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samedi 18 mai 2013
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POLITIQUE HUMANITAIRE: L’essor des transferts monétaires
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The Cash Learning Partnership
Les cartes à puce…les transferts d’espèces sont considérés comme plus efficaces et flexibles que l’aide en nature…
NAIROBI, 12 décembre 2011 (IRIN) - Les transferts d’espèces et de bons d’achat sont de plus en plus souvent intégrés dans les opérations de secours humanitaires dans toute la Corne de l’Afrique, en particulier dans les zones d’insécurité, où les restrictions d’accès ont amené à repenser la distribution traditionnelle de l’aide.
« Nous sommes obligés de juger nos décisions de programmes avec un regard critique et de formuler de meilleures idées pour acheminer l’aide aux gens qui en ont besoin, » a indiqué le consultant Nick Maunder au cours d’un
atelier de travail
qu’il a récemment animé à Nairobi. Cet atelier rassemblait le secteur privé, les organisations non gouvernementales (ONG), les agences de l’ONU et les donateurs pour débattre, partager leur expérience et trouver des façons d’améliorer et d’augmenter l’usage des programme de transferts d’espèces dans les situations d’urgence.
Selon le Cash Learning Partnership (
CaLP
)qui organisait l’atelier, plus de quatre millions de personnes, dans toute la Corne de l’Afrique, reçoivent actuellement une aide en espèces ou en bons.
« Les versements d’espèces commencent aussi à prendre de l’importance au Kenya, ciblant presque un demi-million de bénéficiaires à 3 000 shillings kenyans [33 dollars] par famille et par mois, » a indiqué Sheryl Harrison du PAM.
L’assistance humanitaire dans la Corne de l’Afrique a jusqu’à présent été fournie principalement en nature, par l’intermédiaire de distributions de nourriture, d’abris, d’outils et de semences. Dans beaucoup d’endroits, les activités de secours ont dû faire face à des retards, des coûts de distribution élevés et dans les zones aux mains d’Al-Shabab, à des taxes élevées. De plus en plus d’organismes accumulent de l’expérience dans l’utilisation d’argent ou de bons comme complément essentiel, voire parfois comme alternative à l’aide en nature.
« L’argent se voit moins, il a plus de dignité et utilise moins d’intermédiaires ; il passe moins de temps en transit et constitue un moyen plus flexible de satisfaire les besoins non alimentaires, » a dit Degan Ali, directeur exécutif de l’ONG Horn Relief.
Quand la nourriture est disponible sur les marchés locaux ou peut être rapidement obtenue par des mécanismes de marché, les transferts d’argent et de bons sont vus comme le moyen le plus efficace et le plus rentable de distribuer l’aide humanitaire. Une fois que l’agence responsable a mené une étude de marché approfondie de la région concernée, et que le contexte est considéré comme adapté, l’argent peut être transféré directement aux bénéficiaires, avec ou sans conditions.
« La raison pour laquelle les versements d’espèces prennent tant d’ampleur est que le monde humanitaire commence à reconnaître que de plus en plus de gens vivent dans une économie de marché, qu’il faut en tenir compte et commencer à travailler au sein de cette économie et non plus en dehors, de façon isolée, » a expliqué Breanna Ridsdel, responsable des communications et du plaidoyer au CaLP.
La question a été soulevée de savoir si l’injection d’argent pouvait perturber les économies locales et provoquer de l’inflation, mais les agences qui mettent en œuvre ce genre de programmes pensent que les sommes transférées aux ménages sont trop petites pour avoir un effet négatif sur les marchés ; selon un récent rapport du CaLP, on associe de façon exagérée la crainte de l’inflation à l’argent plutôt qu’aux programmes en nature qui peuvent aussi avoir une énorme influence sur les marchés.
