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lundi 20 mai 2013
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AFRIQUE: Le riz local, c'est bon
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Jaspreet Kindra/IRIN
La production de riz est en pleine croissance en Afrique
ADDIS ABEBA, 26 mai 2010 (IRIN) - « Ce qui est local est meilleur » pour l’Afrique, a dit un important centre de recherche sur le riz en annonçant, le 21 mai, qu’il accorderait sa priorité à l’amélioration d’une espèce locale vieille de plus de 3 500 ans pour approvisionner les consommateurs de riz du continent.
Selon AfricaRice, une organisation de recherche intergouvernementale établie au Bénin, également connue sous le nom de Centre du riz pour l’Afrique, l’espèce de riz Oryza glaberrima, que l’on ne trouve qu’en Afrique, serait plus adaptée aux conditions hostiles du continent que l’espèce asiatique, l’Oryza sativa, la seule autre espèce qui s’adapte en Afrique.
« Les conditions de production vont devenir encore plus difficiles à cause du changement climatique et l’Oryza glaberrima s’adapte facilement », a dit Koichi Futakuchi, écophysiologiste à AfricaRice et l’un des deux chercheurs qui travaillent à développer l’espèce africaine.
La décision d’axer les recherches sur l’Oryza glaberrima est significative, car AfricaRice a consacré les 10 dernières années à développer une nouvelle variété de riz appelée NERICA – acronyme de New Rice for Africa (nouveau riz pour l’Afrique) – en croisant les espèces africaine et asiatique.
« Notre étude démontre que … l’espèce de riz africaine est capable de mieux concurrencer les plantes adventices et de résister aux sols infertiles, même lorsqu’ils présentent une toxicité ferreuse [élevée] », a dit M. Futakuchi.
Le NERICA a eu un certain succès – plus de 80 variétés pouvant pousser dans des conditions pluvieuses ont été développées et adoptées par des agriculteurs dans une vingtaine de pays d’Afrique. Les meilleures variétés de NERICA combinent l’adaptabilité de l’O. glaberrima avec le potentiel de haut rendement de l’O. sativa.
« Le riz africain était initialement ignoré par la recherche courante », a dit M. Futakuchi. « Plus tard, lorsque les chercheurs ont réalisé qu’il avait des caractéristiques très utiles, ils ont commencé à l’utiliser comme source pour les caractères recherchés en vue d’améliorer le riz asiatique à plus haut rendement ».
« Notre étude démontre que … l’espèce de riz africaine est capable de mieux concurrencer les plantes adventices et de résister aux sols infertiles, même lorsqu’ils présentent une toxicité ferreuse élevée »
Des variétés de riz africain sont toujours cultivées dans des zones limitées du continent, mais l’espèce a été abandonnée par la plupart des agriculteurs africains, qui préféraient cultiver du riz asiatique apporté par des commerçants il y a environ 450 ans, menaçant l’espèce africaine d’extinction.
« Mais maintenant, pour la première fois, nous inversons le flux génétique en extrayant les caractères recherchés du riz asiatique et en les transférant au riz africain », a dit M. Futakuchi.
Tewolde Egziabher, responsable de l’Autorité éthiopienne de protection de l’environnement et défenseur international de la biodiversité, a félicité l’initiative à l’occasion de la Journée internationale de la biodiversité : « C’est logique de commencer le travail par les [espèces] locales, qui sont déjà adaptées aux conditions locales ». L’introduction d’espèces étrangères ne serait justifiée que si les chercheurs avaient épuisé le potentiel des espèces locales, sans résultat.
Dans un article publié par AfricaRice, le collaborateur de M. Futakuchi, Yoboué N'Guessan, a cité deux raisons de se consacrer à l’espèce africaine : « J’aime tellement son goût que je n’attends même pas la sauce ! La seconde, c’est qu’au cours de voyages réalisés pour collecter différentes variétés de riz chez des agriculteurs en 1982, ceux-ci m’ont dit “le glaberrima, c’est le riz des agriculteurs et le sativa, c’est pour les employés de bureau” ».
L’espèce africaine a toujours des caractéristiques problématiques qui réduisent le rendement : la verse (tendance des plantes à se coucher lorsque les grains sont mûrs) et l’égrainage (chute des grains mûrs lorsque la culture arrive à maturité).
En 2009, AfricaRice a commencé à travailler sur ses 2 500 échantillons d’O. glaberrima, qui sont sélectionnés en fonction de leur résistance aux principales maladies et aux contraintes du milieu comme l’acidité, la toxicité ferreuse, le froid et la salinité.
« Je pense qu’il faudra au moins cinq ans pour préparer une lignée [de cette variété de riz] », a dit M. Futakuchi. Il est absolument nécessaire de stimuler la production, car l’Afrique importe actuellement 40 pour cent de sa demande de riz, pour une somme d’environ 3,6 milliards de dollars en 2008. Des importations qui coûtent cher aux principaux pays consommateurs de riz.
Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la production de riz en Afrique subsaharienne a augmenté de 16 à 18 pour cent en 2008 et encore de 4,5 pour cent en 2009. Pendant la crise alimentaire de 2007/08, la production de riz a augmenté de 44 pour cent au Sahel et de 241 pour cent au Burkina Faso.
