Une technologie pourrait révolutionner le diagnostic de la tuberculose

Une nouvelle technologie utilisée pour la première fois en Afrique du Sud pourrait rendre le dépistage de la tuberculose plus rapide, plus économique et plus fiable. Elle repose sur une technique employée couramment par les services de sécurité des aéroports.



Le nouveau système de diagnostic par ordinateur, connu sous le nom de TBDx, capture des images numériques d’échantillons de crachat et y recherche « l’empreinte digitale » structurelle de la tuberculose. Certains tapis d’inspection radioscopique dans les aéroports fonctionnent de la même manière en recherchant, par exemple, l’empreinte structurelle d’explosifs plastiques dans les bagages.



Ce système est expérimenté par l’organisation de recherche sanitaire Aurum Institute, en collaboration avec les National Health Laboratory Services (NHLS) d’Afrique du Sud et les spécialistes de l’imagerie de Guardian Technologies International. C’est le premier au monde à associer une technologie d’imagerie de pointe à un microscope numérique.



Un prototype est déjà en cours de réalisation et, une fois complètement automatisé, il pourra fonctionner de façon indépendante 24 heures sur 24. Il s’est déjà montré dix pour cent plus efficace dans l’identification du bacille de Koch que les tests traditionnels de la tuberculose qui nécessitent que des laborantins préparent manuellement les échantillons et y recherchent le bacille à l’aide d’un microscope.



Grâce à l’association d’une technique de diagnostic sensible et d’une automatisation permettant des économies de main-d’œuvre, le TBDx pourrait révolutionner le dépistage de la tuberculose dans des pays fortement touchés comme l’Afrique du Sud, qui a connu une recrudescence de la maladie au cours de la dernière décennie à cause de l’épidémie de VIH/Sida.



Environ 70 pour cent des Sud-Africains chez qui la tuberculose a été diagnostiquée sont co-infectés par le VIH. Bien qu’elle soit curable, cette maladie est la première cause naturelle de décès en Afrique du Sud et l’un des principaux facteurs du recul de l’espérance de vie dans ce pays.



« Le diagnostic de la tuberculose présente des difficultés considérables », a dit à IRIN/PlusNews le docteur David Clark, directeur général adjoint du Aurum Institute.



Il a remarqué que les méthodes actuelles de diagnostic de la tuberculose reposent toujours sur la technique développée par Robert Koch, le physicien allemand qui a découvert la tuberculose il y a un siècle. « Nous serions fous de participer à une guerre aujourd’hui avec des équipements utilisés un siècle auparavant », a-t-il dit.



Évaluation des possibilités



Le TBDx peut être utilisé par un personnel non spécialisé, ce qui libérerait les rares laborantins pour réaliser d’autres activités importantes. Cela pourrait également améliorer fortement les conditions de travail des laborantins qui passent actuellement des heures penchés sur leurs microscopes à la recherche du minuscule bacille de Koch.



« Sur 100 échantillons que vous recevez... peut-être six pour cent seront positifs », a dit M. Clark, décrivant le travail d’un grand laboratoire. « Vous passez le reste de la journée à chercher quelque chose d’absent. Ces techniciens sont hautement qualifiés et pourraient faire autre chose ».



La nouvelle technologie ne dispense pas complètement du besoin de techniciens qualifiés. Le système peut être réglé de façon à signaler les échantillons difficiles à diagnostiquer, une fonction que M. Clark décrit comme étant un outil de formation potentiellement intéressant.



Les NHLS d’Afrique du Sud attendent que le prix de la nouvelle technologie soit fixé avant de décider de l’adopter ou non à l’échelle nationale. Mais le TBDx aura vraisemblablement un meilleur rapport coût-efficacité que la méthode actuelle de dépistage de la tuberculose qui exige beaucoup de main-d’œuvre et coûte environ trois dollars par échantillon.



« Nous allons devoir réaliser une recherche opérationnelle et des études d’efficacité par rapport au coût, mais [cette technologie] est très prometteuse », a dit Gerrit Coetzee, responsable du laboratoire national de référence de la tuberculose des NHLS. Il a ajouté que le potentiel du TBDx d’augmenter la productivité des laboratoires et d’améliorer et de normaliser les diagnostics faisaient partie de ses principaux avantages.



Selon M. Coetzee, si les NHLS choisissent d’adopter cette technologie, le lancement national n’aura pas lieu avant trois ans. Cette méthode sera probablement testée dans de grands laboratoires avant d’être utilisée à plus petite échelle à des niveaux inférieurs du système de santé.



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