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RDC-RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE: Les réfugiés pas prêts à rentrer
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Chris Simpson/CAR
Les réfugiés qui ont parlé à IRIN à Zinga ont dit qu’ils n’avaient aucune intention de rentrer en RDC prochainement
ZINGA, 18 janvier 2010 (IRIN) - Les autorités de Kinshasa ont beau leur assurer que la paix a été restaurée dans leurs régions d’origine dans le nord-ouest de la République démocratique du Congo, cela ne convainc pas les milliers de réfugiés qui ont traversé le fleuve Oubangui en République centrafricaine (RCA) : ils ne sont pas pressés de rentrer chez eux.
« Nous avons fui parce que nous avions vu des soldats blessés, des maisons brûlées, des femmes violées », a dit Charles Banganya, un réfugié attendant une distribution d’aide du Programme alimentaire mondial (PAM) à Zinga. « Nous avons déjà connu tout cela lors des guerres précédentes, et nous n’avons aucune intention de revivre la même expérience. On n’attend pas que la mort vienne à soi. Un homme sage sait repérer le danger de loin. C’est pourquoi nous sommes en exil aujourd’hui ».
L’exode des réfugiés du Sud Oubangui a été rapide. Ceux qui ont pris la fuite disent qu’ils ont simplement ramassé ce qu’ils pouvaient et sont partis par le fleuve, utilisant toutes les embarcations qu’ils trouvaient, et que certains se sont noyés.
Le Sud Oubangui est situé près de la province de l’Equateur, où la plupart des
affrontements
ont eu lieu.
Les organisations de secours ont eu du mal à faire face à l’ampleur de l’exode. D’après le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), plus de 107 000 personnes ont fui la RDC pour rejoindre la République du Congo. On compte également de nombreux déplacés à l’intérieur de la RDC elle-même.
La RCA accueille environ 17 000 réfugiés, installés temporairement dans des sites à proximité du fleuve Oubangui, dans la région de Lobaye. L’UNHCR estime qu’au moins 60 pour cent des réfugiés sont des enfants, beaucoup ayant fui les orphelinats.
Photo:
Chris Simpson/CAR
En RCA, quelque 60 pour cent des 17 000 réfugiés sont des enfants
Après une visite à Zinga, le directeur régional du PAM pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, Thomas Yanga, a averti que les estimations initiales prévoyant une présence de réfugiés à court terme avaient été très éloignées de la réalité.
« Nous anticipons que les réfugiés seront là pendant au moins un an », a dit M. Yanga, ajoutant que le PAM avait répondu le plus rapidement possible à l’afflux, en liaison étroite avec les autorités locales. L’UNHCR et d’autres organisations ont souligné que les réfugiés étaient largement plus nombreux que la population locale dans des zones comme Zinga et Mongoumba, qui ont déjà leurs propres problèmes nutritionnels.
M. Yanga a reconnu qu’une partie de la population hôte craignait que l’afflux de réfugiés ne mette en péril sa propre sécurité alimentaire, mais a dit que la distribution d’aide alimentaire par le PAM, qui comprenait des produits tels que du sel, des haricots et de l’huile, avait apaisé ces peurs.
« D’après ce que j’ai vu, les besoins alimentaires ont été entièrement couverts », a dit M. Yanga, ajoutant que le PAM communiquerait des informations aux autres agences des Nations Unies concernant les besoins d’aide médicale, d’abris, et d’autres types de besoins.
« L’hébergement et l’alimentation ont été nos plus gros problèmes jusqu’à présent », a dit Calvin Andoma, professeur originaire de Libenge. « Nous sommes vraiment exposés au froid ici. Nous avons besoin de matériaux pour isoler nos huttes ».
C’est la saison sèche, et les températures chutent après le coucher du soleil. « Il fait un froid terrible la nuit », s’est plaint Mme Ida. « Les enfants attrapent le paludisme, il y a beaucoup de cas de diarrhées, et quelques cas de typhoïde ». D’autres réfugiés parlent de plusieurs morts à Zinga.
Les affrontements se poursuivent
Photo:
: Based on OCHA/Reliefweb
Carte de la République centrafricaine indiquant Zinga
Les réfugiés et les organisations humanitaires ont été confrontés à une situation similaire dans le sud-est de la RCA, lorsque des milliers de réfugiés sont arrivés dans le Haut-Mbomou, après avoir fui des attaques des rebelles ougandais de l’Armée de résistance du seigneur.
