal positif que les véritables réformes seront récompensées, » a déclaré Anna Roberts, directrice exécutive de
Burma Campaign UK
. « Si on veut que la menace de la réimposition des sanctions soit crédible, l’UE doit définir des délais et des repères précis. »
Le
26 avril
, devant le sous-comité des affaires d’Asie de l’Est et du Pacifique de la Commission du Sénat américain chargée des affaires étrangères, Joseph Yun, sous-secrétaire adjoint du Bureau des Affaires d’Asie de l’Est et du Pacifique du ministère des Affaires étrangères des Etats-Unis, a rappelé : « Dans l’Etat de Rakhine, la discrimination systématique envers les Rohingya et le déni des droits humains restent déplorables. Dans l’ensemble, le legs de cinq décennies de régime militaire, avec ses lois répressives, son appareil sécuritaire omniprésent, sa justice corrompue et sa censure des médias, n’est que trop évident. »
Les affrontements continuent dans
l’Etat de Kachin
, dans le nord du Myanmar, et les milliers de personnes déplacées qui vivent dans des camps se préparent à affronter la prochaine mousson.
« Pour l’heure, le nombre de PDI [personnes déplacées dans leur propre pays] est en hausse » en bordure des zones contrôlées par la Kachin Independent Organisation (KIO), a indiqué le secrétaire général de la KIO, M. La Ja.
« On compte quelque 75 000 déplacés internes dans l’Etat de Kachin. Avec le début de la saison des pluies, ils vont avoir besoin d’abris, de nourriture et de médicaments. »
Les chiffres utilisés par l’ONU pour ses prévisions varient entre 50 et 55 000 déplacés mais
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Selon M. La Ja, l’augmentation du nombre de soldats des troupes gouvernementales et la multiplication des attaques sont en contradiction avec les paroles de paix proférées par le gouvernement.
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