Vive les vitamines !

Pendant la crise financière asiatique qui a duré trois ans, dans les années 1990, le nombre d’enfants souffrant d’anémie en Indonésie a considérablement augmenté, les populations pauvres n’ayant pas les moyens de se procurer des vivres de qualité.



Cette affection est causée par un manque d’oxygène (lui-même provoqué par un régime alimentaire pauvre en micronutriments, notamment en fer), qui affecte les tissus et les organes du corps. Le pourcentage d’enfants anémiques est passé de 52 en 1996 à 68 en 1998, selon une étude, citée dans un rapport intitulé Investing in the Future (Investir pour l’avenir), publié récemment.



Selon les conclusions de cette étude, dans les foyers pauvres, la faible consommation d’œufs et de légumes à feuilles vert foncé (deux sources importantes de micronutriments comme le fer) entraîne une plus forte prévalence de l’anémie à la fois chez les mères et chez les enfants. « Les conséquences sont particulièrement graves pour les enfants conçus pendant ou juste avant la crise ».



L’économie mondiale est désormais en récession et les enfants des pays en voie de développement sont les plus menacés, ont averti les auteurs du rapport, un groupe d’organisations non-gouvernementales (ONG) spécialisées dans le plaidoyer dans le domaine de la nutrition (la Micronutrient Initiative, la Flour Fortification Initiative et la Global Alliance for Improved Nutrition), ainsi que diverses organisations humanitaires, l’USAID, l’Agence canadienne de développement international, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), la Banque mondiale et l’Organisation mondiale de la santé.



D’après une étude de la Banque mondiale sur les conséquences de la crise financière actuelle, en 2008 seulement, quelque 44 millions d’enfants de plus ont souffert de troubles physiques et cognitifs permanents dus à la malnutrition, elle-même causée par la hausse du prix des vivres.



Les auteurs d’Investing in the Future, publié à l’occasion du forum 2009 de Beijing sur les micronutriments, qui s’est tenu le 12 mai, ont appelé les pays à augmenter leurs investissements, à renouveler leurs engagements et à développer les programmes actuels d’apports complémentaires en vitamines et minéraux.



Conséquence des carences en micronutriments, les infections sont plus fréquentes, les enfants sont moins capables de résister et de survivre aux maladies, et leurs capacités mentales sont affaiblies. Chez l’adulte, les carences en vitamines et en minéraux peuvent compromettre la productivité générale, causer des maladies invalidantes et même entraîner la mort. Les carences chez la femme enceinte mettent en péril la santé et la vie des futures mères, et se répercutent sur les enfants à naître.



Il existe des compléments et des fortifiants peu coûteux : l’iodation du sel, par exemple, coûte à peine cinq centimes de dollar par personne et par an, et les gélules de vitamine A se vendent à deux centimes de dollar l’une.



Selon le rapport, chaque année, dans le monde :



• 1,1 million d’enfants de moins de cinq ans meurent en raison de carences en vitamine A et en zinc

• 136 000 femmes et enfants meurent d’anémie par carence en fer

• 18 millions de bébés souffrent de handicaps mentaux à la naissance en raison de carences en iode chez la mère

• 150 000 bébés souffrent de graves problèmes de santé à la naissance, en raison d’une consommation insuffisante de vitamine B par les mères

• 350 000 enfants deviennent aveugles en raison de carences en vitamine A

• 1,6 milliard de personnes souffrent d’une réduction de leur productivité, causée par l’anémie



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