Comme l’explique Breanna Ridsdel du CaLP, « tout dépend du contexte : si vous avez l’intention d’aller dans une région très éloignée pour y installer un système financier, ce n’est peut être pas l’intervention la plus appropriée, mais si vous visez une communauté souffrant d’insécurité financière, vivant en zone urbaine, dans un système financier déjà développé, alors l’usage de l’argent a de grandes chances d’être plus approprié que les distributions alimentaires qui ont une influence négative sur le marché… La question est juste de choisir le bon programme. »
Le passage au privé
Les défis rencontrés par les agences d’aide qui oeuvrent dans la Corne de l’Afrique, marqués par l’insécurité et la corruption, ont amené la communauté humanitaire à créer des partenariats avec le secteur privé et à adopter de nouvelles technologies pour distribuer l’argent en toute sécurité dans les zones difficiles à atteindre.
Photo:
Jaspreet Kindra/IRIN
...et aident à préserver la dignité de ceux qui sont pris dans des situations d’urgence
Des représentants de Visa, d’Equity Bank et de Safaricom, un opérateur de téléphonie mobile, ont assisté à l’atelier de Nairobi, pour tenter de convaincre les agences concernées d’utiliser leurs produits, affirmant que ce serait plus efficace.
« De nouveaux partenariats très intéressants sont en train de se forger entre le secteur privé et la communauté humanitaire pour améliorer la distribution des espèces, » a indiqué Ginger Baker qui travaille pour Emerging Market Solutions chezVisa.
L’argent est transféré électroniquement par l’intermédiaire des fournisseurs de services de téléphonie mobile, comme Mpesa au Kenya, et via les réseaux traditionnels de transferts de fonds en provenance de l’étranger.
« Au Kenya, 21 pour cent des gens ont un compte bancaire mais 87 pour cent ont un téléphone portable… Mpesa peut servir d’outil d’éradication de la pauvreté, » a fait remarquer Safaricom.
De plus en plus, les médias, le public, les gouvernements bailleurs de fonds surveillent de près la rentabilité de l’aide humanitaire et parfois l’inefficacité des mécanismes de distribution traditionnels. De ce fait, l’émergence de partenariats entre le secteur privé et le secteur humanitaire est la bienvenue. « Les partenariats avec le secteur privé vont encourager le choix de moyens plus rentables et plus efficaces pour distribuer l’aide humanitaire, » a dit le directeur du bureau régional de la Fédération Internationale de la Croix-Rouge, Alexander Matheou.
« La motivation du profit n’est pas une mauvaise chose. Safaricom et Visa vont peut-être prélever une participation nominale pour envoyer de l’argent aux ménages pauvres, mais au moins, cela sera fait rapidement et de manière rentable, » a indiqué un consultant humanitaire indépendant présent à la réunion.
Dans les dernières années, le secteur privé a joué un rôle important dans la facilitation des programmes de transferts monétaires, mais l’engagement des acteurs humanitaires semble encore limité.
Certains estiment que la poursuite du profit ne va pas très bien avec l’humanitaire.
« Le secteur privé s’occupe des riches, nous, nous nous occupons des pauvres… Il faut rester prudents, tout en respectant les motivations de chacun, et peut-être se rencontrer à mi-chemin, » a dit le président du comité de pilotage du CaLP, Austin Davis.
Un autre défi est d’introduire les paiements électroniques dans les pays à faible revenu qui manquent d’institutions financières et d’une bonne couverture du réseau de téléphonie mobile. Safaricom a reconnu que de vastes zones de la Corne de l’Afrique n’avaient pas de couverture et qu’une partie des populations vulnérables n’avait pas accès à des téléphones portables. Cependant, selon un
rapport
récent sur les effets des programmes de transferts monétaires par voie de téléphonie mobile, la croissance généralisée de la couverture de téléphonie mobile, des appareils moins chers et les services de paiement mobile dans les pays en développement suggèrent que ces contraintes pourraient être aisément surmontées.
Réserves et progrès récents
« La dynamique est en marche, mais tout changement se fait lentement, l’adoption de toute nouvelle technique rencontre des résistances au départ ; il faut accumuler les faits, faire ses preuves, faire des erreurs, se corriger et bâtir des systèmes. C’est le plus grand obstacle avant de pouvoir passer à l’adoption à grande échelle, » a expliqué Mme Ridsdel.
