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CHANGEMENT CLIMATIQUE: De l’importance des bulletins météo pour les fermiers
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Olivier Monnier/IRIN
Des fermiers ivoiriens apprennent à se servir des pluviomètres
BINGERVILLE/DAKAR, 3 avril 2012 (IRIN) - Dans certaines régions de la Côte d’Ivoire, l’imprévisibilité des précipitations a coûté à certains fermiers plus de la moitié de leur récolte en 2011, ont dit des producteurs à IRIN. Or, selon des spécialistes de l’agriculture, ils auraient pu réussir à accroître leur production s’ils avaient su comment obtenir et analyser les bulletins météorologiques.
Marc Kouamé, un fermier du Nord qui cultive des gombos, des arachides et du manioc, a dit à IRIN que les agriculteurs « ne savent plus à quel saint se vouer » face aux saisons changeantes. « Il m’est arrivé de perdre la moitié de ma production d’arachides parce que je n’avais pas planté au bon moment », a-t-il dit. « De nombreux agriculteurs se sentent de plus en plus désemparés face à l’incertitude des saisons. »
Selon Augustin Kouakou Nzue, chargé des études agroclimatiques à la Direction de la météorologie nationale, les précipitations en Côte d’Ivoire ont diminué de 15 pour cent entre 1971 et 2000. Elles ont légèrement augmenté depuis.
Jusque dans les années 1980, les agriculteurs du sud de la Côte d’Ivoire pouvaient se fier à des saisons clairement définies dans le temps : la grande saison des pluies, d’avril à la mi-juillet ; la petite saison sèche, de la mi-juillet à septembre ; la petite saison des pluies, jusqu’en novembre ; et, finalement, la grande saison sèche, de décembre à mars. Aujourd’hui toutefois, la saison des pluies arrive plus tard et se termine plus tôt ; les saisons sèches durent plus longtemps ; et la distribution de pluies est irrégulière, a dit M. Nzue.
Puisque la plupart des agriculteurs dépendent de la production pluviale, l’impact de ce changement à long terme pourrait être catastrophique pour les fermiers ivoiriens, qui comptent pour 60 pour cent de la population active. Le cacao, la principale culture d’exportation du pays, pourrait également être affecté. En effet, selon une
étude
publiée en septembre 2011 par le Centre international d’agriculture tropicale (CIAT), basé à Cali, en Colombie, le réchauffement climatique pourrait rendre impossible la culture du cacao d’ici 2050.
Sidiki Cissé, directeur général de l’Agence nationale d’appui au développement rural (ANADER), située dans la capitale commerciale, Abidjan, est clairement préoccupé. « Le désespoir des fermiers est flagrant », a-t-il dit à IRIN.
En 2011, la faiblesse et l’irrégularité des précipitations qui sont tombées sur le sud de la bande saharienne et la médiocrité des récoltes qui ont suivi ont plongé 13 millions de personnes dans l’insécurité alimentaire dans les zones sahéliennes du Burkina Faso, de la Mauritanie, du Nigeria, du Niger, du Tchad, du Mali et du Sénégal.
Si les bailleurs de fonds et les investisseurs contribuent à alimenter des fonds d’adaptation au changement climatique qui permettent de financer l’amélioration des prévisions météorologiques et des connaissances en matière de climatologie, rares sont les organisations qui s’intéressent à la manière dont les informations climatiques pourraient être utilisées plus efficacement par les fermiers et les communautés qui vivent dans des régions exposées aux catastrophes naturelles.
« Les gens ne considèrent pas ce genre de recherche comme prioritaire », a dit Amane Tall, qui est affilié avec l’université Johns Hopkins, basée aux États-Unis, et le Centre du changement climatique de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, situé aux Pays-Bas. « Ils investissent dans l’amélioration de la science du changement climatique – ce qui est bien –, mais comment établir des liens entre la science et le processus de prise de décision à tous les niveaux ? »
Si les diverses communautés qui s’intéressent au changement climatique – les scientifiques, les environnementalistes, les organisations non gouvernementales (ONG) humanitaires et les experts en matière de réduction des risques de catastrophes – ont eu tendance à travailler séparément jusqu’à présent, il faut maintenant engager le dialogue, a dit Emma Visman, l’une des responsables du programme britannique Humanitarian Futures Programme (
HFP
), dont l’objectif est de préparer la communauté humanitaire à d’éventuels scénarios de catastrophes. « ‘Dialogue’ semble être le mot clé », a-t-elle dit. « Or, nous n’avons pas encore l’espace ou les ressources nécessaires. »
Quelques organisations tentent de combler les lacunes existantes en matière d’informations météorologiques. On peut notamment citer plusieurs agences météorologiques nationales, l’Organisation météorologique mondiale (OMM), HFP et certaines ONG humanitaires et de développement telles que Christian Aid.
