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mardi 21 mai 2013
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VIH/SIDA: Cinq pays à surveiller en 2011
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Andy McCarthy/Flickr
Il reste encore beaucoup à faire
NAIROBI, 4 février 2011 (IRIN) - En règle générale, la situation semble s’améliorer sur le front du VIH : le nombre de nouvelles infections est en baisse, le nombre de personnes sous traitement est en hausse et on assiste à des progrès dans la lutte contre la discrimination des personnes infectées au VIH.
Il reste toutefois beaucoup de travail à faire, et les avancées dans la lutte contre le VIH/SIDA ont été très inégales. IRIN/PlusNews dresse la liste de cinq pays dont l’évolution pourrait déterminer l’avenir de la pandémie en 2011.
Afrique du Sud
– Vu son ampleur, l’épidémie de VIH/SIDA en Afrique du Sud ne peut être ignorée. Le pays affiche en effet le plus grand nombre de cas au monde – plus de cinq millions – et dispose du
plus vaste programme de distribution d’antirétroviraux (ARV)
– plus d’un million d’habitants sont sous traitement.
Par ailleurs, le pays incarne un modèle idéal en ce qui a trait au financement de la réponse au VIH/SIDA : le gouvernement finance la majeure partie des efforts de lutte contre le SIDA et ne dépend pas autant que d’autres des ressources externes. Dans le budget national de la santé, le montant alloué au VIH/SIDA est passé de 4,3 milliards de rands (627 millions de dollars) en 2008 à environ 5,3 milliards de rands (774 millions de dollars) en 2010.
Après des années d’inertie, le gouvernement a introduit des politiques et des initiatives destinées à renforcer la réponse au VIH/SIDA. Il a notamment organisé une campagne nationale de conseil et de dépistage du VIH et procédé à la décentralisation du traitement antirétroviral pour permettre aux infirmiers des centres de santé primaires de donner le médicament. L’année 2011 nous donnera une idée plus précise de l’efficacité de ces mesures.
Russie
– Avec
37 pour cent
de ses quelque 1,8 million de consommateurs de drogues injectables possiblement atteints du VIH, la Russie est confrontée à l’une des plus importantes épidémies de VIH d’Europe de l’Est.
Le pays a été vivement critiqué pour son refus d’adopter les mesures de réduction des risques recommandées pour le traitement des usagers de drogues. En Russie, les consommateurs de drogues injectables se méritent généralement la prison, où il est plus difficile de trouver des aiguilles propres et où le VIH représente une réelle menace. D’après les experts, la prévalence du VIH risque de continuer à augmenter si la Russie ne revoit pas ses politiques en matière de drogues.
Ouganda
– Autrefois considéré comme le pionnier de la lutte contre le VIH, l’Ouganda a vu son taux de prévalence chuter de 18 pour cent en 1992 à environ 6,1 pour cent en 2004. Les campagnes de prévention agressives du gouvernement abordaient les thèmes de l’abstinence, de la fidélité et de l’utilisation du préservatif. Elles ont inspiré les programmes de prévention du VIH de l’ensemble des pays de l’Afrique subsaharienne. L’ONUSIDA rapporte toutefois que le taux de prévalence actuel du VIH en Ouganda a connu une hausse et oscille entre 6,5 et 7 pour cent.
La Commission ougandaise sur le SIDA a également remarqué un renversement des tendances dans les comportements sexuels préventifs de la population en général. La proportion d’adultes qui disent avoir eu une relation sexuelle avec une personne autre que le partenaire habituel a augmenté depuis 1995. Elle est passée de 12 à 16 pour cent chez les femmes et de 29 à 36 pour cent chez les hommes.
Les nombreuses
campagnes médiatiques en faveur de la prévention du VIH
ciblent maintenant les personnes ayant des partenaires sexuels multiples, la catégorie de population qui compte le plus grand nombre de nouvelles infections. Au cours de l’année 2011, le gouvernement aura l’occasion de montrer sa volonté et sa capacité à réduire significativement le nombre de nouvelles infections.
Haïti
– Le tremblement de terre de magnitude 7.0 qui a frappé le pays il y a un an a lourdement endommagé les infrastructures de santé. Si la plupart des patients qui prenaient des antirétroviraux avant le séisme ont été retracés et remis sous traitement, les
programmes nationaux de lutte contre le VIH/SIDA
sont encore précaires.