Selon la Revue des bonnes pratiques pour les transferts monétaires en situation d’urgence menée par l’Institut du développement d’outremer (ODI), « l’expérience acquise dans des milieux très hostiles comme l’Afghanistan, la Somalie et la République démocratique du Congo (RDC), montre que l’argent ou les bons sont une réponse possible même quand les Etats se sont effondrés, que les conflits font rage et que les systèmes bancaires sont faibles ou inexistants. »
L’état d’esprit négatif de certaines institutions constitue l’un des plus grands défis, mais l’extension de ce genre de programme peut en venir à bout, estiment les partisans.
« Les transferts monétaires directs privent la communauté humanitaire de son pouvoir et le placent entre les mains des bénéficiaires, une idée que les gens ont encore du mal à accepter, » note Sarah Bailey de l’ODI.
L’expérience concernant les programmes faisant appel aux transferts monétaires est fondée principalement sur des opérations de relèvement ; elle est beaucoup plus limitée sur les premiers stades des opérations de secours humanitaires ou sur la phase de réponse d’urgence.
« Nous aurions dû commencer à transférer de l’argent beaucoup plus tôt en Somalie où les marchés sont très importants et continuent à fonctionner malgré l’effondrement des moyens de subsistance et un très faible pouvoir d’achat, » a dit Grainne Moloney, conseillère technique principale de l’ Unité d’analyse de la sécurité alimentaire et de la nutrition (FSNAU) de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
En janvier, la FSNAU a commencé à évaluer 44 marchés dans toute la Somalie, et à suivre les prix de quelques 40 produits chaque semaine. « Sur certains marchés, on a constaté que les transferts monétaires à l’échelle des besoins étaient une option intéressante dès le début. Malheureusement, il y a eu beaucoup d’hésitations et d’inquiétudes sur les risques d’inflation, d’insécurité et de vols. Les donateurs hésitaient, et pendant ce temps, la crise s’aggravait. »
Le Département pour le développement international (DfiD) « réussit, grâce à ces transferts, à atteindre des populations extrêmement pauvres dans des endroits difficiles en Ethiopie et au Kenya. Les transferts atteignent leurs bénéficiaires plus rapidement et de façon plus transparente que les moyens plus habituellement employés pour distribuer l’aide humanitaire, » indique
le Bureau national de vérification des comptes
britannique.
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Theme (s)
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Crise alimentaire en Afrique de l'Est
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Politique
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[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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MONDE: IRIN Service français - Bulletin hebdomadaire humanitaire 671 17 mai 2013
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NAIROBI, 12 décembre 2011 (IRIN) - Les transferts d’espèces et de bons d’achat sont de plus en plus souvent intégrés dans les opérations de secours humanitaires dans toute la Corne de l’Afrique, en particulier dans les zones d’insécurité, où les restrictions d’accès ont amené à repenser la distribution traditionnelle de l’aide.
« Nous sommes obligés de juger nos décisions de programmes avec un regard critique et de formuler de meilleures idées pour acheminer l’aide aux gens qui en ont besoin, » a indiqué le consultant Nick Maunder au cours d’un
atelier de travail
qu’il a récemment animé à Nairobi. Cet atelier rassemblait le secteur privé, les organisations non gouvernementales (ONG), les agences de l’ONU et les donateurs pour débattre, partager leur expérience et trouver des façons d’améliorer et d’augmenter l’usage des programme de transferts d’espèces dans les situations d’urgence.
Selon le Cash Learning Partnership (
CaLP
)qui organisait l’atelier, plus de quatre millions de personnes, dans toute la Corne de l’Afrique, reçoivent actuellement une aide en espèces ou en bons.
« Les versements d’espèces commencent aussi à prendre de l’importance au Kenya, ciblant presque un demi-million de bénéficiaires à 3 000 shillings kenyans [33 dollars] par famille et par mois, » a indiqué Sheryl Harrison du PAM.
L’assistance humanitaire dans la Corne de l’Afrique a jusqu’à présent été fournie principalement en nature, par l’intermédiaire de distributions de nourriture, d’abris, d’outils et de semences. Dans beaucoup d’endroits, les activités de secours ont dû faire face à des retards, des coûts de distribution élevés et dans les zones aux mains d’Al-Shabab, à des taxes élevées. De plus en plus d’organismes accumulent de l’expérience dans l’utilisation d’argent ou de bons comme complément essentiel, voire parfois comme alternative à l’aide en nature.
