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mercredi 22 mai 2013
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AFRIQUE: Six défis à la délivrance de traitement comme outil de prévention
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Georgina Cranston/IRIN
L’élargissement de l’accès à la prévention et au traitement ne sera pas simple
VIENNE, 22 juillet 2010 (IRIN) - Utiliser le traitement VIH pour réduire drastiquement la transmission du virus est l’un des thèmes majeurs évoqués à la Conférence internationale sur le sida à Vienne, en Autriche, cette semaine ; les scientifiques et travailleurs sanitaires sont optimistes mais ils reconnaissent qu’élargir l’accès à ces traitements ne sera pas simple, particulièrement pour les pays pauvres.
IRIN/PlusNews a établi une liste de six nids-de-poule dans la route menant vers un élargissement significatif de la couverture en traitement VIH en Afrique.
Coût
– Atteindre l’objectif d’accès universel au traitement, en se fondant sur les dernières recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, coûterait selon les estimations quelque deux milliards de dollars au cours des cinq prochaines années, selon Bernhard Schwartlander, directeur Evidence, stratégie et résultats à l’ONUSIDA.
Ce chiffre donne le tournis, particulièrement dans un contexte de réduction des financements VIH. Les activistes de la lutte contre le sida espèrent convaincre les bailleurs de fonds que dépenser plus sur les traitements maintenant permettra d’éviter les coûts associés à une mise sous traitement tardive des patients, et donc d’économiser de l’argent à long terme.
Faibles taux de dépistage
– Accroître de manière drastique le nombre de personnes sous traitement implique qu’un plus grand nombre de personnes devra être dépisté. Bien que les statistiques du dépistage soient en augmentation, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a
rapporté
que dans la majorité des pays d’Afrique, moins de 20 pour cent de la population avaient été dépistés.
L’OMS a recommandé de transformer le conseil et dépistage volontaire en des services initiés par les prestataires de santé, c’est-à-dire que les travailleurs sanitaires puissent proposer systématiquement à leurs patients un test VIH plutôt que d’attendre que ces derniers le demandent.
Le Kenya mène une campagne ambitieuse de dépistage au porte-à-porte, et le Lesotho a tenté une approche similaire. Cependant, des activistes ont insisté sur le fait que les dépistages initiés par les prestataires devaient se faire dans le respect des droits humains, tout particulièrement dans les cultures où un test positif au VIH pouvait avoir des conséquences sociales négatives.
Des populations à haut risque mais « invisibles »
- Dans de nombreux pays africains, les travailleurs du sexe, les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, les prisonniers et les consommateurs de drogues injectables enregistrent de forts taux d’infection au VIH, mais ils vivent souvent comme des hors-la-loi et, en conséquence, ont rarement accès aux services VIH.
Dans plusieurs pays, comme au
Burundi
, au Malawi et en Ouganda, les lois sanctionnant les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes deviennent de plus en plus sévères.
Parvenir à l’accès universel au traitement impliquera d’inclure ces populations dans les programmes de dépistage et de traitement. Dans ce but, des activistes appellent les pays à décriminaliser l’homosexualité, le travail du sexe et la consommation de drogues.
Des pertes dans le suivi
– De nombreux programmes de traitement du VIH en Afrique rencontrent des difficultés à retenir les patients qu’ils ont déjà, en partie parce qu’ils manquent des ressources nécessaires pour suivre les patients qui ratent leurs rendez-vous médicaux et interrompent leur thérapie ARV.
L’inobservance du traitement conduit souvent les patients à développer des résistances aux traitements de première ligne et à devoir recourir à des traitements de seconde ligne plus coûteux et souvent indisponibles. Mettre davantage de personnes sous traitement va probablement accroître la pression qui pèse sur des travailleurs sanitaires et communautaires déjà débordés.
Des programmes simplifiés et améliorés de santé communautaire pour suivre les patients VIH devront être généralisés ; de tels programmes ont permis d’enregistrer des résultats positifs en Afrique de l’Est.
Résistance aux médicaments
– alors que de plus en plus de gens sont mis sous traitement, les inquiétudes augmentent à propos du développement à grande échelle de résistance aux médicaments.
A 425 dollars par personne et par an, la combinaison antirétrovirale la moins chère en seconde ligne coûte près de cinq fois plus que la combinaison la moins chère de première ligne ; la troisième ligne quant à elle coûte plus de 10 fois plus cher.
Un meilleur suivi des patients, ce qui inclut un meilleur enregistrement des données, l’utilisation des travailleurs de santé communautaires et des tests moins coûteux et plus simples de numération des CD4 (qui mesure la résistance du système immunitaire) et de charge virale (qui évalue la quantité de virus dans le sang) contribueraient de manière significative à réduire les pharmaco-résistances.
Compensation du risque
– Des inquiétudes apparaissent concernant le risque que les patients séropositifs sous ARV puissent voir le traitement comme un substitut au préservatif et s’engagent dans des pratiques sexuelles à risque. Dans une récente
étude
américaine, des hommes de la communauté gay ont dit qu’ils allaient probablement diminuer leur utilisation du préservatif si la prophylaxie post-exposition (l’administration d’ARV pour prévenir le VIH au sein des groupes à haut risque) se révélait efficace.