Les cas de violences sexuelles et de transactions sexuelles rapportés dans les campements de Port-au-Prince augmentent le risque de nouvelles infections. Dans les camps surpeuplés,
la tuberculose représente par ailleurs une réelle menace
.
À l’heure de la reconstruction, le gouvernement, confronté à de multiples intérêts concurrents, devra s’assurer que le problème du VIH/SIDA reçoit l’attention qu’il mérite.
Inde
– Plus de 80 pour cent des antirétroviraux (ARV) financés par les bailleurs de fonds et distribués dans les pays en développement sont des médicaments génériques fabriqués en Inde. La signature
imminente d’un accord
de libre-échange avec l’Union européenne (UE) pourrait toutefois faire perdre au pays sa capacité à produire à faible coût un médicament générique essentiel pour les pays pauvres.
L’Union européenne pousse pour l’exclusivité des données, ce qui signifie que les fabricants indiens de génériques ne seront plus capables d’utiliser les études existantes pour fabriquer des médicaments identiques. Ils devront conduire leurs propres essais cliniques, retardant ainsi de plusieurs années l’accès des pays pauvres à ces médicaments. D’après les responsables de l’UE, les clauses d’exclusivité des données de l’accord de libre-échange prendront en considération le rôle de l’Inde dans la fabrication de médicaments génériques pour les pays en développement.
Jusqu’à présent, l’Inde a bien résisté aux menaces que font peser les grandes compagnies pharmaceutiques occidentales sur son industrie de médicaments génériques. Plus tôt ce mois-ci, le pays
a rejeté
deux demandes de brevets distinctes pour des ARV déposées par les géants pharmaceutiques Bristol-Myers Squibb et Abbott au motif qu’ils n’avaient apporté aucune amélioration par rapport au brevet original.
L’Inde et les autres pays en développement sont de plus en plus soumis à des pressions pour adhérer à
des lois de propriété intellectuelle
plus strictes. Dans ce contexte, 2011 pourrait être une année importante pour l’avenir des traitements ARV en Afrique subsaharienne et dans d’autres régions.
kr/kn/mw – gd/amz
Theme (s)
:
VIH/SIDA (PlusNews)
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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NAIROBI, 4 février 2011 (IRIN) - En règle générale, la situation semble s’améliorer sur le front du VIH : le nombre de nouvelles infections est en baisse, le nombre de personnes sous traitement est en hausse et on assiste à des progrès dans la lutte contre la discrimination des personnes infectées au VIH.
Il reste toutefois beaucoup de travail à faire, et les avancées dans la lutte contre le VIH/SIDA ont été très inégales. IRIN/PlusNews dresse la liste de cinq pays dont l’évolution pourrait déterminer l’avenir de la pandémie en 2011.
Afrique du Sud
– Vu son ampleur, l’épidémie de VIH/SIDA en Afrique du Sud ne peut être ignorée. Le pays affiche en effet le plus grand nombre de cas au monde – plus de cinq millions – et dispose du
plus vaste programme de distribution d’antirétroviraux (ARV)
– plus d’un million d’habitants sont sous traitement.
Par ailleurs, le pays incarne un modèle idéal en ce qui a trait au financement de la réponse au VIH/SIDA : le gouvernement finance la majeure partie des efforts de lutte contre le SIDA et ne dépend pas autant que d’autres des ressources externes. Dans le budget national de la santé, le montant alloué au VIH/SIDA est passé de 4,3 milliards de rands (627 millions de dollars) en 2008 à environ 5,3 milliards de rands (774 millions de dollars) en 2010.
Après des années d’inertie, le gouvernement a introduit des politiques et des initiatives destinées à renforcer la réponse au VIH/SIDA. Il a notamment organisé une campagne nationale de conseil et de dépistage du VIH et procédé à la décentralisation du traitement antirétroviral pour permettre aux infirmiers des centres de santé primaires de donner le médicament. L’année 2011 nous donnera une idée plus précise de l’efficacité de ces mesures.
