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vendredi 24 mai 2013
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MIGRATION: Les réfugiés rwandais hésitent à rentrer chez eux
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Shawn Phillips/USAID
114,000 réfugiés rwandais vivent toujours dans des pays d’accueil, selon le HCR
JOHANNESBOURG, 3 novembre 2011 (IRIN) - Les Rwandais qui ont fui le génocide de 1994 et ont trouvé refuge dans d’autres pays perdront leur statut à la fin du mois de juin 2012 si les pays qui les accueillent prennent en compte une recommandation de l’agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).
Selon la «
clause de cessation
» prévue par la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés, clause que le HCR recommande aux pays d’accueil d’invoquer pour les Rwandais, les changements fondamentaux et durables qui sont intervenus dans le pays d’origine d’un réfugié, des changements tels que la crainte fondée de persécution ait cessé d’exister, devraient justifier le fait que la protection internationale n’est plus nécessaire.
« Il faut d’abord savoir si la situation qui a entraîné le départ des populations perdure », a indiqué Fatoumata Lejeune-Kaba, une porte-parole du HCR à Genève. « Dans le cas du Rwanda, le génocide et la guerre ont pris fin et nombre de Rwandais sont déjà rentrés chez eux ».
Nombre de réfugiés rwandais qui vivent en Afrique du Sud et qu’IRIN a rencontrés ont toutefois insisté sur le fait que, bien que des changements soient intervenus au Rwanda, ils ne sentaient pas suffisamment en sécurité pour rentrer chez eux.
« J’ai quitté le pays en 1994 et je n’y suis pas retournée », a dit Céline*, qui, comme tous les Rwandais interrogés dans le cadre de cet article, a demandé à ce que son vrai nom ne soit pas utilisé. « Si j’y retourne, ma sécurité ne sera pas garantie ; aujourd’hui, ma famille reçoit toujours des menaces … des gens sont arrêtés et passent des années en prison sans être jugés ».
« La situation que nous avons fuie existe toujours », a également reconnu Jean-Pierre*, qui a quitté le Rwanda après la mort de son père, de sa sœur et d’autres membres de sa famille pendant le génocide. « Nous suivons l’actualité de notre pays ; il n’y a pas de démocratie, la liberté d’expression n’est pas respectée ».
Jean Pierre vit en Afrique du Sud depuis 14 ans et a déjà demandé le statut de résident permanent, « mais qu’en est-il des personnes qui fuient le pays aujourd’hui et qui arrivent ici chaque jour ? », a-t-il demandé.
Bernard* est arrivé en Afrique du Sud il y a un mois. Chanteur connu au Rwanda, il dit avoir été la cible des forces de sécurité, car ses chansons critiquent le Front patriotique rwandais (FPR) au pouvoir.
« Les soldats sont venus chez moi et j’ai entendu ma mère leur parler, à l’extérieur de la maison. Ensuite, j’ai entendu des cris et des coups de feu, je suis sorti par la fenêtre et j’ai couru », a-t-il dit à IRIN par le biais d’un interprète.
Convaincu que sa mère était morte, Bernard a traversé la frontière et passé une semaine au Burundi avant d’échapper une deuxième fois aux soldats rwandais. Après un bref séjour en Zambie et au Mozambique, il a finalement rejoint l’Afrique du Sud où il s’est empressé de déposer une demande d’asile auprès du département des Affaires intérieures à Pretoria.
Mais après un entretien qui a duré moins de dix minutes et au cours duquel il a eu du mal à s’exprimer par le biais d’un interprète, sa demande a été rejetée le jour-même.
Des décisions hâtives ?
Bien que le département des Affaires étrangères sud-africain n’ait pas encore annoncé s’il allait invoquer la clause de cessation pour les réfugiés rwandais et n’ait pas souhaité répondre aux questions d’IRIN, Céline a indiqué que les responsables du ministère de l’Intérieur refusaient d’accorder l’asile aux Rwandais et de prolonger le droit de séjour des réfugiés « depuis que les rumeurs concernant la cessation avaient commencé à circuler ».
Kaajal Ramjathan-Keogh de l’organisation non gouvernementale (ONG) locale « Lawyers for Human Rights », qui offre une aide juridique aux réfugiés, a indiqué que les demandes d’asile des Rwandais en Afrique du Sud sont censées être étudiés au cas par cas, mais que les efforts récemment réalisés par le ministère de l’Intérieur pour traiter l’important arriéré de demandes se sont traduits par des prises de décisions hâtives.
« Les personnes qui conduisent les entretiens reçoivent des consignes : elles doivent examiner dix demandes par jour, si bien que les entretiens durent seulement dix minutes », a-t-elle dit à IRIN. « Selon nous, elles n’ont pas suffisamment de temps pour examiner les demandes d’asile correctement ».