Les variétés de NERICA ont été à l’origine d’une forte augmentation de la production dans les pays d’Afrique de l’Ouest comme le Nigeria, la Guinée, la Sierra Leone, le Mali et le Togo. Mais AfricaRice a remarqué que, de 2002 à 2007, l’Ouganda et l’Éthiopie avaient également réduit leurs importations de riz.
jk/he/gd/ail
Theme (s)
:
Environnement
,
Sécurité alimentaire
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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ADDIS ABEBA, 26 mai 2010 (IRIN) - « Ce qui est local est meilleur » pour l’Afrique, a dit un important centre de recherche sur le riz en annonçant, le 21 mai, qu’il accorderait sa priorité à l’amélioration d’une espèce locale vieille de plus de 3 500 ans pour approvisionner les consommateurs de riz du continent.
Selon AfricaRice, une organisation de recherche intergouvernementale établie au Bénin, également connue sous le nom de Centre du riz pour l’Afrique, l’espèce de riz Oryza glaberrima, que l’on ne trouve qu’en Afrique, serait plus adaptée aux conditions hostiles du continent que l’espèce asiatique, l’Oryza sativa, la seule autre espèce qui s’adapte en Afrique.
« Les conditions de production vont devenir encore plus difficiles à cause du changement climatique et l’Oryza glaberrima s’adapte facilement », a dit Koichi Futakuchi, écophysiologiste à AfricaRice et l’un des deux chercheurs qui travaillent à développer l’espèce africaine.
La décision d’axer les recherches sur l’Oryza glaberrima est significative, car AfricaRice a consacré les 10 dernières années à développer une nouvelle variété de riz appelée NERICA – acronyme de New Rice for Africa (nouveau riz pour l’Afrique) – en croisant les espèces africaine et asiatique.
« Notre étude démontre que … l’espèce de riz africaine est capable de mieux concurrencer les plantes adventices et de résister aux sols infertiles, même lorsqu’ils présentent une toxicité ferreuse [élevée] », a dit M. Futakuchi.
Le NERICA a eu un certain succès – plus de 80 variétés pouvant pousser dans des conditions pluvieuses ont été développées et adoptées par des agriculteurs dans une vingtaine de pays d’Afrique. Les meilleures variétés de NERICA combinent l’adaptabilité de l’O. glaberrima avec le potentiel de haut rendement de l’O. sativa.
« Le riz africain était initialement ignoré par la recherche courante », a dit M. Futakuchi. « Plus tard, lorsque les chercheurs ont réalisé qu’il avait des caractéristiques très utiles, ils ont commencé à l’utiliser comme source pour les caractères recherchés en vue d’améliorer le riz asiatique à plus haut rendement ».
« Notre étude démontre que … l’espèce de riz africaine est capable de mieux concurrencer les plantes adventices et de résister aux sols infertiles, même lorsqu’ils présentent une toxicité ferreuse élevée »
Des variétés de riz africain sont toujours cultivées dans des zones limitées du continent, mais l’espèce a été abandonnée par la plupart des agriculteurs africains, qui préféraient cultiver du riz asiatique apporté par des commerçants il y a environ 450 ans, menaçant l’espèce africaine d’extinction.
« Mais maintenant, pour la première fois, nous inversons le flux génétique en extrayant les caractères recherchés du riz asiatique et en les transférant au riz africain », a dit M. Futakuchi.
Tewolde Egziabher, responsable de l’Autorité éthiopienne de protection de l’environnement et défenseur international de la biodiversité, a félicité l’initiative à l’occasion de la Journée internationale de la biodiversité : « C’est logique de commencer le travail par les [espèces] locales, qui sont déjà adaptées aux conditions locales ». L’introduction d’espèces étrangères ne serait justifiée que si les chercheurs avaient épuisé le potentiel des espèces locales, sans résultat.
Dans un article publié par AfricaRice, le collaborateur de M. Futakuchi, Yoboué N'Guessan, a cité deux raisons de se consacrer à l’espèce africaine : « J’aime tellement son goût que je n’attends même pas la sauce ! La seconde, c’est qu’au cours de voyages réalisés pour collecter différentes variétés de riz chez des agriculteurs en 1982, ceux-ci m’ont dit “le glaberrima, c’est le riz des agriculteurs et le sativa, c’est pour les employés de bureau” ».
L’espèce africaine a toujours des caractéristiques problématiques qui réduisent le rendement : la verse (tendance des plantes à se coucher lorsque les grains sont mûrs) et l’égrainage (chute des grains mûrs lorsque la culture arrive à maturité).
En 2009, AfricaRice a commencé à travailler sur ses 2 500 échantillons d’O. glaberrima, qui sont sélectionnés en fonction de leur résistance aux principales maladies et aux contraintes du milieu comme l’acidité, la toxicité ferreuse, le froid et la salinité.
« Je pense qu’il faudra au moins cinq ans pour préparer une lignée [de cette variété de riz] », a dit M. Futakuchi. Il est absolument nécessaire de stimuler la production, car l’Afrique importe actuellement 40 pour cent de sa demande de riz, pour une somme d’environ 3,6 milliards de dollars en 2008. Des importations qui coûtent cher aux principaux pays consommateurs de riz.
Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la production de riz en Afrique subsaharienne a augmenté de 16 à 18 pour cent en 2008 et encore de 4,5 pour cent en 2009. Pendant la crise alimentaire de 2007/08, la production de riz a augmenté de 44 pour cent au Sahel et de 241 pour cent au Burkina Faso.
Les variétés de NERICA ont été à l’origine d’une forte augmentation de la production dans les pays d’Afrique de l’Ouest comme le Nigeria, la Guinée, la Sierra Leone, le Mali et le Togo. Mais AfricaRice a remarqué que, de 2002 à 2007, l’Ouganda et l’Éthiopie avaient également réduit leurs importations de riz.
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