Parmi les pays d’Afrique de l’Ouest qui participent au projet
Metagri
, cofinancé par l’OMM et l’Agence météorologique espagnole (AEMET), on compte notamment la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, la Gambie, le Mali, la Guinée et le Togo. En Côte d’Ivoire, l’objectif est de former 200 fermiers afin qu’ils soient mieux renseignés sur les régimes de précipitations qui prévalent dans leur région et sur la façon d’utiliser les pluviomètres pour surveiller les précipitations.
M. Nzue a dit aux fermiers qui assistaient à une séance de formation à Bingerville, en Côte d’Ivoire, que le meilleur moment pour mettre en terre certaines semences était un ou deux jours après les 20 premiers millimètres de pluie. Ce qui veut dire qu’ils auraient dû, en 2011, semer le 21 mars à Bouaké, dans le centre de la Côte d’Ivoire, et le 11 avril à San Pedro, dans le sud-ouest du pays.
Les fermiers ont pour mission de faire parvenir les données collectées à la Direction de la météorologie nationale afin de permettre aux centres de recherches en agronomie d’établir de nouveaux calendriers culturaux et d’ainsi les aider à s’adapter au microclimat de leur région, a dit Amin Gbo, chargée des programmes en changement climatique auprès de l’ANADER.
Photo:
Nancy Palus/IRIN
Selon certaines études, les plants de cacao pourraient ne pas survivre à des températures plus élevées
D’après M. Cissé, le directeur de l’ANADER, le maïs, le riz, le sorgho et le millet sont les cultures les plus durement affectées par les régimes de précipitations changeants. Au Burkina Faso, les variétés de maïs locales sont celles qui en pâtissent le plus, car elles n’ont pas été conçues pour pousser plus vite avec moins d’eau comme les variétés importées, a dit Judith Bienvenue Fanfo, qui dirige la Direction de la météorologie du Burkina Faso. L’institution burkinabée a elle aussi participé à un projet qui, depuis 2007, a permis à 450 fermiers d’apprendre à utiliser les informations climatologiques et météorologiques.
HFP a mené des études pilotes dans le district de Mbeere, dans l’est du Kenya, et dans celui de Kaffrine, une région sujette aux inondations située dans le centre du Sénégal. L’objectif est de réunir les membres des communautés, les partenaires humanitaires (Christian Aid Kenya et la Croix-Rouge sénégalaise) et les services météorologiques nationaux afin de trouver les moyens d’améliorer l’échange et l’utilisation des informations météorologiques.
Au Sénégal, les bulletins météorologiques sont diffusés à la radio, à la télévision, dans les journaux et sur Internet, mais les communautés locales n’ont pas facilement accès à ces moyens de communication, a dit Mme Visman.
Le Département de météorologie du Kenya (Kenya Meteorological Department, KMD) émet des bulletins quotidiens, hebdomadaires, mensuels et saisonniers, mais la majeure partie des habitants n’ont pas accès aux moyens de communication utilisés pour diffuser l’information et ont de la difficulté à comprendre la façon dont les données sont exprimées. Ils se tournent donc vers des informations inexactes qu’ils obtiennent par des canaux informels.
Il peut être difficile de satisfaire les préférences des groupes individuels en matière d’information. Pour l’organisation d’une tournée de présentation sur le climat, les femmes commerçantes d’un village sénégalais privilégiaient les échanges d’informations en face à face ; leurs maris souhaitaient utiliser la mosquée comme lieu de rencontre ; et les jeunes croyaient qu’il était préférable de partager l’information sous les « arbres à palabres » où ils se réunissent en fin d’après-midi.