« Si j’ y retourne, ma sécurité ne sera pas garantie et même aujourd’hui, ma famille reçoit encore des menaces »
Bernard prévoit de faire appel de la décision de rejet de sa demande d’asile. Selon un document imprimé qui lui a été donné par le ministère de l’Intérieur, la décision était justifiée par l’absence de preuves de sa crainte d’être arrêté et par les éléments indiquant que « la Constitution du Rwanda protège et respecte les droits fondamentaux de la personne, et que dans la pratique, le gouvernement respecte ces droits ».
Dans les faits, nombre d’organisations des droits de l’homme ont tiré la sonnette d’alarme à de multiples reprises, car elles s’inquiètent des violations des droits de l’homme au Rwanda et ont demandé à ce qu’une évaluation indépendante de la situation dans le pays soit réalisée avant que la clause de cessation ne soit invoquée.
« On ne peut pas comparer la situation actuelle avec celle de 1994. Des changements significatifs sont intervenus entre temps, mais des craintes persistent relatives aux sévères restrictions à la liberté d’expression, par exemple, et cela ne concerne pas seulement le manque d’espace politique, le manque de liberté de la presse, mais aussi de manière plus générale la population rwandaise dont les opinions peuvent différer de celles du gouvernement », a dit Carina Tertsakian, chercheuse à Human Rights Watch.
Reporters sans frontières (RSF), qui a classé le Rwanda au 169ème rang, sur 178 pays, dans son indice de la liberté de la presse en 2010, a publié une déclaration dénonçant les menaces et le harcèlement subis par des journalistes rwandais qui ont dû fuir le pays, et exhortant le HCR à revenir sur sa décision d’apporter son soutien à la clause de cessation.
L’ONG Fahamu, qui lutte pour la justice sociale et les droits de l’homme en Afrique, a également lancé une campagne contre la décision du HCR et a publié un
Memorandum of Fact and Law
, qui expose en détail la situation des droits de l’homme au Rwanda et fournit de nombreux exemples récents de persécution de groupes ou d’individus.
« Le [Rwanda] est un pays dont le régime reste fragile, explosif, autoritaire, qui ne tolère pas la dissidence, la liberté d’expression, les missions d’observation et les rapports indépendants dans le domaine des droits de l’homme ou la promotion des droits de l’homme », ont conclu les auteurs.
Pressions sur le HCR
Mme Tertsakian a indiqué que le gouvernement rwandais avait exercé de fortes pressions sur le HCR pour pouvoir invoquer la clause de cessation. « Je pense notamment que c’est une manière de contrôler les gens ; ils peuvent s’exprimer beaucoup plus facilement quand ils ne sont pas dans leur pays », a-t-elle dit.
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Bien avant que le HCR n’ait annoncé sa recommandation le 7 octobre, le gouvernement rwandais avait entrepris d’informer les 114 000 réfugiés restants, dont la majorité vit dans la région des Grands Lacs, qu’ils ne pourraient plus bénéficier du statut de réfugié après le 31 décembre 2011. L’année dernière, des délégations de hauts responsables s’étaient rendues dans les pays accueillant des réfugiés, comme le Mozambique, la Zambie, l’Ouganda 2 et le Cameroun, pour exhorter les réfugiés à rentrer et offrir l’aide du gouvernement en vue de leur réintégration.
« On a noté une certaine désinformation concernant la clause de cessation », a dit Mme Tertsakian à IRIN. « Je pense que beaucoup de personnes ne se rendent pas compte qu’elles ont la possibilité de soumettre une nouvelle demande de statut de réfugié ».
Selon Mme Lejeune-Kaba du HCR, les Rwandais qui peuvent encore déclarer être persécutés ou qui ont subi de lourds traumatismes à cause de la persécution peuvent demander une dérogation à la clause de cessation. Mme Tertsakian s’inquiétait toutefois de la capacité d’un pays comme la République démocratique du Congo, où, selon les estimations, 70 000 réfugiés rwandais sont installés, à faire face à l’éventuel afflux de demandes de dérogation.
« Nombre de pays sont très en retard dans l’examen des demandes d’asile ... Si des milliers de Rwandais déposent de nouvelles demandes, le pays aura beaucoup de mal à les examiner », a-t-elle dit.
Mme Lejeune-Kaba a indiqué que le HCR travaillerait avec les gouvernements pour s’assurer que les réfugiés sachent qu’ils peuvent demander des dérogations ou, pour les personnes qui ont établi des liens forts dans leur pays d’accueil, déposer une demande de résidence.
