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BANGLADESH: Une victoire contre la sous-alimentation
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Peter Murimi/IRIN
Un paysan navigue vers son jardin flottant – une des initiatives citées parmi celles qui ont permis au Bangladesh de progresser dans sa lutte contre la sous-alimentation
BANGKOK, 1 mars 2011 (IRIN) - Dans un
rapport publié dernièrement
, l’organisation non gouvernementale (ONG) Action contre la faim (ACF) a salué le Bangladesh (ainsi que le Pérou, le Brésil, le Malawi et le Mozambique) pour la « réussite » de ses efforts de lutte contre la sous-alimentation infantile, ces 15 dernières années.
Les études menées par le gouvernement bangladais ont montré une diminution, entre 1996 et 2009, du pourcentage d’enfants trop maigres pour leur âge (de 56 à 43 pour cent) ; d’enfants atteints de retard de croissance, c’est-à-dire trop petits pour leur âge (de 55 à 41 pour cent) ; et d’enfants émaciés, c’est-à-dire trop maigres pour leur taille (de 18 à 13 pour cent). Le taux de malnutrition aiguë reste néanmoins élevé, puisque la maladie touche 2,1 millions d’enfants. Le pays s’est toutefois doté de plusieurs programmes et politiques notables, selon ACF :
• La sécurité nutritionnelle est un des objectifs de la stratégie nationale de réduction de la pauvreté, et le plan d’action stratégique alimentaire 2008-2015 vise à améliorer la sécurité alimentaire de tous en réunissant les objectifs des différents ministères, des bailleurs de fonds et des ONG.
• Les filets de sécurité mis en place en faveur des populations pauvres, notamment sous la forme de vivres ou de
transferts d’espèces
, représentaient près de 13 pour cent du budget 2009-2010 ; ils ont aidé les familles à surmonter les catastrophes naturelles qui touchent le pays, ainsi que la hausse du prix des vivres.
• Le Bangladesh a connu un climat parmi les plus extrêmes du monde, ces vingt dernières années, selon le
Global Climate Risk Index 2011
(Indice mondial de risque climatique) de l’ONG Germanwatch, mais dans le cadre du programme national d’adaptation lancé par le gouvernement, le pays a notamment construit
des jardins flottants
, qui permettent de cultiver hors sol.
• La nouvelle politique de vulgarisation agricole (1995-2010) a également permis d’augmenter la production vivrière (en accordant des crédits aux petits agriculteurs, en mettant en place des services nationaux de vulgarisation agricole et en collaborant avec le secteur privé pour assurer un meilleur accès aux semences) ; et a contribué à réduire le taux de pauvreté davantage dans les régions rurales que dans les zones urbaines.
Les difficultés
Mais ces politiques avisées ne se sont pas toujours traduites par des progrès équitables, à en croire Flavio Salio, directeur de Médecins Sans Frontières (MSF) au Bangladesh.
MSF dirige actuellement des
programmes de traitement communautaires
contre l’émaciation grave, ou malnutrition aiguë.
« Le manque de coordination ?entre? les ministères, les ONG et d’autres parties prenantes est… un gros obstacle. Il y a également un manque de directives claires en matière de nutrition, et un manque de ressources humaines et de structures de santé, en particulier dans les zones rurales », a dit M. Salio.
Aucune autorité nationale ne coordonne les activités d’aide à la nutrition et l’aide du gouvernement, et le suivi des interventions nutritionnelles menées par les ONG est « largement inexistant », selon ACF.
« Il y a un manque de compréhension, de la part du grand public bangladais, du problème que représente la malnutrition », a ajouté M. Salio.
Il faut s’efforcer de sensibiliser davantage les populations, jusqu’à ce qu’elles reconnaissent la malnutrition comme un problème de santé grave pouvant entraîner des complications, notamment des maladies infectieuses telles que le paludisme et la pneumonie, a-t-il recommandé.
