De nombreux enfants meurent de pneumonie en hiver

De nombreux enfants sont morts de pneumonie cette année en raison des températures particulièrement basses enregistrées cet hiver, ont indiqué des médecins afghans.

En Afghanistan, où les conditions de vie sont difficiles, des milliers d’enfants contractent chaque hiver cette maladie respiratoire qui peut se révéler mortelle si elle n’est pas traitée correctement.

Au mois de février, au moins 50 enfants seraient décédés de pneumonie à l’hôpital régional de Herat et 28 autres à l’hôpital de la province orientale du Nangarhar.

Malgré les dispositions prises par les autorités afghanes – mise en place d’un système d’alerte précoce, cours d’éducation civique et réfection des établissements hospitaliers -, les cas de mortalité infantile dus à la pneumonie ont augmenté cette année en raison du froid et de l’abondance de la neige.

Quatre jours après sa naissance, la petite Parastu, fille de Zia Gul, a contracté la maladie dans la chambre fraîche et exposée aux vents de leur maison située dans le district de Koshko Robatsangi de la province de Herat.

« Nous sommes pauvres et nous n’avons pas les moyens d’acheter beaucoup de bois pour le foyer », a dit Gul. « Les fenêtres et les portes de ma chambre ne ferment pas bien et le vent froid y pénètre facilement. J’ai essayé de la garder au chaud avec deux ou trois couvertures, mais elle est tombée malade ».

Pour se rendre au centre médical le plus proche, les parents de Parastu ont dû marcher dans la neige jusqu’au village suivant pour trouver une voiture. Comme la neige était abondante, il a fallu deux heures à leur véhicule pour parvenir au dispensaire le plus proche.

Les médecins leur ont expliqué que l’état de santé de leur fillette était préoccupant et leur ont recommandé de l’amener à l’hôpital de Herat, la capitale de la province, où une pneumonie atypique a été diagnostiquée.

Cette maladie est souvent mortelle lorsqu’elle n’est pas soignée à temps. Selon le docteur Abdul Qayoum, chef du service pédiatrique de l’hôpital régional de Herat, les hivers en Afghanistan sont propices aux maladies telles que la grippe, la pneumonie atypique et la tuberculose.

Chaque semaine 12 à 15 enfants meurent de pneumonie à l’hôpital, a indiqué M. Qayoum, en précisant que la plupart des enfants venaient des zones rurales.

Dès l’apparition des premiers symptômes de la maladie, a expliqué le médecin, les parents amènent leur enfant chez un mollah – dignitaire religieux – pour qu’il récite des prières censées guérir l’enfant. Ils ne vont à l’hôpital que lorsque l’état de santé de l’enfant s’aggrave, et à ce stade, le traitement peut être difficile.

Tawoos, une femme habitant le district de Ghorian, a conduit son fils de six mois à l’hôpital de Herat après avoir vu quatre mollahs. La famille a offert un veau au premier mollah, un tapis de prière au second et de l’argent aux deux autres. Aujourd’hui, Tawoos est assise au chevet du lit de son fils Saddeq dans un hôpital où trois mères ont perdu leurs enfants.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la pneumonie est responsable de la mort de près 20 pour cent des enfants de moins de cinq ans dans les pays en voie de développement. En Afghanistan, il est difficile d’établir des statistiques puisque même le plus grand hôpital régional commence à peine à enregistrer les admissions et les décès.

Certains matériels médicaux de base, tels que les concentrateurs d’oxygène, les pompes aspirantes, les nébulisateurs et les masques à oxygène, ne sont pas disponibles en quantité suffisante dans les hôpitaux de ce pays ravagé par la guerre, a fait remarquer l’OMS.

« La décision est maintenant du ressort du ministère de la Santé publique », a lancé M. Qayoum. « Dans les zones rurales, les gens ont besoin de médecins et d’infirmières bien formés pour réaliser des diagnostics, et d’établissements hospitaliers mieux équipés ».

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