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NIGERIA: La corruption mine le processus de résolution du conflit
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Hilary Uguru/IRIN
Des militants du delta du Niger font la queue pour remettre leurs armes dans le cadre d’un programme d’amnistie.
WARRI, 20 décembre 2010 (IRIN) - Tandis que les familles évaluent le coût d’une nouvelle opération militaire contre les militants du delta du Niger, les analystes affirment que jusqu’à maintenant, les efforts du gouvernement pour enrayer la violence ont été entravés par la corruption et n’ont pas réussi à s’attaquer aux causes profondes des troubles dans la région.
Des habitants ont dit à IRIN que des centaines de familles étaient toujours déplacées plus de deux semaines après l’opération de répression.
Selon la force militaire conjointe , le raid du 1er décembre contre le village d’Ayakoromor, à 50 kilomètres au sud de Warri, était une opération planifiée qui ciblait des membres d’un groupe criminel. D’après la Croix-Rouge toutefois, des milliers de personnes ont trouvé refuge dans les zones marécageuses environnantes avant de se diriger vers les villages voisins.
Le porte-parole des familles déplacées, Joseph Osibo, a dit qu’au moins dix personnes avaient été tuées pendant l’attaque de la force militaire conjointe. Les militaires ont reconnu qu’il y avait eu des victimes civiles. « Huit soldats et six civils ont trouvé la mort », a dit le chef d’état-major, le lieutenant-général Onyeabo Ihejirika. Il a ajouté que les civils avaient été victimes de tirs croisés.
La société civile et les militants des droits de l’homme ont dit que tant que les autorités nigérianes n’auront pas trouvé une solution à long terme pour mettre fin à l’agitation et la criminalité dans le delta du Niger, une région riche en pétrole, les communautés locales continueront d’en subir les conséquences. Ils ont ajouté que même s’il représentait une avancée positive,
le programme d’amnistie
mis en place par le gouvernement en 2009 ne constituait pas une solution aux problèmes à l’origine du conflit dans le delta du Niger.
Plus de 30 milliards de barils de pétrole de qualité supérieure et d’importants gisements de gaz naturel sont enfouis dans le sous-sol de cette vaste région marécageuse. Selon le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), il s’agit malgré tout de l’une des régions les plus pauvres du Nigeria.
« À moins que le gouvernement ne mette un frein à la corruption politique et financière qui règne tant au niveau des États que du pays et empêche la population d’exercer son droit à la santé, à l’éducation et au développement de leur région, le sentiment de colère qui alimente le militantisme et la criminalité ne s’atténuera pas », a dit à IRIN Eric Guttschuss, chercheur sur le Nigeria pour
Human Rights Watch (HRW)
.
D’après un militant des droits de l’homme de la région, la corruption est endémique au sein du programme d’amnistie. Ainsi, malgré les fonds disponibles, l’aide du gouvernement n’est pas à la hauteur des besoins.
En vertu du programme mis en œuvre par le gouvernement, les militants ont pu déposer leurs armes entre les mois d’août et d’octobre 2009 et obtenir en échange des formations, une aide à l’emploi et le pardon du gouvernement.
« La crise se poursuivra jusqu’à ce que le gouvernement [éradique] la corruption qui entache le programme d’amnistie », a dit à IRIN Sir Casely Omon-Ihabor, président d’une organisation de défense des droits de l’homme (Human Rights Defenders Organization of Nigeria, HURDON), qui a également qualifié le programme de « monument de fraude ».
Santé
D’après M. Osibo, le porte-parole des familles déplacées, celles-ci sont surtout préoccupées par les soins de santé. « Nous ne voulons pas qu’il y ait d’épidémies parmi les déplacés ».
Selon un communiqué du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) publié le 14 décembre, la Croix-Rouge nigériane a offert les premiers soins, mis en place des cliniques et fourni des médicaments aux patients de l’hôpital Ogbe’Ijaw – et principalement aux femmes et aux enfants qui y ont trouvé refuge.