Au Sénégal, l’échange d’informations a commencé à porter ses fruits après quelques mois seulement, a dit M. Tall. Des familles ont dit qu’elles n’envoyaient pas leur enfant à l’école lorsqu’on annonçait de la pluie et des vents violents. « Il y a aussi une dimension psychologique : les gens sont soulagés d’avoir accès à l’information et ont l’impression d’avoir prise sur leur vie », a-t-elle dit. Au Kenya, le projet a été lancé il y a moins de 12 mois et il est encore trop tôt pour mesurer les résultats.
Les services météorologiques des deux pays ont signé des protocoles d’entente avec le partenaire humanitaire impliqué afin d’assurer une meilleure collaboration.
Financement
Selon Richard Ewbank, coordinateur pour le changement climatique auprès de l’ONG Christian Aid, de tels projets risquent de demeurer limités à cause du manque de moyens consacrés à l’atténuation et au développement de la résilience. En effet, malgré un réseau complexe de
fonds d’adaptation au changement climatique
– notamment ceux mis en place par la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), l’argent provenant des fondations et des organisations multilatérales et les promesses des pays développés de mobiliser 100 milliards de dollars [par an] pour stimuler les efforts d’adaptation d’ici 2020 –, HFP a mis deux ans à réunir la somme nécessaire pour mettre en place son projet pilote d’une durée de 12 mois avant de finalement obtenir le soutien de l’Alliance pour le climat et le développement (Climate and Development Knowledge Network, CDKN) du Département britannique pour le développement international (DFID).
Christian Aid possède sa propre source de financement au sein de l’Église chrétienne. « Il est difficile de persuader les bailleurs de fonds de financer de manière anticipée la diffusion d’informations sur les prévisions saisonnières. Ils préfèrent généralement mettre la main à la poche lorsque survient une situation humanitaire », a dit M. Ewbank à IRIN.
Plus les bailleurs de fonds verront les avantages de fournir des informations météorologiques détaillées aux bonnes personnes toutefois, plus ils manifesteront d’intérêt. « Si nos services météorologiques deviennent plus performants, il est évident que notre capacité à utiliser ces outils s’améliorera elle aussi »
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Olivier Monnier/IRIN
Des fermiers ivoiriens apprennent à se servir des pluviomètres
BINGERVILLE/DAKAR, 3 avril 2012 (IRIN) - Dans certaines régions de la Côte d’Ivoire, l’imprévisibilité des précipitations a coûté à certains fermiers plus de la moitié de leur récolte en 2011, ont dit des producteurs à IRIN. Or, selon des spécialistes de l’agriculture, ils auraient pu réussir à accroître leur production s’ils avaient su comment obtenir et analyser les bulletins météorologiques.
Marc Kouamé, un fermier du Nord qui cultive des gombos, des arachides et du manioc, a dit à IRIN que les agriculteurs « ne savent plus à quel saint se vouer » face aux saisons changeantes. « Il m’est arrivé de perdre la moitié de ma production d’arachides parce que je n’avais pas planté au bon moment », a-t-il dit. « De nombreux agriculteurs se sentent de plus en plus désemparés face à l’incertitude des saisons. »
Selon Augustin Kouakou Nzue, chargé des études agroclimatiques à la Direction de la météorologie nationale, les précipitations en Côte d’Ivoire ont diminué de 15 pour cent entre 1971 et 2000. Elles ont légèrement augmenté depuis.
Jusque dans les années 1980, les agriculteurs du sud de la Côte d’Ivoire pouvaient se fier à des saisons clairement définies dans le temps : la grande saison des pluies, d’avril à la mi-juillet ; la petite saison sèche, de la mi-juillet à septembre ; la petite saison des pluies, jusqu’en novembre ; et, finalement, la grande saison sèche, de décembre à mars. Aujourd’hui toutefois, la saison des pluies arrive plus tard et se termine plus tôt ; les saisons sèches durent plus longtemps ; et la distribution de pluies est irrégulière, a dit M. Nzue.
