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MONDE: Comment obtenir l’attention à Copenhague
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Tomas de Mul/IRIN
L’argent et la technologie pourraient faire une grosse différence
COPENHAGUE, 11 décembre 2009 (IRIN) - Certains des pays les plus pauvres du monde, qui sont aussi les plus affectés par le changement climatique, sont à la recherche de stratégies pour obtenir l’attention des participants aux négociations climatiques de la Conférence de Copenhague afin que ceux-ci les aident à s’adapter et à faire les choses différemment.
Le nombre fait la force : certains pays, comme le Mali, ont trouvé des bailleurs de fonds pour les aider à envoyer plus de représentants à Copenhague ; le Lesotho et le Burkina Faso se sont associés avec d’autres pays qui connaissent des problèmes semblables. D’autres choisissent de se concentrer sur certains points : à titre d’exemple, l’Érythrée assiste uniquement aux séances qui peuvent lui profiter directement.
La plupart de ces pays feront face, au cours des dix prochaines années, à de terribles pénuries dans la production alimentaire et à des situations de stress hydrique. Leur principal objectif est d’accéder au financement et aux technologies pour les aider à s’adapter au changement climatique dans le cadre d’un accord obtenu à Copenhague.
IRIN a rencontré certains chefs de délégations des gouvernements des pays les moins avancés (PMA) et des ONG locales pour savoir comment les petits pays et les organisations qui peinent à imposer leurs vues planifient de se faire entendre.
Trouver l’argent
Le Mali, un pays d’Afrique de l’Ouest pris dans un cercle vicieux, souvent imprévisible, de sécheresses et de pluies abondantes qui illustre l’impact du changement climatique, a souhaité que son gouvernement envoie une délégation importante et énergique à Copenhague pour s’assurer de peser dans les négociations.
« Pendant un an, nous avons organisé une série d’ateliers auxquels ont participé jusqu’aux autorités locales pour se préparer à exiger du reste du monde, au moment des négociations climatiques, le financement et les technologies pour aider notre peuple à s’adapter », a dit Fatoumata Diakité, ambassadrice du Mali au Danemark.
Lors d’une séance de briefing de fin de journée avec la délégation malienne, elle a ri en se rappelant le nombre de délégués que le Mali était capable d’envoyer dans les conférences mondiales. « Il y avait peut-être cinq personnes du gouvernement, et le reste d’entre nous - neuf femmes desquelles je faisais partie - venaient des ONG. Malheureusement, il n’y a aucune femme dans la délégation envoyée à Copenhague ».
Il n’est pas facile d’être présent à toutes les séances pour exposer leur situation, mais le nombre de délégués représentant le Mali aux négociations sur le changement climatique à Copenhague est passé de 5 à près de 50. « C’est grâce à la volonté politique, et aux bailleurs de fonds que nous avons trouvé pour nous soutenir...La population est de plus en plus sensibilisée au réchauffement climatique ».
Une question de survie
Le Mali est à cheval sur le Sahel, une région aride qui longe le désert du Sahara. Dans cinquante ans, le climat y sera beaucoup plus chaud et sec. « Cinquante pour cent de notre économie dépend de l’agriculture – pour nous, c’est une question de survie », a indiqué Mme Diakité. Selon les prévisions, 68 pour cent de la population connaîtra la faim.
Chacun des membres de la délégation est chargé d’aborder les intérêts et les préoccupations du Mali lors des séances auxquelles il assiste et d’en faire un compte-rendu à son équipe à la fin de la journée. Les membres discutent ensuite de leurs impressions et élaborent des stratégies pour les aider à recentrer leur approche.
D’après Robert Farmer, directeur de Third Planet, une ONG basée aux États-Unis qui fait la promotion du développement des énergies renouvelables, assister aux séances de négociations – qui se prolongent souvent tard dans la nuit – peut être difficile pour tout le monde, mais plus encore pour les représentants des pays plus pauvres qui, souvent, sont incapables de participer à toutes les séances.
Souvent l’unique représentant de son organisation, M. Farmer affirme avoir trouvé des conseils utiles dans On Behalf of my Delegation: A Guide for Developing Country Climate Negotiators [Au nom de ma délégation. Guide de survie des négociateurs des pays en développement sur le climat], un ouvrage de Joyeeta Gupta, un des auteurs des rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).
Mme Gupta conseille aux représentants d’assister aux séances les plus importantes pour leur pays ou de trouver des négociateurs de pays dans les mêmes dispositions d’esprit et de diviser les séances entre eux. L’Érythrée, le Burkina Faso, le Lesotho et le Népal semblent avoir suivi son conseil.
« Nous sommes très concentrés dans notre approche – nous participons uniquement aux séances liées au financement des mesures d’adaptation et aux transferts de technologies. Nous avons huit experts qui assistent à ces séances », a dit Seid Abdu Salih, coordonnateur de l’Érythrée pour le changement climatique.