Bien qu’appréciée, l’assistance médicale de la Croix-Rouge n’est pas suffisante, a dit Joy Lucky, une mère déplacée avec ses cinq enfants. « Le gouvernement fédéral doit nous venir en aide rapidement ou se préparer à remplir 5 000 cercueils ».
hu/np/cs – gd/amz
Theme (s)
:
Démocratie et gouvernance
,
Droits de l'homme
,
Paix et sécurité
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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Hilary Uguru/IRIN
Des militants du delta du Niger font la queue pour remettre leurs armes dans le cadre d’un programme d’amnistie.
WARRI, 20 décembre 2010 (IRIN) - Tandis que les familles évaluent le coût d’une nouvelle opération militaire contre les militants du delta du Niger, les analystes affirment que jusqu’à maintenant, les efforts du gouvernement pour enrayer la violence ont été entravés par la corruption et n’ont pas réussi à s’attaquer aux causes profondes des troubles dans la région.
Des habitants ont dit à IRIN que des centaines de familles étaient toujours déplacées plus de deux semaines après l’opération de répression.
Selon la force militaire conjointe , le raid du 1er décembre contre le village d’Ayakoromor, à 50 kilomètres au sud de Warri, était une opération planifiée qui ciblait des membres d’un groupe criminel. D’après la Croix-Rouge toutefois, des milliers de personnes ont trouvé refuge dans les zones marécageuses environnantes avant de se diriger vers les villages voisins.
Le porte-parole des familles déplacées, Joseph Osibo, a dit qu’au moins dix personnes avaient été tuées pendant l’attaque de la force militaire conjointe. Les militaires ont reconnu qu’il y avait eu des victimes civiles. « Huit soldats et six civils ont trouvé la mort », a dit le chef d’état-major, le lieutenant-général Onyeabo Ihejirika. Il a ajouté que les civils avaient été victimes de tirs croisés.
La société civile et les militants des droits de l’homme ont dit que tant que les autorités nigérianes n’auront pas trouvé une solution à long terme pour mettre fin à l’agitation et la criminalité dans le delta du Niger, une région riche en pétrole, les communautés locales continueront d’en subir les conséquences. Ils ont ajouté que même s’il représentait une avancée positive,
le programme d’amnistie
mis en place par le gouvernement en 2009 ne constituait pas une solution aux problèmes à l’origine du conflit dans le delta du Niger.
Plus de 30 milliards de barils de pétrole de qualité supérieure et d’importants gisements de gaz naturel sont enfouis dans le sous-sol de cette vaste région marécageuse. Selon le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), il s’agit malgré tout de l’une des régions les plus pauvres du Nigeria.
« À moins que le gouvernement ne mette un frein à la corruption politique et financière qui règne tant au niveau des États que du pays et empêche la population d’exercer son droit à la santé, à l’éducation et au développement de leur région, le sentiment de colère qui alimente le militantisme et la criminalité ne s’atténuera pas », a dit à IRIN Eric Guttschuss, chercheur sur le Nigeria pour
Human Rights Watch (HRW)
.
D’après un militant des droits de l’homme de la région, la corruption est endémique au sein du programme d’amnistie. Ainsi, malgré les fonds disponibles, l’aide du gouvernement n’est pas à la hauteur des besoins.
En vertu du programme mis en œuvre par le gouvernement, les militants ont pu déposer leurs armes entre les mois d’août et d’octobre 2009 et obtenir en échange des formations, une aide à l’emploi et le pardon du gouvernement.
« La crise se poursuivra jusqu’à ce que le gouvernement [éradique] la corruption qui entache le programme d’amnistie », a dit à IRIN Sir Casely Omon-Ihabor, président d’une organisation de défense des droits de l’homme (Human Rights Defenders Organization of Nigeria, HURDON), qui a également qualifié le programme de « monument de fraude ».
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