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vendredi 24 mai 2013
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RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE: La lutte pour les soins de santé
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Anthony Morland/IRIN
Pendant des années, les affrontements entre forces gouvernementales et groupes rebelles ont forcé des milliers de personnes à se réfugier dans la brousse. Les installations de base, y compris les centres de santé, ont été détruites ou pillées
N'délé, 4 mars 2011 (IRIN) - Après des décennies de violence politique, de déplacement et d’insécurité résultant des affrontements entre les groupes rebelles et les forces gouvernementales ainsi qu’avec des bandits armés, des milliers de personnes en République centrafricaine (RCA) sont vulnérables aux maladies et n’ont qu’un accès très limité aux services de santé, disent les agences humanitaires.
Selon le Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies (OCHA), de nombreux centres de santé au nord et au sud-est de la RCA ont été victimes de pillages ou ne sont plus opérationnels, parce que les travailleurs médicaux sont souvent obligés de quitter la région.
Dans l’ensemble, l’accès aux services de santé est très limité dans tout le pays, sauf à Bangui, la capitale ; en outre, l’insécurité empêche ou retarde les réponses aux besoins sanitaires dans le nord et dans le sud de la RCA, en particulier dans les préfectures orientales attaquées par les rebelles. Les organisations non gouvernementales (ONG) utilisent des services mobiles pour aider les milliers de déplacés dans les zones non couvertes par les installations de base du ministère de la Santé.
Dans le nord, autour de Kaga Bandoro et de Bocaranga, il est généralement possible d’accéder par la route, malgré les tensions intermittentes entre le gouvernement et les forces d’opposition. Cependant, dans les régions plus reculées entre Kabo et Sida, et dans les zones du nord proches de la frontière du Tchad, l’insécurité pose des problèmes plus sérieux, restreignant l’accès des organisations humanitaires.
En RCA, la plupart des 192 000 personnes déplacées à l’intérieur du pays (PDI) – le chiffre a augmenté de 30 000 depuis le début de 2010 – ne vivent pas dans des grands camps organisés. Ils cherchent refuge dans des petits campements de fortune, qu’ils installent, pour se protéger, à une certaine distance des routes le long desquelles sont situés leurs villages.
Beaucoup de villages pouvaient autrefois se targuer d’avoir des postes de santé et des dispensaires, quelquefois même des services d’hospitalisation. Mais aujourd’hui, peu ont conservé leur personnel et la plupart ont été pillés.
« Certaines zones au nord du pays sont entièrement coupées de toute assistance médicale. Les travailleurs humanitaires ne peuvent se déplacer que sur certains axes principaux, et atteindre ceux qui se sont enfuis dans la brousse ou dans des zones qui nous sont inaccessibles est un défi majeur, » ont dit à IRIN des travailleurs sanitaires.
Le plus gros des secours est distribué par des vols du Service aérien humanitaire des Nations Unies (UNHAS) dans les régions en crise comme N’délé, Birao au nord et Zémio au sud-est.
« L’UNHAS remplit très bien cette fonction, mais ils sont débordés depuis un certain temps et n’ont pas la flexibilité requise pour répondre aux besoins urgents. La mission devrait recevoir un autre avion, ce qui devrait grandement améliorer les choses, mais même ainsi, un transport uniquement aérien est problématique pour tout le monde, » ont dit à IRIN des travailleurs sanitaires qui ont demandé à rester anonymes.
Photo:
ReliefWeb
REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
A l’est, dans la préfecture de Bamingui-Bangoran, Médecins sans Frontières Espagne, par exemple, travaille avec le ministère de la Santé pour fournir des services médicaux au principal hôpital de recours. Des équipes médicales mobiles sont également utilisées dans certaines parties de la préfecture où l’accès est difficile, mais elles sont limitées aux deux axes principaux de Ngarba et de Miamani-Golongosso/Miamani Chari.
Toutefois après les évènements de Birao dans la province de Vakanga, au nord-est du pays, où 8 000 personnes ont été déplacées après une attaque des rebelles, le gouvernement a conseillé aux ONG de s’abstenir d’essayer d’atteindre certaines régions.
Des besoins non satisfaits
Des questions essentielles telles que la réhabilitation des infrastructures, le manque de personnel et la prévention des maladies « n’ont jamais été traitées [complètement] ni par le ministère de la Santé ni par la communauté internationale. Tous, nous réagissons à des crises urgentes sporadiques liées aux épidémies saisonnières ou à l’accès insuffisant aux soins de santé de base en raison du déplacement[des populations] et de l’insécurité, » a dit à IRIN un travailleur sanitaire qui a choisi l’anonymat.
« L’incapacité du gouvernement à fournir des services dans les zones où les ONG ont difficilement accès et le fait que dans certaines de ces zones, les statistiques à elles seules indiquent un état d’urgence, font qu’on comprend aisément pourquoi les ONG du secteur de la santé sont encore obligées de fournir des soins d’urgence, » a dit à IRIN
Leland Montell, directeur de l’International Rescue Committee.