Pour combattre ce phénomène, il sera important d’élargir la prévention en même temps que l’accès au traitement pour accroître la disponibilité des préservatifs et améliorer l’éducation sexuelle et sur le VIH dans les écoles.
kr/ks/he/ail
Theme (s)
:
Prise en charge/Traitement
,
VIH/SIDA (PlusNews)
,
Prévention
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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L’élargissement de l’accès à la prévention et au traitement ne sera pas simple
VIENNE, 22 juillet 2010 (IRIN) - Utiliser le traitement VIH pour réduire drastiquement la transmission du virus est l’un des thèmes majeurs évoqués à la Conférence internationale sur le sida à Vienne, en Autriche, cette semaine ; les scientifiques et travailleurs sanitaires sont optimistes mais ils reconnaissent qu’élargir l’accès à ces traitements ne sera pas simple, particulièrement pour les pays pauvres.
IRIN/PlusNews a établi une liste de six nids-de-poule dans la route menant vers un élargissement significatif de la couverture en traitement VIH en Afrique.
Coût
– Atteindre l’objectif d’accès universel au traitement, en se fondant sur les dernières recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, coûterait selon les estimations quelque deux milliards de dollars au cours des cinq prochaines années, selon Bernhard Schwartlander, directeur Evidence, stratégie et résultats à l’ONUSIDA.
Ce chiffre donne le tournis, particulièrement dans un contexte de réduction des financements VIH. Les activistes de la lutte contre le sida espèrent convaincre les bailleurs de fonds que dépenser plus sur les traitements maintenant permettra d’éviter les coûts associés à une mise sous traitement tardive des patients, et donc d’économiser de l’argent à long terme.
Faibles taux de dépistage
– Accroître de manière drastique le nombre de personnes sous traitement implique qu’un plus grand nombre de personnes devra être dépisté. Bien que les statistiques du dépistage soient en augmentation, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a
rapporté
que dans la majorité des pays d’Afrique, moins de 20 pour cent de la population avaient été dépistés.
L’OMS a recommandé de transformer le conseil et dépistage volontaire en des services initiés par les prestataires de santé, c’est-à-dire que les travailleurs sanitaires puissent proposer systématiquement à leurs patients un test VIH plutôt que d’attendre que ces derniers le demandent.
Le Kenya mène une campagne ambitieuse de dépistage au porte-à-porte, et le Lesotho a tenté une approche similaire. Cependant, des activistes ont insisté sur le fait que les dépistages initiés par les prestataires devaient se faire dans le respect des droits humains, tout particulièrement dans les cultures où un test positif au VIH pouvait avoir des conséquences sociales négatives.
Des populations à haut risque mais « invisibles »
- Dans de nombreux pays africains, les travailleurs du sexe, les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, les prisonniers et les consommateurs de drogues injectables enregistrent de forts taux d’infection au VIH, mais ils vivent souvent comme des hors-la-loi et, en conséquence, ont rarement accès aux services VIH.
Dans plusieurs pays, comme au
Burundi
, au Malawi et en Ouganda, les lois sanctionnant les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes deviennent de plus en plus sévères.
Parvenir à l’accès universel au traitement impliquera d’inclure ces populations dans les programmes de dépistage et de traitement. Dans ce but, des activistes appellent les pays à décriminaliser l’homosexualité, le travail du sexe et la consommation de drogues.
Des pertes dans le suivi
– De nombreux programmes de traitement du VIH en Afrique rencontrent des difficultés à retenir les patients qu’ils ont déjà, en partie parce qu’ils manquent des ressources nécessaires pour suivre les patients qui ratent leurs rendez-vous médicaux et interrompent leur thérapie ARV.
L’inobservance du traitement conduit souvent les patients à développer des résistances aux traitements de première ligne et à devoir recourir à des traitements de seconde ligne plus coûteux et souvent indisponibles. Mettre davantage de personnes sous traitement va probablement accroître la pression qui pèse sur des travailleurs sanitaires et communautaires déjà débordés.
Des programmes simplifiés et améliorés de santé communautaire pour suivre les patients VIH devront être généralisés ; de tels programmes ont permis d’enregistrer des résultats positifs en Afrique de l’Est.
Résistance aux médicaments
– alors que de plus en plus de gens sont mis sous traitement, les inquiétudes augmentent à propos du développement à grande échelle de résistance aux médicaments.
A 425 dollars par personne et par an, la combinaison antirétrovirale la moins chère en seconde ligne coûte près de cinq fois plus que la combinaison la moins chère de première ligne ; la troisième ligne quant à elle coûte plus de 10 fois plus cher.
Un meilleur suivi des patients, ce qui inclut un meilleur enregistrement des données, l’utilisation des travailleurs de santé communautaires et des tests moins coûteux et plus simples de numération des CD4 (qui mesure la résistance du système immunitaire) et de charge virale (qui évalue la quantité de virus dans le sang) contribueraient de manière significative à réduire les pharmaco-résistances.
Compensation du risque
– Des inquiétudes apparaissent concernant le risque que les patients séropositifs sous ARV puissent voir le traitement comme un substitut au préservatif et s’engagent dans des pratiques sexuelles à risque. Dans une récente
étude
américaine, des hommes de la communauté gay ont dit qu’ils allaient probablement diminuer leur utilisation du préservatif si la prophylaxie post-exposition (l’administration d’ARV pour prévenir le VIH au sein des groupes à haut risque) se révélait efficace.
Pour combattre ce phénomène, il sera important d’élargir la prévention en même temps que l’accès au traitement pour accroître la disponibilité des préservatifs et améliorer l’éducation sexuelle et sur le VIH dans les écoles.
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