Dans le Sud Oubangui, l’exode des réfugiés a été déclenché par de graves affrontements entre les Boba et les Lobala. Un grand nombre des Boba réfugiés à Zinga viennent de la ville de Libenge, située au bord du fleuve, qui a été le théâtre d’affrontements entre les rebelles et les troupes du gouvernement durant la guerre civile de 1996-2003 en RDC.
Des affrontements entre les Boba et les Lobala ont été rapportés pour la première fois à la fin du mois d’octobre. Les réfugiés de la communauté Boba reconnaissent qu’il existait déjà des tensions depuis les années 1940 au moins, mais rien de comparable avec la violence observée récemment dans des zones comme Dongo, au sud de Libenge.
« Depuis longtemps, il y avait un conflit au sujet de l’accès aux étangs contenant des poissons », a dit « M. Jonathan », désigné porte-parole des réfugiés à Zinga. « Il y avait un étang qui était spécifiquement réservé aux Boba, mais il y a eu une rupture dans la lignée de succession et les Lobala ont essayé de prendre la suite ». Aucun médiateur, local ou venu de Kinshasa, n’a pu résoudre cette impasse, et ce sont les Lobala qui ont engagé le conflit, a-t-il affirmé. « Ils n’aimaient pas le type de solutions qui étaient proposées, alors ils ont eu recours à la violence traditionnelle ».
La version de Kinshasa est qu’une milice Lobala, composée en partie de soldats démobilisés, a organisé une attaque à Dongo à la fin octobre, visant la police et les forces de sécurité. Suite à cet événement, il a été rapporté que Dongo était déserté par la population civile. Le gouvernement congolais, qui a annoncé que la ville avait été reprise mi-décembre par les Forces armées congolaises (FARDC), a depuis appelé les civils à rentrer chez eux.
Mais des réfugiés comme Mathieu Balimbala ont dit qu’il était difficile d’obtenir des informations actualisées. « Nous ne sommes que des réfugiés de l’autre côté du fleuve. Nous ne savons pas ce qu’il se passe », a dit M. Balimbala à IRIN. « Nous aimerions rentrer et voir si nous pouvons à nouveau vivre en paix, mais ce n’est pas pour maintenant ».
cs/am/mw/il/ail
Theme (s)
:
Réfugiés et déplacés
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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Les réfugiés qui ont parlé à IRIN à Zinga ont dit qu’ils n’avaient aucune intention de rentrer en RDC prochainement
ZINGA, 18 janvier 2010 (IRIN) - Les autorités de Kinshasa ont beau leur assurer que la paix a été restaurée dans leurs régions d’origine dans le nord-ouest de la République démocratique du Congo, cela ne convainc pas les milliers de réfugiés qui ont traversé le fleuve Oubangui en République centrafricaine (RCA) : ils ne sont pas pressés de rentrer chez eux.
« Nous avons fui parce que nous avions vu des soldats blessés, des maisons brûlées, des femmes violées », a dit Charles Banganya, un réfugié attendant une distribution d’aide du Programme alimentaire mondial (PAM) à Zinga. « Nous avons déjà connu tout cela lors des guerres précédentes, et nous n’avons aucune intention de revivre la même expérience. On n’attend pas que la mort vienne à soi. Un homme sage sait repérer le danger de loin. C’est pourquoi nous sommes en exil aujourd’hui ».
L’exode des réfugiés du Sud Oubangui a été rapide. Ceux qui ont pris la fuite disent qu’ils ont simplement ramassé ce qu’ils pouvaient et sont partis par le fleuve, utilisant toutes les embarcations qu’ils trouvaient, et que certains se sont noyés.
Le Sud Oubangui est situé près de la province de l’Equateur, où la plupart des
affrontements
ont eu lieu.
Les organisations de secours ont eu du mal à faire face à l’ampleur de l’exode. D’après le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), plus de 107 000 personnes ont fui la RDC pour rejoindre la République du Congo. On compte également de nombreux déplacés à l’intérieur de la RDC elle-même.
La RCA accueille environ 17 000 réfugiés, installés temporairement dans des sites à proximité du fleuve Oubangui, dans la région de Lobaye. L’UNHCR estime qu’au moins 60 pour cent des réfugiés sont des enfants, beaucoup ayant fui les orphelinats.