« L’argent se voit moins, il a plus de dignité et utilise moins d’intermédiaires ; il passe moins de temps en transit et constitue un moyen plus flexible de satisfaire les besoins non alimentaires, » a dit Degan Ali, directeur exécutif de l’ONG Horn Relief.
Quand la nourriture est disponible sur les marchés locaux ou peut être rapidement obtenue par des mécanismes de marché, les transferts d’argent et de bons sont vus comme le moyen le plus efficace et le plus rentable de distribuer l’aide humanitaire. Une fois que l’agence responsable a mené une étude de marché approfondie de la région concernée, et que le contexte est considéré comme adapté, l’argent peut être transféré directement aux bénéficiaires, avec ou sans conditions.
« La raison pour laquelle les versements d’espèces prennent tant d’ampleur est que le monde humanitaire commence à reconnaître que de plus en plus de gens vivent dans une économie de marché, qu’il faut en tenir compte et commencer à travailler au sein de cette économie et non plus en dehors, de façon isolée, » a expliqué Breanna Ridsdel, responsable des communications et du plaidoyer au CaLP.
La question a été soulevée de savoir si l’injection d’argent pouvait perturber les économies locales et provoquer de l’inflation, mais les agences qui mettent en œuvre ce genre de programmes pensent que les sommes transférées aux ménages sont trop petites pour avoir un effet négatif sur les marchés ; selon un récent rapport du CaLP, on associe de façon exagérée la crainte de l’inflation à l’argent plutôt qu’aux programmes en nature qui peuvent aussi avoir une énorme influence sur les marchés.
Comme l’explique Breanna Ridsdel du CaLP, « tout dépend du contexte : si vous avez l’intention d’aller dans une région très éloignée pour y installer un système financier, ce n’est peut être pas l’intervention la plus appropriée, mais si vous visez une communauté souffrant d’insécurité financière, vivant en zone urbaine, dans un système financier déjà développé, alors l’usage de l’argent a de grandes chances d’être plus approprié que les distributions alimentaires qui ont une influence négative sur le marché… La question est juste de choisir le bon programme. »
Le passage au privé
Les défis rencontrés par les agences d’aide qui oeuvrent dans la Corne de l’Afrique, marqués par l’insécurité et la corruption, ont amené la communauté humanitaire à créer des partenariats avec le secteur privé et à adopter de nouvelles technologies pour distribuer l’argent en toute sécurité dans les zones difficiles à atteindre.
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Des représentants de Visa, d’Equity Bank et de Safaricom, un opérateur de téléphonie mobile, ont assisté à l’atelier de Nairobi, pour tenter de convaincre les agences concernées d’utiliser leurs produits, affirmant que ce serait plus efficace.
« De nouveaux partenariats très intéressants sont en train de se forger entre le secteur privé et la communauté humanitaire pour améliorer la distribution des espèces, » a indiqué Ginger Baker qui travaille pour Emerging Market Solutions chezVisa.
L’argent est transféré électroniquement par l’intermédiaire des fournisseurs de services de téléphonie mobile, comme Mpesa au Kenya, et via les réseaux traditionnels de transferts de fonds en provenance de l’étranger.
« Au Kenya, 21 pour cent des gens ont un compte bancaire mais 87 pour cent ont un téléphone portable… Mpesa peut servir d’outil d’éradication de la pauvreté, » a fait remarquer Safaricom.
De plus en plus, les médias, le public, les gouvernements bailleurs de fonds surveillent de près la rentabilité de l’aide humanitaire et parfois l’inefficacité des mécanismes de distribution traditionnels. De ce fait, l’émergence de partenariats entre le secteur privé et le secteur humanitaire est la bienvenue. « Les partenariats avec le secteur privé vont encourager le choix de moyens plus rentables et plus efficaces pour distribuer l’aide humanitaire, » a dit le directeur du bureau régional de la Fédération Internationale de la Croix-Rouge, Alexander Matheou.