Comme Jean-Pierre, Céline a déposé une demande de résidence permanente en Afrique du Sud et espère qu’elle ne sera pas rapatriée au Rwanda. « Ce n’est pas pour avoir une meilleure vie [ici], car j’aime mon pays », a-t-elle dit. « Je suis ici pour une question de protection ».
*Un nom d’emprunt
ks/cb-mg/og
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Migration
,
Paix et sécurité
,
Réfugiés et déplacés
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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Shawn Phillips/USAID
114,000 réfugiés rwandais vivent toujours dans des pays d’accueil, selon le HCR
JOHANNESBOURG, 3 novembre 2011 (IRIN) - Les Rwandais qui ont fui le génocide de 1994 et ont trouvé refuge dans d’autres pays perdront leur statut à la fin du mois de juin 2012 si les pays qui les accueillent prennent en compte une recommandation de l’agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).
Selon la «
clause de cessation
» prévue par la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés, clause que le HCR recommande aux pays d’accueil d’invoquer pour les Rwandais, les changements fondamentaux et durables qui sont intervenus dans le pays d’origine d’un réfugié, des changements tels que la crainte fondée de persécution ait cessé d’exister, devraient justifier le fait que la protection internationale n’est plus nécessaire.
« Il faut d’abord savoir si la situation qui a entraîné le départ des populations perdure », a indiqué Fatoumata Lejeune-Kaba, une porte-parole du HCR à Genève. « Dans le cas du Rwanda, le génocide et la guerre ont pris fin et nombre de Rwandais sont déjà rentrés chez eux ».
Nombre de réfugiés rwandais qui vivent en Afrique du Sud et qu’IRIN a rencontrés ont toutefois insisté sur le fait que, bien que des changements soient intervenus au Rwanda, ils ne sentaient pas suffisamment en sécurité pour rentrer chez eux.
« J’ai quitté le pays en 1994 et je n’y suis pas retournée », a dit Céline*, qui, comme tous les Rwandais interrogés dans le cadre de cet article, a demandé à ce que son vrai nom ne soit pas utilisé. « Si j’y retourne, ma sécurité ne sera pas garantie ; aujourd’hui, ma famille reçoit toujours des menaces … des gens sont arrêtés et passent des années en prison sans être jugés ».
« La situation que nous avons fuie existe toujours », a également reconnu Jean-Pierre*, qui a quitté le Rwanda après la mort de son père, de sa sœur et d’autres membres de sa famille pendant le génocide. « Nous suivons l’actualité de notre pays ; il n’y a pas de démocratie, la liberté d’expression n’est pas respectée ».
Jean Pierre vit en Afrique du Sud depuis 14 ans et a déjà demandé le statut de résident permanent, « mais qu’en est-il des personnes qui fuient le pays aujourd’hui et qui arrivent ici chaque jour ? », a-t-il demandé.
Bernard* est arrivé en Afrique du Sud il y a un mois. Chanteur connu au Rwanda, il dit avoir été la cible des forces de sécurité, car ses chansons critiquent le Front patriotique rwandais (FPR) au pouvoir.
« Les soldats sont venus chez moi et j’ai entendu ma mère leur parler, à l’extérieur de la maison. Ensuite, j’ai entendu des cris et des coups de feu, je suis sorti par la fenêtre et j’ai couru », a-t-il dit à IRIN par le biais d’un interprète.
Convaincu que sa mère était morte, Bernard a traversé la frontière et passé une semaine au Burundi avant d’échapper une deuxième fois aux soldats rwandais. Après un bref séjour en Zambie et au Mozambique, il a finalement rejoint l’Afrique du Sud où il s’est empressé de déposer une demande d’asile auprès du département des Affaires intérieures à Pretoria.
Mais après un entretien qui a duré moins de dix minutes et au cours duquel il a eu du mal à s’exprimer par le biais d’un interprète, sa demande a été rejetée le jour-même.
Des décisions hâtives ?
Bien que le département des Affaires étrangères sud-africain n’ait pas encore annoncé s’il allait invoquer la clause de cessation pour les réfugiés rwandais et n’ait pas souhaité répondre aux questions d’IRIN, Céline a indiqué que les responsables du ministère de l’Intérieur refusaient d’accorder l’asile aux Rwandais et de prolonger le droit de séjour des réfugiés « depuis que les rumeurs concernant la cessation avaient commencé à circuler ».
Kaajal Ramjathan-Keogh de l’organisation non gouvernementale (ONG) locale « Lawyers for Human Rights », qui offre une aide juridique aux réfugiés, a indiqué que les demandes d’asile des Rwandais en Afrique du Sud sont censées être étudiés au cas par cas, mais que les efforts récemment réalisés par le ministère de l’Intérieur pour traiter l’important arriéré de demandes se sont traduits par des prises de décisions hâtives.