Puisque la plupart des agriculteurs dépendent de la production pluviale, l’impact de ce changement à long terme pourrait être catastrophique pour les fermiers ivoiriens, qui comptent pour 60 pour cent de la population active. Le cacao, la principale culture d’exportation du pays, pourrait également être affecté. En effet, selon une
étude
publiée en septembre 2011 par le Centre international d’agriculture tropicale (CIAT), basé à Cali, en Colombie, le réchauffement climatique pourrait rendre impossible la culture du cacao d’ici 2050.
Sidiki Cissé, directeur général de l’Agence nationale d’appui au développement rural (ANADER), située dans la capitale commerciale, Abidjan, est clairement préoccupé. « Le désespoir des fermiers est flagrant », a-t-il dit à IRIN.
En 2011, la faiblesse et l’irrégularité des précipitations qui sont tombées sur le sud de la bande saharienne et la médiocrité des récoltes qui ont suivi ont plongé 13 millions de personnes dans l’insécurité alimentaire dans les zones sahéliennes du Burkina Faso, de la Mauritanie, du Nigeria, du Niger, du Tchad, du Mali et du Sénégal.
Si les bailleurs de fonds et les investisseurs contribuent à alimenter des fonds d’adaptation au changement climatique qui permettent de financer l’amélioration des prévisions météorologiques et des connaissances en matière de climatologie, rares sont les organisations qui s’intéressent à la manière dont les informations climatiques pourraient être utilisées plus efficacement par les fermiers et les communautés qui vivent dans des régions exposées aux catastrophes naturelles.
« Les gens ne considèrent pas ce genre de recherche comme prioritaire », a dit Amane Tall, qui est affilié avec l’université Johns Hopkins, basée aux États-Unis, et le Centre du changement climatique de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, situé aux Pays-Bas. « Ils investissent dans l’amélioration de la science du changement climatique – ce qui est bien –, mais comment établir des liens entre la science et le processus de prise de décision à tous les niveaux ? »
Si les diverses communautés qui s’intéressent au changement climatique – les scientifiques, les environnementalistes, les organisations non gouvernementales (ONG) humanitaires et les experts en matière de réduction des risques de catastrophes – ont eu tendance à travailler séparément jusqu’à présent, il faut maintenant engager le dialogue, a dit Emma Visman, l’une des responsables du programme britannique Humanitarian Futures Programme (
HFP
), dont l’objectif est de préparer la communauté humanitaire à d’éventuels scénarios de catastrophes. « ‘Dialogue’ semble être le mot clé », a-t-elle dit. « Or, nous n’avons pas encore l’espace ou les ressources nécessaires. »
Quelques organisations tentent de combler les lacunes existantes en matière d’informations météorologiques. On peut notamment citer plusieurs agences météorologiques nationales, l’Organisation météorologique mondiale (OMM), HFP et certaines ONG humanitaires et de développement telles que Christian Aid.
Parmi les pays d’Afrique de l’Ouest qui participent au projet
Metagri
, cofinancé par l’OMM et l’Agence météorologique espagnole (AEMET), on compte notamment la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, la Gambie, le Mali, la Guinée et le Togo. En Côte d’Ivoire, l’objectif est de former 200 fermiers afin qu’ils soient mieux renseignés sur les régimes de précipitations qui prévalent dans leur région et sur la façon d’utiliser les pluviomètres pour surveiller les précipitations.
M. Nzue a dit aux fermiers qui assistaient à une séance de formation à Bingerville, en Côte d’Ivoire, que le meilleur moment pour mettre en terre certaines semences était un ou deux jours après les 20 premiers millimètres de pluie. Ce qui veut dire qu’ils auraient dû, en 2011, semer le 21 mars à Bouaké, dans le centre de la Côte d’Ivoire, et le 11 avril à San Pedro, dans le sud-ouest du pays.
Les fermiers ont pour mission de faire parvenir les données collectées à la Direction de la météorologie nationale afin de permettre aux centres de recherches en agronomie d’établir de nouveaux calendriers culturaux et d’ainsi les aider à s’adapter au microclimat de leur région, a dit Amin Gbo, chargée des programmes en changement climatique auprès de l’ANADER.