Russie
– Avec
37 pour cent
de ses quelque 1,8 million de consommateurs de drogues injectables possiblement atteints du VIH, la Russie est confrontée à l’une des plus importantes épidémies de VIH d’Europe de l’Est.
Le pays a été vivement critiqué pour son refus d’adopter les mesures de réduction des risques recommandées pour le traitement des usagers de drogues. En Russie, les consommateurs de drogues injectables se méritent généralement la prison, où il est plus difficile de trouver des aiguilles propres et où le VIH représente une réelle menace. D’après les experts, la prévalence du VIH risque de continuer à augmenter si la Russie ne revoit pas ses politiques en matière de drogues.
Ouganda
– Autrefois considéré comme le pionnier de la lutte contre le VIH, l’Ouganda a vu son taux de prévalence chuter de 18 pour cent en 1992 à environ 6,1 pour cent en 2004. Les campagnes de prévention agressives du gouvernement abordaient les thèmes de l’abstinence, de la fidélité et de l’utilisation du préservatif. Elles ont inspiré les programmes de prévention du VIH de l’ensemble des pays de l’Afrique subsaharienne. L’ONUSIDA rapporte toutefois que le taux de prévalence actuel du VIH en Ouganda a connu une hausse et oscille entre 6,5 et 7 pour cent.
La Commission ougandaise sur le SIDA a également remarqué un renversement des tendances dans les comportements sexuels préventifs de la population en général. La proportion d’adultes qui disent avoir eu une relation sexuelle avec une personne autre que le partenaire habituel a augmenté depuis 1995. Elle est passée de 12 à 16 pour cent chez les femmes et de 29 à 36 pour cent chez les hommes.
Les nombreuses
campagnes médiatiques en faveur de la prévention du VIH
ciblent maintenant les personnes ayant des partenaires sexuels multiples, la catégorie de population qui compte le plus grand nombre de nouvelles infections. Au cours de l’année 2011, le gouvernement aura l’occasion de montrer sa volonté et sa capacité à réduire significativement le nombre de nouvelles infections.
Haïti
– Le tremblement de terre de magnitude 7.0 qui a frappé le pays il y a un an a lourdement endommagé les infrastructures de santé. Si la plupart des patients qui prenaient des antirétroviraux avant le séisme ont été retracés et remis sous traitement, les
programmes nationaux de lutte contre le VIH/SIDA
sont encore précaires.
Les cas de violences sexuelles et de transactions sexuelles rapportés dans les campements de Port-au-Prince augmentent le risque de nouvelles infections. Dans les camps surpeuplés,
la tuberculose représente par ailleurs une réelle menace
.
À l’heure de la reconstruction, le gouvernement, confronté à de multiples intérêts concurrents, devra s’assurer que le problème du VIH/SIDA reçoit l’attention qu’il mérite.
Inde
– Plus de 80 pour cent des antirétroviraux (ARV) financés par les bailleurs de fonds et distribués dans les pays en développement sont des médicaments génériques fabriqués en Inde. La signature
imminente d’un accord
de libre-échange avec l’Union européenne (UE) pourrait toutefois faire perdre au pays sa capacité à produire à faible coût un médicament générique essentiel pour les pays pauvres.
L’Union européenne pousse pour l’exclusivité des données, ce qui signifie que les fabricants indiens de génériques ne seront plus capables d’utiliser les études existantes pour fabriquer des médicaments identiques. Ils devront conduire leurs propres essais cliniques, retardant ainsi de plusieurs années l’accès des pays pauvres à ces médicaments. D’après les responsables de l’UE, les clauses d’exclusivité des données de l’accord de libre-échange prendront en considération le rôle de l’Inde dans la fabrication de médicaments génériques pour les pays en développement.
Jusqu’à présent, l’Inde a bien résisté aux menaces que font peser les grandes compagnies pharmaceutiques occidentales sur son industrie de médicaments génériques. Plus tôt ce mois-ci, le pays
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deux demandes de brevets distinctes pour des ARV déposées par les géants pharmaceutiques Bristol-Myers Squibb et Abbott au motif qu’ils n’avaient apporté aucune amélioration par rapport au brevet original.
L’Inde et les autres pays en développement sont de plus en plus soumis à des pressions pour adhérer à
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