La France en tête des pays contributeurs à la mission de paix ONU-EU

La France sera le plus grand contributeur de troupes à la nouvelle force mixte Nations Unies (ONU)-Union européenne (UE) de la mission « multidimensionnelle » de maintien de la paix au Tchad et en République centrafricaine, approuvée par le Conseil de sécurité de l’ONU, le 25 septembre.

Ancienne puissance coloniale des deux pays, la France possède déjà une base militaire au Tchad et quelques troupes en République centrafricaine (RCA). Elle devrait fournir près de la moitié des 3 000 à 4 000 soldats de la force européenne qui appuiera la MINURCAT – Mission des Nations Unies en République centrafricaine et au Tchad -, la nouvelle mission des Nations Unies.

Le déploiement de cette force devrait commencer en novembre ; elle précèdera l’arrivée de la force hybride ONU-Union africaine (UA) attendue au début de l’année 2008 dans la région du Darfour, au Soudan voisin.

Le président tchadien Idriss Deby, qui s’était initialement opposé à la présence d’une force onusienne dans son pays, a finalement accepté la proposition faite au mois de juin par la France, et qui prévoyait l’envoi au Tchad d’une force mixte ONU-UE.

Néanmoins, des groupes rebelles du Tchad ont prévenu la Communauté internationale que les troupes de l’UE pourraient être prises pour cibles si elles ne faisaient pas preuve d’impartialité dans le conflit tchadien.

En effet, l’intervention des troupes françaises basées à N’djamena, la capitale tchadienne, avait été perçue comme étant déterminante dans l’échec de la tentative d’invasion de la capitale par un groupe rebelle, en avril 2006.

Certaines associations humanitaires présentes dans l’est du Tchad ont également émis quelques réserves par rapport à la prédominance de la France dans la nouvelle force de maintien de la paix.

« Si la principale composante de la force est fournie par la France, plusieurs parties prenantes au conflit ne la considéreront pas comme une force impartiale », a déclaré à la BBC Roland Van Hauwermeiren de l’organisation Oxfam, après l’adoption de la résolution par le Conseil de sécurité.

Cette résolution donne aux troupes de l’UE le pouvoir de recourir à la force pour protéger les populations civiles, conformément au Chapitre VII de la Charte des Nations Unies. Les soldats de l’UE devront également assurer la sécurité et faciliter l’acheminent de l’aide humanitaire.

Dans un communiqué publié après l’adoption de la résolution, António Guterres, Haut commissaire des Nations Unies pour les réfugiés a déclaré :

« Cette présence est très urgente, étant donné que la situation dans l’est du Tchad est actuellement très difficile et préoccupante, et qu’on craint une recrudescence de la violence qui pourrait entraîner de nouveaux déplacements de population, alors la fin de saison des pluies est proche ».

Selon les Nations Unies, près de 240 000 hommes, femmes et enfants soudanais se sont réfugiés au Tchad depuis le début du conflit armé au Darfour, en 2003. Le conflit au Tchad et en RCA a fait près de 350 000 déplacés à l’intérieur de ces deux pays.

Conformément au projet de résolution en deux volets soumis par la France, la composante ONU de la force mixte comprendra 300 agents de police, 50 agents de liaison militaires et civils chargés de sélectionner, former et conseiller la police locale.

Après une période de six mois, le Secrétaire général examinera les progrès réalisés par la mission. Puis, après une année, une force de maintien de la paix des Nations Unies pourrait remplacer la force de l’UE.

La résolution a été adoptée plusieurs heures avant que le chef de l’Etat français, Nicolas Sarkozy, ne préside un sommet africain, en coordination avec l’Assemblée générale de l’ONU.

« La France salue l’adoption de la résolution », a déclaré M. Sarkozy lors du sommet. « La crise du Darfour et ses ramifications régionales sont une priorité pour la France ».

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