Photo:
Chris Simpson/CAR
En RCA, quelque 60 pour cent des 17 000 réfugiés sont des enfants
Après une visite à Zinga, le directeur régional du PAM pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, Thomas Yanga, a averti que les estimations initiales prévoyant une présence de réfugiés à court terme avaient été très éloignées de la réalité.
« Nous anticipons que les réfugiés seront là pendant au moins un an », a dit M. Yanga, ajoutant que le PAM avait répondu le plus rapidement possible à l’afflux, en liaison étroite avec les autorités locales. L’UNHCR et d’autres organisations ont souligné que les réfugiés étaient largement plus nombreux que la population locale dans des zones comme Zinga et Mongoumba, qui ont déjà leurs propres problèmes nutritionnels.
M. Yanga a reconnu qu’une partie de la population hôte craignait que l’afflux de réfugiés ne mette en péril sa propre sécurité alimentaire, mais a dit que la distribution d’aide alimentaire par le PAM, qui comprenait des produits tels que du sel, des haricots et de l’huile, avait apaisé ces peurs.
« D’après ce que j’ai vu, les besoins alimentaires ont été entièrement couverts », a dit M. Yanga, ajoutant que le PAM communiquerait des informations aux autres agences des Nations Unies concernant les besoins d’aide médicale, d’abris, et d’autres types de besoins.
« L’hébergement et l’alimentation ont été nos plus gros problèmes jusqu’à présent », a dit Calvin Andoma, professeur originaire de Libenge. « Nous sommes vraiment exposés au froid ici. Nous avons besoin de matériaux pour isoler nos huttes ».
C’est la saison sèche, et les températures chutent après le coucher du soleil. « Il fait un froid terrible la nuit », s’est plaint Mme Ida. « Les enfants attrapent le paludisme, il y a beaucoup de cas de diarrhées, et quelques cas de typhoïde ». D’autres réfugiés parlent de plusieurs morts à Zinga.
Les affrontements se poursuivent
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: Based on OCHA/Reliefweb
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Les réfugiés et les organisations humanitaires ont été confrontés à une situation similaire dans le sud-est de la RCA, lorsque des milliers de réfugiés sont arrivés dans le Haut-Mbomou, après avoir fui des attaques des rebelles ougandais de l’Armée de résistance du seigneur.
Dans le Sud Oubangui, l’exode des réfugiés a été déclenché par de graves affrontements entre les Boba et les Lobala. Un grand nombre des Boba réfugiés à Zinga viennent de la ville de Libenge, située au bord du fleuve, qui a été le théâtre d’affrontements entre les rebelles et les troupes du gouvernement durant la guerre civile de 1996-2003 en RDC.
Des affrontements entre les Boba et les Lobala ont été rapportés pour la première fois à la fin du mois d’octobre. Les réfugiés de la communauté Boba reconnaissent qu’il existait déjà des tensions depuis les années 1940 au moins, mais rien de comparable avec la violence observée récemment dans des zones comme Dongo, au sud de Libenge.
« Depuis longtemps, il y avait un conflit au sujet de l’accès aux étangs contenant des poissons », a dit « M. Jonathan », désigné porte-parole des réfugiés à Zinga. « Il y avait un étang qui était spécifiquement réservé aux Boba, mais il y a eu une rupture dans la lignée de succession et les Lobala ont essayé de prendre la suite ». Aucun médiateur, local ou venu de Kinshasa, n’a pu résoudre cette impasse, et ce sont les Lobala qui ont engagé le conflit, a-t-il affirmé. « Ils n’aimaient pas le type de solutions qui étaient proposées, alors ils ont eu recours à la violence traditionnelle ».
La version de Kinshasa est qu’une milice Lobala, composée en partie de soldats démobilisés, a organisé une attaque à Dongo à la fin octobre, visant la police et les forces de sécurité. Suite à cet événement, il a été rapporté que Dongo était déserté par la population civile. Le gouvernement congolais, qui a annoncé que la ville avait été reprise mi-décembre par les Forces armées congolaises (FARDC), a depuis appelé les civils à rentrer chez eux.
Mais des réfugiés comme Mathieu Balimbala ont dit qu’il était difficile d’obtenir des informations actualisées. « Nous ne sommes que des réfugiés de l’autre côté du fleuve. Nous ne savons pas ce qu’il se passe », a dit M. Balimbala à IRIN. « Nous aimerions rentrer et voir si nous pouvons à nouveau vivre en paix, mais ce n’est pas pour maintenant ».
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