« La motivation du profit n’est pas une mauvaise chose. Safaricom et Visa vont peut-être prélever une participation nominale pour envoyer de l’argent aux ménages pauvres, mais au moins, cela sera fait rapidement et de manière rentable, » a indiqué un consultant humanitaire indépendant présent à la réunion.
Dans les dernières années, le secteur privé a joué un rôle important dans la facilitation des programmes de transferts monétaires, mais l’engagement des acteurs humanitaires semble encore limité.
Certains estiment que la poursuite du profit ne va pas très bien avec l’humanitaire.
« Le secteur privé s’occupe des riches, nous, nous nous occupons des pauvres… Il faut rester prudents, tout en respectant les motivations de chacun, et peut-être se rencontrer à mi-chemin, » a dit le président du comité de pilotage du CaLP, Austin Davis.
Un autre défi est d’introduire les paiements électroniques dans les pays à faible revenu qui manquent d’institutions financières et d’une bonne couverture du réseau de téléphonie mobile. Safaricom a reconnu que de vastes zones de la Corne de l’Afrique n’avaient pas de couverture et qu’une partie des populations vulnérables n’avait pas accès à des téléphones portables. Cependant, selon un
rapport
récent sur les effets des programmes de transferts monétaires par voie de téléphonie mobile, la croissance généralisée de la couverture de téléphonie mobile, des appareils moins chers et les services de paiement mobile dans les pays en développement suggèrent que ces contraintes pourraient être aisément surmontées.
Réserves et progrès récents
« La dynamique est en marche, mais tout changement se fait lentement, l’adoption de toute nouvelle technique rencontre des résistances au départ ; il faut accumuler les faits, faire ses preuves, faire des erreurs, se corriger et bâtir des systèmes. C’est le plus grand obstacle avant de pouvoir passer à l’adoption à grande échelle, » a expliqué Mme Ridsdel.
Selon la Revue des bonnes pratiques pour les transferts monétaires en situation d’urgence menée par l’Institut du développement d’outremer (ODI), « l’expérience acquise dans des milieux très hostiles comme l’Afghanistan, la Somalie et la République démocratique du Congo (RDC), montre que l’argent ou les bons sont une réponse possible même quand les Etats se sont effondrés, que les conflits font rage et que les systèmes bancaires sont faibles ou inexistants. »
L’état d’esprit négatif de certaines institutions constitue l’un des plus grands défis, mais l’extension de ce genre de programme peut en venir à bout, estiment les partisans.
« Les transferts monétaires directs privent la communauté humanitaire de son pouvoir et le placent entre les mains des bénéficiaires, une idée que les gens ont encore du mal à accepter, » note Sarah Bailey de l’ODI.
L’expérience concernant les programmes faisant appel aux transferts monétaires est fondée principalement sur des opérations de relèvement ; elle est beaucoup plus limitée sur les premiers stades des opérations de secours humanitaires ou sur la phase de réponse d’urgence.
« Nous aurions dû commencer à transférer de l’argent beaucoup plus tôt en Somalie où les marchés sont très importants et continuent à fonctionner malgré l’effondrement des moyens de subsistance et un très faible pouvoir d’achat, » a dit Grainne Moloney, conseillère technique principale de l’ Unité d’analyse de la sécurité alimentaire et de la nutrition (FSNAU) de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
En janvier, la FSNAU a commencé à évaluer 44 marchés dans toute la Somalie, et à suivre les prix de quelques 40 produits chaque semaine. « Sur certains marchés, on a constaté que les transferts monétaires à l’échelle des besoins étaient une option intéressante dès le début. Malheureusement, il y a eu beaucoup d’hésitations et d’inquiétudes sur les risques d’inflation, d’insécurité et de vols. Les donateurs hésitaient, et pendant ce temps, la crise s’aggravait. »
Le Département pour le développement international (DfiD) « réussit, grâce à ces transferts, à atteindre des populations extrêmement pauvres dans des endroits difficiles en Ethiopie et au Kenya. Les transferts atteignent leurs bénéficiaires plus rapidement et de façon plus transparente que les moyens plus habituellement employés pour distribuer l’aide humanitaire, » indique
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