La multiplication des attaques renforce les craintes d’insécurité alimentaire

L’augmentation des attaques armées entrave les déplacements des habitants, ce qui les empêche de cultiver leurs terres et renforce donc les craintes d’insécurité alimentaire dans les régions du Haut-Mbomou et du Mbomou, dans le sud-est de la République centrafricaine (RCA), selon une organisation humanitaire internationale.



« Les terres fertiles ne manquent pas dans la région, mais la violence perturbe les modes de vie traditionnels comme l’agriculture, la chasse et la pêche, et les fermiers ont souvent peur de s’éloigner des villes pour travailler leurs champs, car ils craignent de se faire attaquer. Cela a réduit la production et poussé les prix à la hausse à tel point que tout le monde n’a pas les moyens d’acheter de la nourriture, même lorsque celle-ci est disponible », a dit Christa Utiger, coordonnatrice de la sécurité économique pour le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en RCA.



Le 11 novembre, le CICR a indiqué que les attaques menées régulièrement par des groupes armés s’étaient traduites par un doublement de la population d’Obo, de Mboki, de Rafai et de Zemio, dans le Haut-Mbomou et le Mbomou, près des frontières de la République démocratique du Congo (RDC) et du Soudan, car les civils y ont cherché refuge.



« L’augmentation de la population a tiré la demande en denrées alimentaires vers le haut, mais les champs surexploités ont perdu en productivité, les produits sont donc devenus rares et chers. De la nourriture est bien sûr toujours produite dans la région, mais les violences dissuadent les agriculteurs de rester loin des villes pour s’occuper de leurs champs, ce qui fragilise de plus en plus la sécurité alimentaire », a dit le CICR à IRIN.



Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), 20 000 personnes déplacées et 6 000 réfugiés congolais ont fui vers les villes au cours des 12 derniers mois.



Le CICR va y distribuer de la nourriture à environ 55 000 personnes d’ici la mi-décembre. « Nous prévoyons de distribuer des semences aux communautés touchées en prévision de la saison des semailles du printemps 2011, dans le but d’assurer des récoltes raisonnables à l’automne. L’objectif est de rendre les communautés autosuffisantes et d’alléger les pressions auxquelles elles font face en raison de la présence de groupes armés dans l’est de la RCA », a dit le CICR.



Selon Human Rights Watch (HRW), les rebelles de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) ont tué au moins 2 385 civils et en ont enlevés 3 054 depuis septembre 2008 en RCA.



« Étant donné que l’Armée de résistance du Seigneur attaque des villages de régions isolées dont les communications, les routes et autres infrastructures sont limitées, le nombre réel de victimes est probablement bien supérieur », a dit HRW dans un communiqué.



En raison de la pauvreté chronique, des violences commises par les groupes armés locaux ou la LRA, de l’absence de systèmes de santé, d’éducation et d’infrastructures publics, 16 pour cent des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë et 6,6 pour cent de malnutrition aiguë sévère, selon le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF). La population du pays est estimée à 4,4 millions de personnes.



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