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dimanche 19 mai 2013
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Analyse: Des avis mitigés sur la campagne de désarmement de l’État du Jonglei
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Hannah McNeish/IRIN
L’APLS est maintenant l’armée officielle du Soudan du Sud
JUBA/PIBOR, 1 mars 2012 (IRIN) - Le plan du Soudan du Sud de saisir, d’ici le mois de mars, les quelque 20 000 armes qui sont actuellement en possession de civils de l’État du Jonglei, par la force si nécessaire, risque d’aggraver la situation sécuritaire déjà instable et de compliquer les efforts des organisations d’aide humanitaire, selon les Nations Unies et plusieurs analystes.
« Les efforts de désarmement pourraient contribuer à une escalade des tensions dans un environnement déjà tendu », a dit le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) dans un bulletin publié le 23 février.
« Les communautés rivales du Jonglei hésitent à renoncer à leurs armes en dépit des promesses du gouvernement de procéder simultanément au désarmement dans chacune des régions », indique le bulletin.
Les Nations Unies estiment que 140 000 habitants du
Jonglei
ont été affectés par les récents affrontements intercommunautaires. Des milliers de foyers ont par ailleurs été incendiés et de nombreuses infrastructures essentielles, détruites.
Les craintes d’une détérioration de la situation ont été alimentées par les plans de l’un des camps – l’Armée blanche Nuer de lancer, début mars, une vaste offensive avec le soutien d’Éthiopiens appartenant au même groupe ethnique. Leur objectif est de mettre pour toujours « en quarantaine » la communauté Murle et d’ainsi protéger la leur, ce que l’État n’a pas réussi à faire selon eux.
Si ces communautés ont une longue histoire de vols de bétail menés en représailles, le conflit dans l’État de Jonglei a également été alimenté, au cours des dernières années, par l’absence de développement et d’autorité étatique, ainsi que par l’impression – en particulier pour les Murle – d’avoir été exclus de la sphère politique.
Enough Project a appelé le Soudan du Sud à reporter l’opération de désarmement à plus tard et à attendre que le processus de paix, pour l’instant moribond, soit relancé.
« Une campagne de désarmement initiée à court terme aurait pour seuls effets d’empêcher les organisations humanitaires internationales d’acheminer l’aide là où elle est nécessaire et de déstabiliser encore plus l’État, ce qui risquerait d’entraver sérieusement le processus de réconciliation », a dit Jennifer Christian, analyste des politiques du Soudan pour Enough Project.
Les droits d’abord
Dans une déclaration rédigée conjointement, le Groupe de déminage danois (Danish Demining Group, DDG), le Programme sur les armes légères (Small Arms Survey, SAS) et PACT ont exhorté le gouvernement à tirer des leçons des opérations de désarmement menées par le passé et à éviter les violations des droits de l’homme qu’elles impliquaient.
« À Jonglei, les opérations de désarmement ont été marquées par des violences commises à l’endroit des civils, notamment des exécutions sommaires, des actes de torture, des viols et des vols armés, et ont été accompagnées par des déplacements de civils », ont dit les organisations en faisant référence aux campagnes menées depuis la signature de l’Accord global de paix de 2005 entre le Soudan du Nord et l’Armée populaire de libération du Soudan (APLS), les rebelles de l’époque.
L’APLS est maintenant l’armée officielle du Soudan du Sud, qui a obtenu son indépendance il y a six mois. Quelque 10 000 policiers et soldats de l’APLS ont été déployés à Jonglei pour mener à bien cette nouvelle opération.
Le gouvernement a indiqué que le processus serait volontaire dans un premier temps, qu’il serait mené simultanément dans les communautés rivales et qu’il s’accompagnerait d’une vaste campagne de sensibilisation, d’efforts de paix renouvelés et de la création d’une zone tampon.
Les propos belliqueux du président Salva Kiir lors d’un rassemblement public organisé récemment à Bor, la capitale du Jonglei, font cependant craindre que les violations commises par le passé soient répétées.
