Les déplacés par le conflit rentrent chez eux

Des milliers d’habitants déplacés par les récents affrontements le long de la frontière thaïlando-cambodgienne ont commencé à rentrer chez eux, selon des responsables humanitaires.



« Un grand nombre, voire la totalité, est rentré », a dit à IRIN Sawanit Kongsiri, secrétaire-général adjoint de la Croix-Rouge Thaïlandaise et ancien vice-ministre des Affaires étrangères, le 14 février.



Plus de 35 000 personnes des deux côtés de la frontière ont fui leur maison près du temple contesté de Preah Vihear, après une série d’affrontements militaires entre les deux pays, qui ont débuté le 4 février.



Les deux pays réclament la propriété du temple hindoue du 11è siècle, inscrit en 2008 au Patrimoine mondial de l’UNESCO.



Dix villages thaïlandais dans la province de Sisaket ont été directement touchés quand les échanges de tirs militaires ont débuté, forçant environ 20 000 personnes à se rendre dans 30 abris temporaires, selon la Croix-Rouge thaïlandaise.

Au Cambodge, la situation reste incertaine, avec de nombreux déplacés toujours réticents à retourner chez eux.



Sur les 17 500 personnes recensées au départ comme ‘déplacées’, 11 000 reçoivent toujours une aide, sur l’ancienne base militaire de 50 hectares située près de la frontière.



« Le nombre de personnes qui sont rentrées n’est toujours pas clair. Les gens ne se sentent pas en sécurité », a dit Men Neary Sopheak, secrétaire-général adjoint de la Croix-Rouge cambodgienne, notant que de nombreux habitants rentraient chez eux pour vérifier l’état de leur bétail et de leurs cultures, et retournaient sur la base en soirée.



« Nous ne sommes pas capables de dire aux gens ce qu’ils doivent faire », a ajouté Ross Sovann, secrétaire-général adjoint du Comité National de gestion des catastrophes du Cambodge. « A ce point, nous attendons tous le résultat de la réunion des Nations Unies à New York ».



La Thaïlande et le Cambodge devaient présenter leurs positions le 14 février avant le Conseil de sécurité des Nations Unies à New York.



Les autorités thaïlandaises soutiennent depuis longtemps que le conflit en cours devrait être résolu bilatéralement, alors que le Cambodge continue de plaider pour une intervention extérieure.



Marty Natelegawa, ministre des Affaires Etrangères de l’Indonésie, assistera aussi à la réunion, son pays préside l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE ou ASEAN) et a proposé de faire office de médiateur.



« La présence de la présidence de l’ASEAN à la réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies représente une évolution des efforts de l’ASEAN afin de résoudre les conflits bilatéraux parmi ses états membres comme indiqué par la Charte de l’ASEAN », a dit Dr Surin Pitsuwan, secrétaire-général de l’ASEAN. « C’est particulièrement important car cela créera un précédent pour des futurs mécanismes de règlement des conflits par l’ASEAN ».



ds/mw-sk/amz