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Allan Gichigi/IRIN
Les personnes les plus touchées par le VIH/SIDA sont souvent exclues de la lutte contre la pandémie
NAIROBI, 29 mai 2009 (IRIN) - Les populations des pays en voie de développement, les plus touchées par le VIH/SIDA, doivent se réapproprier la guerre contre la pandémie, trop souvent menée, jusqu’ici, dans le confort de somptueux bureaux et centres de conférence, si l’on ne veut pas qu’elle demeure un combat perdu d’avance.
Tel est le message qui s’est dégagé du Global Citizens Summit Sommet mondial des citoyens; organisé à Nairobi, au Kenya, par ActionAid, organisme international de lutte contre la pauvreté, ce sommet a réuni tout un éventail d’organismes œuvrant dans les domaines du VIH/SIDA et visait à débattre du recours à la mobilisation sociale pour « reconditionner » la lutte contre le VIH.
« La lutte contre le VIH n’a pas vu le jour dans les salles des conseils d’administration ; aux Etats-Unis, la dynamique a été lancée par les activistes gay, qui ont propulsé le VIH au programme national », a indiqué Leonard Okello, directeur du service de lutte mondiale contre le VIH d’ActionAid.
« En Ouganda, elle est venue de femmes pauvres qui ont créé TASO [The AIDS Support Organisation], qui s’est développée, depuis lors, jusqu’à devenir un modèle national de soins communautaires, et au Sénégal, elle est partie des dignitaires communautaires et religieux : ce sont des citoyens qui se sont élevés pour faire entendre leur voix et inscrire le sida à l’ordre du jour. Il faut retourner à ce stade ».
Bien que les organismes communautaires effectuent le gros du travail en matière de soins VIH, ont fait remarquer les participants, ils ne reçoivent qu’une infime partie des fonds consacrés à la lutte contre le sida.
La Bungoma Orphans, HIV/AIDS and Poverty Organization (BOHAPO), dans l’ouest du Kenya, aide les orphelins et les veuves de la région en leur donnant des vivres, de l’argent pour couvrir leurs frais de transport et des uniformes scolaires ; elle n’a pourtant jamais reçu de fonds du gouvernement ni des organisations non-gouvernementales (ONG) internationales ; elle dépend de l’aide de la communauté locale et des dons sporadiques de particuliers étrangers.
« Une grande partie des fonds consacrés au VIH est utilisée pour payer le loyer des bureaux et couvrir d’autres frais administratifs », a déclaré Edwin Walela, fondateur de la BOHAPO. « Ce serait mieux que cet argent serve directement à aider les veuves et les orphelins : le gouvernement leur donne des ARV [antirétroviraux], mais comme ils n’ont pas d’argent pour s’acheter de la nourriture, ils meurent quand même ... Il faut en faire plus pour les aider ».
Selon Brian Kagoro, responsable des politiques panafricaines d’ActionAid, il est temps que les bailleurs commencent à consacrer des fonds aux programmes qui fonctionnent vraiment et qu’ils fassent intervenir les personnes touchées par le VIH, souvent exclues des débats sur les politiques de lutte contre la pandémie.
« Nous devons arrêter de courir après l’argent et laisser l’argent courir après les idées des gens. On parle de personnes infectées et touchées par le VIH, mais on les voit pas comme des gens qui ont leurs propres idées sur la maladie ».
M. Kagoro a appelé à un mouvement de masse mondial, reposant sur la résilience et la détermination des personnes touchées par le VIH, pour remplacer « ce mouvement de sauterelle, qui saute de conférence en conférence ».
Les participants ont également souligné la nécessité d’exercer une pression plus forte sur les gouvernements pour les obliger à tenir leurs engagements. « Nous avons arrêté d’attendre de nos gouvernements qu’ils tiennent leurs promesses, alors on ne réagit pas, on ne se met pas en colère quand ils ne le font pas », a expliqué Salil Shetty, directeur de la Campagne du millénaire, menée par les Nations Unies. « Il faut qu’on trouve cette colère et qu’on la canalise, pas pour faire de la politique, comme on le fait si souvent, mais en faveur de l’eau, de l’éducation et de la lutte contre le VIH ».