« Même si vous êtes le fils de Dieu, nous vous combattrons », a dit le président Kiir à ceux qui auraient l’intention de refuser de rendre leurs armes.
« Si vous n’écoutez pas, vous verrez avec vos yeux, mais il sera trop tard pour y échapper à nouveau [à la redoutable force de l’APLS] », a-t-il ajouté.
Photo:
Hannah McNeish/IRIN
Un Casque bleu en patrouille à Akobo, au Soudan du Sud
Le ministre de l’Application de la Loi du Jonglei, Gabriel Duop Both Lam, a dit à IRIN début février : « Je pense qu’il est préférable que le gouvernement abatte quelques personnes, disons une centaine, plutôt que les locaux en tuent 3 000 en une seule fois ». Le ministre faisait référence à l’assaut mené par 8 000 hommes de l’Armée blanche Nuer contre des villages habités par la communauté Murle en janvier. Jusqu’à présent, cette offensive est celle qui a fait le plus de victimes parmi la population civile.
« Nous ne pouvons pas permettre que l’État soit plongé dans l’anarchie et que chacun des habitants se protège des autres par ses propres moyens... C’est la responsabilité de l’armée », a-t-il dit.
« Je ne peux pas être d’accord avec ceux qui demandent l’annulation de la campagne de désarmement », a-t-il dit, ajoutant que les centaines de Nuer qui ont été tués lors d’une opération de désarmement en 2006 sont morts après que l’APLS a essuyé des tirs.
Le porte-parole de l’armée Philip Aguer a dit que les pourparlers de paix avaient « eu suffisamment de temps pour avancer depuis les premiers affrontements, en 2011. On doit maintenant poursuivre le processus [de désarmement] ».
M. Arguer estime à environ 20 000 le nombre d’armes à saisir.
L’opération doit être lancée au début du mois de février, avant la saison des pluies qui commence généralement en avril ou en mai. Le gouvernement doit encore préciser quelles seront les différentes étapes de la mise en œuvre du programme de justice et de réconciliation qu’il a promis et comment l’APLS protégera les civils. Par ailleurs, la zone tampon n’est pas encore complètement opérationnelle.
Moins de précipitation
On s’inquiète particulièrement de la précipitation avec laquelle on semble vouloir mener l’opération de désarmement et de l’exclusion apparente d’autres mesures nécessaires au maintien de la sécurité dans le Jonglei.
« L’approche la plus raisonnable serait de réduire le nombre d’armes, mais dans le cadre d’un processus de paix contrôlé et soutenu bénéficiant d’un réel soutien, en particulier de la part du gouvernement. Sans cela, nous risquons d’être confrontés à une catastrophe humanitaire », a dit Claire McEvoy, gestionnaire de projets pour le Soudan auprès de SAS.
Dans de telles opérations, « les groupes qui sont désarmés deviennent vulnérables aux attaques, ce qui, dans les faits, entraîne une augmentation de la violence et du nombre d’armes en circulation. Il n’est pas difficile de trouver des armes au Soudan du Sud », a ajouté Mme McEvoy.
Les groupes armés actifs qui distribuent des armes sont nombreux dans le Jonglei et dans de nombreuses régions du Soudan du Sud, où le conflit interne des dernières décennies s’est révélé tout aussi dévastateur que la guerre civile entre le Nord et le Sud. Dans ce contexte, le désarmement « doit être planifié et mis en œuvre dans le cadre d’une politique régionale », a dit le ministre adjoint de l’Information du Soudan du Sud, Atem Yaak Atem, qui est natif du Jonglei.
Justice et équilibre
M. Atem a dit que lors des campagnes précédentes, des hommes « habillés comme des soldats de l’APLS avaient profité de l’occasion pour s’emparer des armes », et que ceux qui donnaient l’impression de vouloir coopérer se contentaient souvent de rendre leurs vieilles armes et gardaient les nouvelles, plus pratiques.
Selon Lauren Hutton, coordinatrice pour la réduction de la violence auprès du DDG, « en 2006, les Lou Nuer se sont réarmés avec les armes qu’on leur avait prises parce que quelqu’un leur a permis de le faire ».