Près d’un tiers des bénéficiaires d’un programme ciblé d’aide aux familles vulnérables ; la moitié des bénéficiaires des bourses d’enseignement primaire ; et 40 pour cent des travailleurs embauchés dans le cadre d’un programme d’emploi sur 100 jours ne sont pas véritablement pauvres, d’après la Banque mondiale, le National Food Policy Capacity Strengthening Programme, qui réunit plusieurs bailleurs de fonds, et le Bangladesh Rural Advancement Committee (BRAC), une ONG locale.
pt/jm/b- nh/amz
Theme (s)
:
Enfants
,
Sécurité alimentaire
,
Santé et nutrition
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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BANGKOK, 1 mars 2011 (IRIN) - Dans un
rapport publié dernièrement
, l’organisation non gouvernementale (ONG) Action contre la faim (ACF) a salué le Bangladesh (ainsi que le Pérou, le Brésil, le Malawi et le Mozambique) pour la « réussite » de ses efforts de lutte contre la sous-alimentation infantile, ces 15 dernières années.
Les études menées par le gouvernement bangladais ont montré une diminution, entre 1996 et 2009, du pourcentage d’enfants trop maigres pour leur âge (de 56 à 43 pour cent) ; d’enfants atteints de retard de croissance, c’est-à-dire trop petits pour leur âge (de 55 à 41 pour cent) ; et d’enfants émaciés, c’est-à-dire trop maigres pour leur taille (de 18 à 13 pour cent). Le taux de malnutrition aiguë reste néanmoins élevé, puisque la maladie touche 2,1 millions d’enfants. Le pays s’est toutefois doté de plusieurs programmes et politiques notables, selon ACF :
• La sécurité nutritionnelle est un des objectifs de la stratégie nationale de réduction de la pauvreté, et le plan d’action stratégique alimentaire 2008-2015 vise à améliorer la sécurité alimentaire de tous en réunissant les objectifs des différents ministères, des bailleurs de fonds et des ONG.
• Les filets de sécurité mis en place en faveur des populations pauvres, notamment sous la forme de vivres ou de
transferts d’espèces
, représentaient près de 13 pour cent du budget 2009-2010 ; ils ont aidé les familles à surmonter les catastrophes naturelles qui touchent le pays, ainsi que la hausse du prix des vivres.
• Le Bangladesh a connu un climat parmi les plus extrêmes du monde, ces vingt dernières années, selon le
Global Climate Risk Index 2011
(Indice mondial de risque climatique) de l’ONG Germanwatch, mais dans le cadre du programme national d’adaptation lancé par le gouvernement, le pays a notamment construit
des jardins flottants
, qui permettent de cultiver hors sol.
• La nouvelle politique de vulgarisation agricole (1995-2010) a également permis d’augmenter la production vivrière (en accordant des crédits aux petits agriculteurs, en mettant en place des services nationaux de vulgarisation agricole et en collaborant avec le secteur privé pour assurer un meilleur accès aux semences) ; et a contribué à réduire le taux de pauvreté davantage dans les régions rurales que dans les zones urbaines.
Les difficultés
Mais ces politiques avisées ne se sont pas toujours traduites par des progrès équitables, à en croire Flavio Salio, directeur de Médecins Sans Frontières (MSF) au Bangladesh.
MSF dirige actuellement des
programmes de traitement communautaires
contre l’émaciation grave, ou malnutrition aiguë.
« Le manque de coordination ?entre? les ministères, les ONG et d’autres parties prenantes est… un gros obstacle. Il y a également un manque de directives claires en matière de nutrition, et un manque de ressources humaines et de structures de santé, en particulier dans les zones rurales », a dit M. Salio.
Aucune autorité nationale ne coordonne les activités d’aide à la nutrition et l’aide du gouvernement, et le suivi des interventions nutritionnelles menées par les ONG est « largement inexistant », selon ACF.
« Il y a un manque de compréhension, de la part du grand public bangladais, du problème que représente la malnutrition », a ajouté M. Salio.
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