« Les personnes qui conduisent les entretiens reçoivent des consignes : elles doivent examiner dix demandes par jour, si bien que les entretiens durent seulement dix minutes », a-t-elle dit à IRIN. « Selon nous, elles n’ont pas suffisamment de temps pour examiner les demandes d’asile correctement ».
« Si j’ y retourne, ma sécurité ne sera pas garantie et même aujourd’hui, ma famille reçoit encore des menaces »
Bernard prévoit de faire appel de la décision de rejet de sa demande d’asile. Selon un document imprimé qui lui a été donné par le ministère de l’Intérieur, la décision était justifiée par l’absence de preuves de sa crainte d’être arrêté et par les éléments indiquant que « la Constitution du Rwanda protège et respecte les droits fondamentaux de la personne, et que dans la pratique, le gouvernement respecte ces droits ».
Dans les faits, nombre d’organisations des droits de l’homme ont tiré la sonnette d’alarme à de multiples reprises, car elles s’inquiètent des violations des droits de l’homme au Rwanda et ont demandé à ce qu’une évaluation indépendante de la situation dans le pays soit réalisée avant que la clause de cessation ne soit invoquée.
« On ne peut pas comparer la situation actuelle avec celle de 1994. Des changements significatifs sont intervenus entre temps, mais des craintes persistent relatives aux sévères restrictions à la liberté d’expression, par exemple, et cela ne concerne pas seulement le manque d’espace politique, le manque de liberté de la presse, mais aussi de manière plus générale la population rwandaise dont les opinions peuvent différer de celles du gouvernement », a dit Carina Tertsakian, chercheuse à Human Rights Watch.
Reporters sans frontières (RSF), qui a classé le Rwanda au 169ème rang, sur 178 pays, dans son indice de la liberté de la presse en 2010, a publié une déclaration dénonçant les menaces et le harcèlement subis par des journalistes rwandais qui ont dû fuir le pays, et exhortant le HCR à revenir sur sa décision d’apporter son soutien à la clause de cessation.
L’ONG Fahamu, qui lutte pour la justice sociale et les droits de l’homme en Afrique, a également lancé une campagne contre la décision du HCR et a publié un
Memorandum of Fact and Law
, qui expose en détail la situation des droits de l’homme au Rwanda et fournit de nombreux exemples récents de persécution de groupes ou d’individus.
« Le [Rwanda] est un pays dont le régime reste fragile, explosif, autoritaire, qui ne tolère pas la dissidence, la liberté d’expression, les missions d’observation et les rapports indépendants dans le domaine des droits de l’homme ou la promotion des droits de l’homme », ont conclu les auteurs.
Pressions sur le HCR
Mme Tertsakian a indiqué que le gouvernement rwandais avait exercé de fortes pressions sur le HCR pour pouvoir invoquer la clause de cessation. « Je pense notamment que c’est une manière de contrôler les gens ; ils peuvent s’exprimer beaucoup plus facilement quand ils ne sont pas dans leur pays », a-t-elle dit.
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« On a noté une certaine désinformation concernant la clause de cessation », a dit Mme Tertsakian à IRIN. « Je pense que beaucoup de personnes ne se rendent pas compte qu’elles ont la possibilité de soumettre une nouvelle demande de statut de réfugié ».
Selon Mme Lejeune-Kaba du HCR, les Rwandais qui peuvent encore déclarer être persécutés ou qui ont subi de lourds traumatismes à cause de la persécution peuvent demander une dérogation à la clause de cessation. Mme Tertsakian s’inquiétait toutefois de la capacité d’un pays comme la République démocratique du Congo, où, selon les estimations, 70 000 réfugiés rwandais sont installés, à faire face à l’éventuel afflux de demandes de dérogation.
« Nombre de pays sont très en retard dans l’examen des demandes d’asile ... Si des milliers de Rwandais déposent de nouvelles demandes, le pays aura beaucoup de mal à les examiner », a-t-elle dit.
Mme Lejeune-Kaba a indiqué que le HCR travaillerait avec les gouvernements pour s’assurer que les réfugiés sachent qu’ils peuvent demander des dérogations ou, pour les personnes qui ont établi des liens forts dans leur pays d’accueil, déposer une demande de résidence.
Comme Jean-Pierre, Céline a déposé une demande de résidence permanente en Afrique du Sud et espère qu’elle ne sera pas rapatriée au Rwanda. « Ce n’est pas pour avoir une meilleure vie [ici], car j’aime mon pays », a-t-elle dit. « Je suis ici pour une question de protection ».
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