Cette nouvelle opération « risque d’entraîner le déploiement de nombreuses forces de sécurité et d’importants déplacements de population et d’exiger la mise en place d’une réponse humanitaire », a-t-elle ajouté en insistant sur la nécessité de mettre en œuvre une réponse équilibrée.
Selon le Conseil des Églises du Soudan (Sudan Council of Churches, SCC), qui a joué un rôle crucial dans les tentatives de négociations, toute opération de désarmement doit être juste et prévoir une compensation.
« Pendant la guerre civile, les combattants de l’APLS ont vendu leurs armes en échange de vaches et d’autres animaux ; ceux qui rendent leurs armes doivent recevoir quelque chose qui leur permet de subsister en échange », a dit l’évêque Paride Taban.
Les membres du groupe minoritaire Murle, qui se méfiaient déjà d’un gouvernement dominé par les Dinka qui, à leur avis, ne représente pas leurs intérêts et favorise le deuxième plus grand groupe, les Nuer, estiment qu’ils seront injustement ciblés par la campagne de désarmement.
Cette perception a été renforcée par des informations selon lesquelles 15 soldats Lou Nuer auraient déserté l’APLS pour se joindre aux attaquants lors d’une attaque menée par des Lou Nuer à Pibor en décembre dernier.
Meluth Kur Jok s’est réfugié à Akobo, dans le Jonglei, après que cinq de ses proches ont été tués et 80 enfants enlevés dans une attaque menée contre Woulang, son village natal, il y a quelques semaines. L’ancien a fait part à IRIN de ses craintes d’une nouvelle vague de violences.
« Nous les attendons toujours, ils sont toujours autour de nous. Nous ne dormons plus dans les maisons : nous dormons maintenant dans le bush parce que les Murle rôdent encore dans le coin. Cela signifie que la guerre n’est pas terminée, qu’il n’y a pas de changement ».
hm/am/mw-gd/amz
Theme (s)
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Démocratie et gouvernance
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Paix et sécurité
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Sécurité
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[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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MONDE: IRIN Service français - Bulletin hebdomadaire humanitaire 671 17 mai 2013
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L’APLS est maintenant l’armée officielle du Soudan du Sud
JUBA/PIBOR, 1 mars 2012 (IRIN) - Le plan du Soudan du Sud de saisir, d’ici le mois de mars, les quelque 20 000 armes qui sont actuellement en possession de civils de l’État du Jonglei, par la force si nécessaire, risque d’aggraver la situation sécuritaire déjà instable et de compliquer les efforts des organisations d’aide humanitaire, selon les Nations Unies et plusieurs analystes.
« Les efforts de désarmement pourraient contribuer à une escalade des tensions dans un environnement déjà tendu », a dit le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) dans un bulletin publié le 23 février.
« Les communautés rivales du Jonglei hésitent à renoncer à leurs armes en dépit des promesses du gouvernement de procéder simultanément au désarmement dans chacune des régions », indique le bulletin.
Les Nations Unies estiment que 140 000 habitants du
Jonglei
ont été affectés par les récents affrontements intercommunautaires. Des milliers de foyers ont par ailleurs été incendiés et de nombreuses infrastructures essentielles, détruites.
Les craintes d’une détérioration de la situation ont été alimentées par les plans de l’un des camps – l’Armée blanche Nuer de lancer, début mars, une vaste offensive avec le soutien d’Éthiopiens appartenant au même groupe ethnique. Leur objectif est de mettre pour toujours « en quarantaine » la communauté Murle et d’ainsi protéger la leur, ce que l’État n’a pas réussi à faire selon eux.
Si ces communautés ont une longue histoire de vols de bétail menés en représailles, le conflit dans l’État de Jonglei a également été alimenté, au cours des dernières années, par l’absence de développement et d’autorité étatique, ainsi que par l’impression – en particulier pour les Murle – d’avoir été exclus de la sphère politique.