« Cinquante pour cent de notre économie dépend de l’agriculture – pour nous, c’est une question de survie »
Il a remarqué que leur délégation était passée de trois à huit personnes et que l’impact du réchauffement climatique avait poussé le gouvernement de l’Érythrée, qui fait généralement cavalier seul, à permettre aux fonctionnaires de se rendre à la Conférence. « Nous sommes très reconnaissants envers le gouvernement », a-t-il ajouté.
Le Lesotho, un royaume montagneux situé dans le sud de l’Afrique, est aux prises avec de graves problèmes de déforestation, de stress hydrique et de sécheresse. Selon Bruno Sekoli, négociateur en chef pour le Lesotho et président du groupe des PMA, son pays présente beaucoup plus de similarités, en termes de changement climatique, avec les pays de l’Himalaya qu’avec le reste de l’Afrique.
Les négociateurs de ces pays considèrent la possibilité de s’associer. « Nos communautés vivent dans des conditions similaires : nos stratégies d’adaptation risquent d’être elles aussi similaires », a-t-il souligné.
D’un autre côté, des pays comme le Burkina Faso espèrent se faire entendre par l’intermédiaire de regroupements plus importants comme le groupe des PMA et le groupe Afrique. « Si nos voix et nos préoccupations ne sont toujours pas entendues, alors, en dernier recours, nous devrons affronter la situation seuls », a dit Mamdou Honadia, négociateur en chef pour le Burkina Faso.
« L’argent est critique », a dit Uday Sharma, le ministre de l’Environnement népalais. Les PMA ont adopté une position et exercent des pressions pour obtenir ce qu’ils veulent : ils demandent à ce que 75 pour cent de l’argent consacré aux mesures d’adaptation soit destiné aux pays les plus pauvres.
Certaines ONG locales, comme Environmental Alert, en Ouganda, ont établi des partenariats stratégiques avec leur gouvernement afin d’offrir des conseils et une assistance technique et de garder un œil sur les représentants du gouvernement pour s’assurer que les intérêts des électeurs sont pris en considération.
Dans son ouvrage, Mme Gupta suggère aux représentants des gouvernements de demander de l’aide aux ONG de leur pays. Christine Nantongo, qui appartient à Environmental Alert et fait également partie de la délégation du gouvernement ougandais, a indiqué qu’elle suivrait les questions de financement des mesures d’adaptation et de transferts de technologies.
jk/he/gd/np
Theme (s)
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Environnement
,
Sécurité alimentaire
,
Catastrophes naturelles
,
Politique
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[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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L’argent et la technologie pourraient faire une grosse différence
COPENHAGUE, 11 décembre 2009 (IRIN) - Certains des pays les plus pauvres du monde, qui sont aussi les plus affectés par le changement climatique, sont à la recherche de stratégies pour obtenir l’attention des participants aux négociations climatiques de la Conférence de Copenhague afin que ceux-ci les aident à s’adapter et à faire les choses différemment.
Le nombre fait la force : certains pays, comme le Mali, ont trouvé des bailleurs de fonds pour les aider à envoyer plus de représentants à Copenhague ; le Lesotho et le Burkina Faso se sont associés avec d’autres pays qui connaissent des problèmes semblables. D’autres choisissent de se concentrer sur certains points : à titre d’exemple, l’Érythrée assiste uniquement aux séances qui peuvent lui profiter directement.
La plupart de ces pays feront face, au cours des dix prochaines années, à de terribles pénuries dans la production alimentaire et à des situations de stress hydrique. Leur principal objectif est d’accéder au financement et aux technologies pour les aider à s’adapter au changement climatique dans le cadre d’un accord obtenu à Copenhague.
IRIN a rencontré certains chefs de délégations des gouvernements des pays les moins avancés (PMA) et des ONG locales pour savoir comment les petits pays et les organisations qui peinent à imposer leurs vues planifient de se faire entendre.
Trouver l’argent
Le Mali, un pays d’Afrique de l’Ouest pris dans un cercle vicieux, souvent imprévisible, de sécheresses et de pluies abondantes qui illustre l’impact du changement climatique, a souhaité que son gouvernement envoie une délégation importante et énergique à Copenhague pour s’assurer de peser dans les négociations.
« Pendant un an, nous avons organisé une série d’ateliers auxquels ont participé jusqu’aux autorités locales pour se préparer à exiger du reste du monde, au moment des négociations climatiques, le financement et les technologies pour aider notre peuple à s’adapter », a dit Fatoumata Diakité, ambassadrice du Mali au Danemark.
Lors d’une séance de briefing de fin de journée avec la délégation malienne, elle a ri en se rappelant le nombre de délégués que le Mali était capable d’envoyer dans les conférences mondiales. « Il y avait peut-être cinq personnes du gouvernement, et le reste d’entre nous - neuf femmes desquelles je faisais partie - venaient des ONG. Malheureusement, il n’y a aucune femme dans la délégation envoyée à Copenhague ».