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Selon certaines études, les plants de cacao pourraient ne pas survivre à des températures plus élevées
D’après M. Cissé, le directeur de l’ANADER, le maïs, le riz, le sorgho et le millet sont les cultures les plus durement affectées par les régimes de précipitations changeants. Au Burkina Faso, les variétés de maïs locales sont celles qui en pâtissent le plus, car elles n’ont pas été conçues pour pousser plus vite avec moins d’eau comme les variétés importées, a dit Judith Bienvenue Fanfo, qui dirige la Direction de la météorologie du Burkina Faso. L’institution burkinabée a elle aussi participé à un projet qui, depuis 2007, a permis à 450 fermiers d’apprendre à utiliser les informations climatologiques et météorologiques.
HFP a mené des études pilotes dans le district de Mbeere, dans l’est du Kenya, et dans celui de Kaffrine, une région sujette aux inondations située dans le centre du Sénégal. L’objectif est de réunir les membres des communautés, les partenaires humanitaires (Christian Aid Kenya et la Croix-Rouge sénégalaise) et les services météorologiques nationaux afin de trouver les moyens d’améliorer l’échange et l’utilisation des informations météorologiques.
Au Sénégal, les bulletins météorologiques sont diffusés à la radio, à la télévision, dans les journaux et sur Internet, mais les communautés locales n’ont pas facilement accès à ces moyens de communication, a dit Mme Visman.
Le Département de météorologie du Kenya (Kenya Meteorological Department, KMD) émet des bulletins quotidiens, hebdomadaires, mensuels et saisonniers, mais la majeure partie des habitants n’ont pas accès aux moyens de communication utilisés pour diffuser l’information et ont de la difficulté à comprendre la façon dont les données sont exprimées. Ils se tournent donc vers des informations inexactes qu’ils obtiennent par des canaux informels.
Il peut être difficile de satisfaire les préférences des groupes individuels en matière d’information. Pour l’organisation d’une tournée de présentation sur le climat, les femmes commerçantes d’un village sénégalais privilégiaient les échanges d’informations en face à face ; leurs maris souhaitaient utiliser la mosquée comme lieu de rencontre ; et les jeunes croyaient qu’il était préférable de partager l’information sous les « arbres à palabres » où ils se réunissent en fin d’après-midi.
Au Sénégal, l’échange d’informations a commencé à porter ses fruits après quelques mois seulement, a dit M. Tall. Des familles ont dit qu’elles n’envoyaient pas leur enfant à l’école lorsqu’on annonçait de la pluie et des vents violents. « Il y a aussi une dimension psychologique : les gens sont soulagés d’avoir accès à l’information et ont l’impression d’avoir prise sur leur vie », a-t-elle dit. Au Kenya, le projet a été lancé il y a moins de 12 mois et il est encore trop tôt pour mesurer les résultats.
Les services météorologiques des deux pays ont signé des protocoles d’entente avec le partenaire humanitaire impliqué afin d’assurer une meilleure collaboration.
Financement
Selon Richard Ewbank, coordinateur pour le changement climatique auprès de l’ONG Christian Aid, de tels projets risquent de demeurer limités à cause du manque de moyens consacrés à l’atténuation et au développement de la résilience. En effet, malgré un réseau complexe de
fonds d’adaptation au changement climatique
– notamment ceux mis en place par la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), l’argent provenant des fondations et des organisations multilatérales et les promesses des pays développés de mobiliser 100 milliards de dollars [par an] pour stimuler les efforts d’adaptation d’ici 2020 –, HFP a mis deux ans à réunir la somme nécessaire pour mettre en place son projet pilote d’une durée de 12 mois avant de finalement obtenir le soutien de l’Alliance pour le climat et le développement (Climate and Development Knowledge Network, CDKN) du Département britannique pour le développement international (DFID).
Christian Aid possède sa propre source de financement au sein de l’Église chrétienne. « Il est difficile de persuader les bailleurs de fonds de financer de manière anticipée la diffusion d’informations sur les prévisions saisonnières. Ils préfèrent généralement mettre la main à la poche lorsque survient une situation humanitaire », a dit M. Ewbank à IRIN.
Plus les bailleurs de fonds verront les avantages de fournir des informations météorologiques détaillées aux bonnes personnes toutefois, plus ils manifesteront d’intérêt. « Si nos services météorologiques deviennent plus performants, il est évident que notre capacité à utiliser ces outils s’améliorera elle aussi »
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