Enough Project a appelé le Soudan du Sud à reporter l’opération de désarmement à plus tard et à attendre que le processus de paix, pour l’instant moribond, soit relancé.
« Une campagne de désarmement initiée à court terme aurait pour seuls effets d’empêcher les organisations humanitaires internationales d’acheminer l’aide là où elle est nécessaire et de déstabiliser encore plus l’État, ce qui risquerait d’entraver sérieusement le processus de réconciliation », a dit Jennifer Christian, analyste des politiques du Soudan pour Enough Project.
Les droits d’abord
Dans une déclaration rédigée conjointement, le Groupe de déminage danois (Danish Demining Group, DDG), le Programme sur les armes légères (Small Arms Survey, SAS) et PACT ont exhorté le gouvernement à tirer des leçons des opérations de désarmement menées par le passé et à éviter les violations des droits de l’homme qu’elles impliquaient.
« À Jonglei, les opérations de désarmement ont été marquées par des violences commises à l’endroit des civils, notamment des exécutions sommaires, des actes de torture, des viols et des vols armés, et ont été accompagnées par des déplacements de civils », ont dit les organisations en faisant référence aux campagnes menées depuis la signature de l’Accord global de paix de 2005 entre le Soudan du Nord et l’Armée populaire de libération du Soudan (APLS), les rebelles de l’époque.
L’APLS est maintenant l’armée officielle du Soudan du Sud, qui a obtenu son indépendance il y a six mois. Quelque 10 000 policiers et soldats de l’APLS ont été déployés à Jonglei pour mener à bien cette nouvelle opération.
Le gouvernement a indiqué que le processus serait volontaire dans un premier temps, qu’il serait mené simultanément dans les communautés rivales et qu’il s’accompagnerait d’une vaste campagne de sensibilisation, d’efforts de paix renouvelés et de la création d’une zone tampon.
Les propos belliqueux du président Salva Kiir lors d’un rassemblement public organisé récemment à Bor, la capitale du Jonglei, font cependant craindre que les violations commises par le passé soient répétées.
« Même si vous êtes le fils de Dieu, nous vous combattrons », a dit le président Kiir à ceux qui auraient l’intention de refuser de rendre leurs armes.
« Si vous n’écoutez pas, vous verrez avec vos yeux, mais il sera trop tard pour y échapper à nouveau [à la redoutable force de l’APLS] », a-t-il ajouté.
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Un Casque bleu en patrouille à Akobo, au Soudan du Sud
Le ministre de l’Application de la Loi du Jonglei, Gabriel Duop Both Lam, a dit à IRIN début février : « Je pense qu’il est préférable que le gouvernement abatte quelques personnes, disons une centaine, plutôt que les locaux en tuent 3 000 en une seule fois ». Le ministre faisait référence à l’assaut mené par 8 000 hommes de l’Armée blanche Nuer contre des villages habités par la communauté Murle en janvier. Jusqu’à présent, cette offensive est celle qui a fait le plus de victimes parmi la population civile.
« Nous ne pouvons pas permettre que l’État soit plongé dans l’anarchie et que chacun des habitants se protège des autres par ses propres moyens... C’est la responsabilité de l’armée », a-t-il dit.
« Je ne peux pas être d’accord avec ceux qui demandent l’annulation de la campagne de désarmement », a-t-il dit, ajoutant que les centaines de Nuer qui ont été tués lors d’une opération de désarmement en 2006 sont morts après que l’APLS a essuyé des tirs.
Le porte-parole de l’armée Philip Aguer a dit que les pourparlers de paix avaient « eu suffisamment de temps pour avancer depuis les premiers affrontements, en 2011. On doit maintenant poursuivre le processus [de désarmement] ».
M. Arguer estime à environ 20 000 le nombre d’armes à saisir.
L’opération doit être lancée au début du mois de février, avant la saison des pluies qui commence généralement en avril ou en mai. Le gouvernement doit encore préciser quelles seront les différentes étapes de la mise en œuvre du programme de justice et de réconciliation qu’il a promis et comment l’APLS protégera les civils. Par ailleurs, la zone tampon n’est pas encore complètement opérationnelle.