Il n’est pas facile d’être présent à toutes les séances pour exposer leur situation, mais le nombre de délégués représentant le Mali aux négociations sur le changement climatique à Copenhague est passé de 5 à près de 50. « C’est grâce à la volonté politique, et aux bailleurs de fonds que nous avons trouvé pour nous soutenir...La population est de plus en plus sensibilisée au réchauffement climatique ».
Une question de survie
Le Mali est à cheval sur le Sahel, une région aride qui longe le désert du Sahara. Dans cinquante ans, le climat y sera beaucoup plus chaud et sec. « Cinquante pour cent de notre économie dépend de l’agriculture – pour nous, c’est une question de survie », a indiqué Mme Diakité. Selon les prévisions, 68 pour cent de la population connaîtra la faim.
Chacun des membres de la délégation est chargé d’aborder les intérêts et les préoccupations du Mali lors des séances auxquelles il assiste et d’en faire un compte-rendu à son équipe à la fin de la journée. Les membres discutent ensuite de leurs impressions et élaborent des stratégies pour les aider à recentrer leur approche.
D’après Robert Farmer, directeur de Third Planet, une ONG basée aux États-Unis qui fait la promotion du développement des énergies renouvelables, assister aux séances de négociations – qui se prolongent souvent tard dans la nuit – peut être difficile pour tout le monde, mais plus encore pour les représentants des pays plus pauvres qui, souvent, sont incapables de participer à toutes les séances.
Souvent l’unique représentant de son organisation, M. Farmer affirme avoir trouvé des conseils utiles dans On Behalf of my Delegation: A Guide for Developing Country Climate Negotiators [Au nom de ma délégation. Guide de survie des négociateurs des pays en développement sur le climat], un ouvrage de Joyeeta Gupta, un des auteurs des rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).
Mme Gupta conseille aux représentants d’assister aux séances les plus importantes pour leur pays ou de trouver des négociateurs de pays dans les mêmes dispositions d’esprit et de diviser les séances entre eux. L’Érythrée, le Burkina Faso, le Lesotho et le Népal semblent avoir suivi son conseil.
« Nous sommes très concentrés dans notre approche – nous participons uniquement aux séances liées au financement des mesures d’adaptation et aux transferts de technologies. Nous avons huit experts qui assistent à ces séances », a dit Seid Abdu Salih, coordonnateur de l’Érythrée pour le changement climatique.
« Cinquante pour cent de notre économie dépend de l’agriculture – pour nous, c’est une question de survie »
Il a remarqué que leur délégation était passée de trois à huit personnes et que l’impact du réchauffement climatique avait poussé le gouvernement de l’Érythrée, qui fait généralement cavalier seul, à permettre aux fonctionnaires de se rendre à la Conférence. « Nous sommes très reconnaissants envers le gouvernement », a-t-il ajouté.
Le Lesotho, un royaume montagneux situé dans le sud de l’Afrique, est aux prises avec de graves problèmes de déforestation, de stress hydrique et de sécheresse. Selon Bruno Sekoli, négociateur en chef pour le Lesotho et président du groupe des PMA, son pays présente beaucoup plus de similarités, en termes de changement climatique, avec les pays de l’Himalaya qu’avec le reste de l’Afrique.
Les négociateurs de ces pays considèrent la possibilité de s’associer. « Nos communautés vivent dans des conditions similaires : nos stratégies d’adaptation risquent d’être elles aussi similaires », a-t-il souligné.
D’un autre côté, des pays comme le Burkina Faso espèrent se faire entendre par l’intermédiaire de regroupements plus importants comme le groupe des PMA et le groupe Afrique. « Si nos voix et nos préoccupations ne sont toujours pas entendues, alors, en dernier recours, nous devrons affronter la situation seuls », a dit Mamdou Honadia, négociateur en chef pour le Burkina Faso.
« L’argent est critique », a dit Uday Sharma, le ministre de l’Environnement népalais. Les PMA ont adopté une position et exercent des pressions pour obtenir ce qu’ils veulent : ils demandent à ce que 75 pour cent de l’argent consacré aux mesures d’adaptation soit destiné aux pays les plus pauvres.
Certaines ONG locales, comme Environmental Alert, en Ouganda, ont établi des partenariats stratégiques avec leur gouvernement afin d’offrir des conseils et une assistance technique et de garder un œil sur les représentants du gouvernement pour s’assurer que les intérêts des électeurs sont pris en considération.
Dans son ouvrage, Mme Gupta suggère aux représentants des gouvernements de demander de l’aide aux ONG de leur pays. Christine Nantongo, qui appartient à Environmental Alert et fait également partie de la délégation du gouvernement ougandais, a indiqué qu’elle suivrait les questions de financement des mesures d’adaptation et de transferts de technologies.
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