M. Shetty a cité l’exemple de la Campagne sud-africaine d’action pour le traitement, menée par le biais d’un plaidoyer juridique et d’une mobilisation communautaire de masse, pour amener le gouvernement sud-africain à assurer la gratuité du traitement ARV, à distribuer des médicaments génériques et à s’engager plus énergiquement à répondre aux besoins des personnes touchées par le VIH.
kr/ks/he/nh
Theme (s)
:
Prise en charge/Traitement
,
VIH/SIDA (PlusNews)
,
Prévention
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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NAIROBI, 29 mai 2009 (IRIN) - Les populations des pays en voie de développement, les plus touchées par le VIH/SIDA, doivent se réapproprier la guerre contre la pandémie, trop souvent menée, jusqu’ici, dans le confort de somptueux bureaux et centres de conférence, si l’on ne veut pas qu’elle demeure un combat perdu d’avance.
Tel est le message qui s’est dégagé du Global Citizens Summit Sommet mondial des citoyens; organisé à Nairobi, au Kenya, par ActionAid, organisme international de lutte contre la pauvreté, ce sommet a réuni tout un éventail d’organismes œuvrant dans les domaines du VIH/SIDA et visait à débattre du recours à la mobilisation sociale pour « reconditionner » la lutte contre le VIH.
« La lutte contre le VIH n’a pas vu le jour dans les salles des conseils d’administration ; aux Etats-Unis, la dynamique a été lancée par les activistes gay, qui ont propulsé le VIH au programme national », a indiqué Leonard Okello, directeur du service de lutte mondiale contre le VIH d’ActionAid.
« En Ouganda, elle est venue de femmes pauvres qui ont créé TASO [The AIDS Support Organisation], qui s’est développée, depuis lors, jusqu’à devenir un modèle national de soins communautaires, et au Sénégal, elle est partie des dignitaires communautaires et religieux : ce sont des citoyens qui se sont élevés pour faire entendre leur voix et inscrire le sida à l’ordre du jour. Il faut retourner à ce stade ».
Bien que les organismes communautaires effectuent le gros du travail en matière de soins VIH, ont fait remarquer les participants, ils ne reçoivent qu’une infime partie des fonds consacrés à la lutte contre le sida.
La Bungoma Orphans, HIV/AIDS and Poverty Organization (BOHAPO), dans l’ouest du Kenya, aide les orphelins et les veuves de la région en leur donnant des vivres, de l’argent pour couvrir leurs frais de transport et des uniformes scolaires ; elle n’a pourtant jamais reçu de fonds du gouvernement ni des organisations non-gouvernementales (ONG) internationales ; elle dépend de l’aide de la communauté locale et des dons sporadiques de particuliers étrangers.
« Une grande partie des fonds consacrés au VIH est utilisée pour payer le loyer des bureaux et couvrir d’autres frais administratifs », a déclaré Edwin Walela, fondateur de la BOHAPO. « Ce serait mieux que cet argent serve directement à aider les veuves et les orphelins : le gouvernement leur donne des ARV [antirétroviraux], mais comme ils n’ont pas d’argent pour s’acheter de la nourriture, ils meurent quand même ... Il faut en faire plus pour les aider ».
Selon Brian Kagoro, responsable des politiques panafricaines d’ActionAid, il est temps que les bailleurs commencent à consacrer des fonds aux programmes qui fonctionnent vraiment et qu’ils fassent intervenir les personnes touchées par le VIH, souvent exclues des débats sur les politiques de lutte contre la pandémie.
« Nous devons arrêter de courir après l’argent et laisser l’argent courir après les idées des gens. On parle de personnes infectées et touchées par le VIH, mais on les voit pas comme des gens qui ont leurs propres idées sur la maladie ».
M. Kagoro a appelé à un mouvement de masse mondial, reposant sur la résilience et la détermination des personnes touchées par le VIH, pour remplacer « ce mouvement de sauterelle, qui saute de conférence en conférence ».
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