Moins de précipitation
On s’inquiète particulièrement de la précipitation avec laquelle on semble vouloir mener l’opération de désarmement et de l’exclusion apparente d’autres mesures nécessaires au maintien de la sécurité dans le Jonglei.
« L’approche la plus raisonnable serait de réduire le nombre d’armes, mais dans le cadre d’un processus de paix contrôlé et soutenu bénéficiant d’un réel soutien, en particulier de la part du gouvernement. Sans cela, nous risquons d’être confrontés à une catastrophe humanitaire », a dit Claire McEvoy, gestionnaire de projets pour le Soudan auprès de SAS.
Dans de telles opérations, « les groupes qui sont désarmés deviennent vulnérables aux attaques, ce qui, dans les faits, entraîne une augmentation de la violence et du nombre d’armes en circulation. Il n’est pas difficile de trouver des armes au Soudan du Sud », a ajouté Mme McEvoy.
Les groupes armés actifs qui distribuent des armes sont nombreux dans le Jonglei et dans de nombreuses régions du Soudan du Sud, où le conflit interne des dernières décennies s’est révélé tout aussi dévastateur que la guerre civile entre le Nord et le Sud. Dans ce contexte, le désarmement « doit être planifié et mis en œuvre dans le cadre d’une politique régionale », a dit le ministre adjoint de l’Information du Soudan du Sud, Atem Yaak Atem, qui est natif du Jonglei.
Justice et équilibre
M. Atem a dit que lors des campagnes précédentes, des hommes « habillés comme des soldats de l’APLS avaient profité de l’occasion pour s’emparer des armes », et que ceux qui donnaient l’impression de vouloir coopérer se contentaient souvent de rendre leurs vieilles armes et gardaient les nouvelles, plus pratiques.
Selon Lauren Hutton, coordinatrice pour la réduction de la violence auprès du DDG, « en 2006, les Lou Nuer se sont réarmés avec les armes qu’on leur avait prises parce que quelqu’un leur a permis de le faire ».
Cette nouvelle opération « risque d’entraîner le déploiement de nombreuses forces de sécurité et d’importants déplacements de population et d’exiger la mise en place d’une réponse humanitaire », a-t-elle ajouté en insistant sur la nécessité de mettre en œuvre une réponse équilibrée.
Selon le Conseil des Églises du Soudan (Sudan Council of Churches, SCC), qui a joué un rôle crucial dans les tentatives de négociations, toute opération de désarmement doit être juste et prévoir une compensation.
« Pendant la guerre civile, les combattants de l’APLS ont vendu leurs armes en échange de vaches et d’autres animaux ; ceux qui rendent leurs armes doivent recevoir quelque chose qui leur permet de subsister en échange », a dit l’évêque Paride Taban.
Les membres du groupe minoritaire Murle, qui se méfiaient déjà d’un gouvernement dominé par les Dinka qui, à leur avis, ne représente pas leurs intérêts et favorise le deuxième plus grand groupe, les Nuer, estiment qu’ils seront injustement ciblés par la campagne de désarmement.
Cette perception a été renforcée par des informations selon lesquelles 15 soldats Lou Nuer auraient déserté l’APLS pour se joindre aux attaquants lors d’une attaque menée par des Lou Nuer à Pibor en décembre dernier.
Meluth Kur Jok s’est réfugié à Akobo, dans le Jonglei, après que cinq de ses proches ont été tués et 80 enfants enlevés dans une attaque menée contre Woulang, son village natal, il y a quelques semaines. L’ancien a fait part à IRIN de ses craintes d’une nouvelle vague de violences.
« Nous les attendons toujours, ils sont toujours autour de nous. Nous ne dormons plus dans les maisons : nous dormons maintenant dans le bush parce que les Murle rôdent encore dans le coin. Cela signifie que la guerre n’est pas terminée, qu’il n’y a pas de changement ».
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