Le processus de paix pas encore sorti de l’impasse

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté lundi une résolution prolongeant de six mois la mission onusienne pour l’organisation d’un referendum au Sahara occidental, mais cela ne devrait entraîner aucun changement immédiat dans cette région divisée, en dépit d’une volonté de plus en plus forte des deux parties de résoudre leurs différends.

La résolution des Nations Unies a noté des efforts « sérieux et crédibles » pour mettre un terme à trois décennies de conflit, et pour sortir de trois années d’impasse politique durant lesquelles très peu de progrès ont été accomplis dans les négociations de paix.

L’administration du territoire du Sahara occidental par le Maroc est contestée par le peuple sahraoui, qui défend face au Maroc son droit à l’autodétermination depuis que la région a gagné son indépendance de l’Espagne dans les années 70.

Le Maroc affirme avoir la souveraineté sur ce territoire riche en phosphates et potentiellement riche en pétrole, en raison des liens de longue date qui unissent le Sultan du Maroc et les tribus vivant au Sahara occidental, un argument rejeté par la Cour internationale de Justice en 1975.

Des dizaines de milliers de civils, y compris des milliers de familles séparées par une barrière construite à travers le territoire, ainsi que des réfugiés en Algérie, subissent malgré eux les conséquences de cette impasse politique. Les Nations Unies ont fait état le mois dernier d’accusations de « répression brutale » et d’une augmentation du nombre d’abus des droits de l’homme sur le territoire.

Les pourparlers entre le Maroc et le Front Polisario, qui représente le peuple sahraoui, ont été interrompus il y a trois ans. Les deux parties ont cependant récemment ébauché un nouveau plan de paix.

Mostafa Sahel, l’ambassadeur marocain auprès des Nations Unies, a salué la résolution du Conseil de sécurité. Son homologue sud-africain a cependant mis en garde contre tout optimisme prématuré.

« Nous avons très clairement souligné que l’autonomie n’est pas l’autodétermination. Ce que nous voudrions, maintenant que les deux parties nous ont remis leurs plans, c’est que les [protagonistes] s’engagent dans des négociations sur [ces] plans », a-t-il dit.

Peter Van Walsum, l’envoyé des Nations Unies pour le Sahara occidental, a dit à la presse la semaine dernière qu’il trouvait « difficile d’imaginer » une solution sans un referendum qui propose l’indépendance du territoire comme l’une des options.

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