Des bidonvilles de Kibéra à Nairobi à 'Canaan'

Dans le cadre d’un programme de rénovation des bidonvilles, au moins 1.300 personnes vivant dans le bidonville de Kibéra – le plus grand site d’établissements informels de Nairobi – ont déménagé dans de nouveaux immeubles.



« Je ne peux pas croire que j’ai vraiment quitté Kibéra ! Mon nouveau foyer est si propre, nous avons les toilettes à l’intérieur de la maison ; c’est un rêve devenu réalité», a déclaré Pius Okello, âgé de 46 ans et père de six enfants.



Okello, qui a vécu 10 ans à Soweto East, dans Kibéra, fait partie de ceux qui ont déménagé le 16 septembre. Le gouvernement avait mis à leur disposition des camions et des ouvriers pour aider les habitants à s’installer dans leur nouveau domicile, qu’ils ont surnommé « Canaan », la Terre Promise.



Kibéra constitue l’un des plus grands sites d’établissement informel en Afrique subsaharienne. Selon l’ONU Habitat, les estimations de sa population varient de 500.000 à 800.000 personnes, avec des densités supérieures à 3.000 personnes par hectare – ce qui en fait un des sites d’établissements informels possédant la plus forte densité de population.



Le loyer mensuel pour une chambre dans l’un de ses nouveaux immeubles, situés à un kilomètre de Kibéra, s’élève à 500 shillings kenyans (7 dollars) et les locataires payent un supplément de 300 shillings kenyans (4 dollars) pour l’électricité et de 200 shillings kenyans (2,5 dollars) pour l’eau. La cuisine, les toilettes et la salle de bains sont communes mais si une famille prend trois chambres, ils ont l’usage exclusif de ces équipements.



« J’ai pris trois chambres car j’ai six enfants et je prends aussi soin des quatre enfants de mon frère décédé quand les écoles sont fermées, au moins maintenant ma femme et moi avons un peu d’intimité et les enfants ont pour la première fois une chambre », a souligné Okello.



« Le seul problème c’est que j’ai l’impression que les charges pour l’eau et l’électricité sont élevées parce qu’elles sont calculées par chambre ; je ne devrais payer qu’une seule redevance pour toute la maison ».



Le programme de rénovation des bidonvilles au Kenya (le KENSUP, Kenya Slum Upgrading Programme) en cours, d’un montant de 300.000 dollars, a été discuté en 2000, et financé conjointement par le gouvernement, l’ONU Habitat, la Banque mondiale Cities Alliance.



Intervention ciblée



Raila Odinga, le premier ministre du Kenya et député de la circonscription de Langata, dont fait partie Kibéra, a participé au déménagement des habitants du bidonville vers leur nouvelle maison.

« L’absence de logements décents entraîne de nombreux autres problèmes », a-t-il déclaré lors d’un discours aux nouveaux résidents. « Aujourd’hui, nous franchissons la première étape pour répondre aux besoins de base et aux droits des habitants du bidonville et pour dire non aux problèmes liés aux bidonvilles. C’est une étape initiale pour aller vers l’accomplissement des Objectifs du Millénaire pour le Développement».



Nairobi abrite certains des bidonvilles les plus denses, les plus insalubres et dangereux du monde, selon l’ONU Habitat, avec près de la moitié de la population de la ville vivant dans l’un des 100 bidonvilles et quartiers informels.



Selon l’ONU Habitat, « l’objectif du programme est d’améliorer les conditions de vie globales des gens vivant et travaillant dans les bidonvilles par le biais d’interventions ciblées pour résoudre les problèmes d’abris, de services d’infrastructure, de régime foncier et d’emploi, ainsi que l’impact du VIH/SIDA dans les bidonvilles ».



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