Depuis 2008, le gouvernement n’a consacré que 1,5 pour cent du PIB à la santé publique, ce qui explique qu’il dépend de quelque 19 ONG médicales pour fournir les médicaments et le matériel médical, et améliorer les compétences des travailleurs sanitaires.
Le paludisme reste la première cause de morbidité, et représente 13,8 pour cent des décès. On assiste à une résurgence des épidémies de méningite ainsi que d’autres maladies transmissibles, comme le virus sauvage de la polio, la rougeole et la fièvre jaune, mais les maladies principales sont les maladies hydriques, les infections cutanées et les infections respiratoires.
Le rapport 2011 sur la Procédure d’appel global
indique que seulement 30,5 pour cent de la population (28 pour cent en zone urbaine et 32 en zone rurale) a accès à une eau de boisson salubre. Selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), la production agricole a été abandonnée dans beaucoup d’endroits en raison de l’insécurité, et les paysans n’ont pas accès à leur capital productif, car ils ont perdu semences, outils et récoltes quand ils ont été obligés de s’enfuir. Soixante-sept pour cent de la population vit avec moins de 1 dollar [par jour] et des milliers souffrent d’insécurité alimentaire ou dépendent des agences humanitaires.
Selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance, 16 pour cent des enfants de moins de cinq ans sont atteints de malnutrition aiguë et 6,6 pour cent de malnutrition aiguë sévère, mais il n’existe que 25 centres de nutrition thérapeutiques et 60 centres de soins ambulatoires, qui ne couvrent que le tiers des cas qui devraient être gérés.
Selon le groupe sectoriel santé du pays, alors que la couverture vaccinale nationale avait atteint le chiffre record de 87,76 pour cent pour la diphtérie, la coqueluche et le tétanos en 2006, le déplacement [forcé] a rendu impossible le maintien d’un tel niveau et celui-ci est tombé à 76,4 pour cent en 2009.
La mortalité des moins de cinq ans est de 176 décès pour 1 000 naissances vivantes et la mortalité infantile de 106 décès pour 1 000 naissances vivantes. Le pays a aussi le taux de mortalité maternelle le plus élevé d’Afrique, soit 1 355 pour 100 000 naissances vivantes, rapporte le groupe sectoriel santé.
cp/mw – og/amz
Theme (s)
:
Santé et nutrition
,
Paix et sécurité
,
Réfugiés et déplacés
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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Pendant des années, les affrontements entre forces gouvernementales et groupes rebelles ont forcé des milliers de personnes à se réfugier dans la brousse. Les installations de base, y compris les centres de santé, ont été détruites ou pillées
N'délé, 4 mars 2011 (IRIN) - Après des décennies de violence politique, de déplacement et d’insécurité résultant des affrontements entre les groupes rebelles et les forces gouvernementales ainsi qu’avec des bandits armés, des milliers de personnes en République centrafricaine (RCA) sont vulnérables aux maladies et n’ont qu’un accès très limité aux services de santé, disent les agences humanitaires.
Selon le Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies (OCHA), de nombreux centres de santé au nord et au sud-est de la RCA ont été victimes de pillages ou ne sont plus opérationnels, parce que les travailleurs médicaux sont souvent obligés de quitter la région.
Dans l’ensemble, l’accès aux services de santé est très limité dans tout le pays, sauf à Bangui, la capitale ; en outre, l’insécurité empêche ou retarde les réponses aux besoins sanitaires dans le nord et dans le sud de la RCA, en particulier dans les préfectures orientales attaquées par les rebelles. Les organisations non gouvernementales (ONG) utilisent des services mobiles pour aider les milliers de déplacés dans les zones non couvertes par les installations de base du ministère de la Santé.
Dans le nord, autour de Kaga Bandoro et de Bocaranga, il est généralement possible d’accéder par la route, malgré les tensions intermittentes entre le gouvernement et les forces d’opposition. Cependant, dans les régions plus reculées entre Kabo et Sida, et dans les zones du nord proches de la frontière du Tchad, l’insécurité pose des problèmes plus sérieux, restreignant l’accès des organisations humanitaires.
En RCA, la plupart des 192 000 personnes déplacées à l’intérieur du pays (PDI) – le chiffre a augmenté de 30 000 depuis le début de 2010 – ne vivent pas dans des grands camps organisés. Ils cherchent refuge dans des petits campements de fortune, qu’ils installent, pour se protéger, à une certaine distance des routes le long desquelles sont situés leurs villages.
Beaucoup de villages pouvaient autrefois se targuer d’avoir des postes de santé et des dispensaires, quelquefois même des services d’hospitalisation. Mais aujourd’hui, peu ont conservé leur personnel et la plupart ont été pillés.
« Certaines zones au nord du pays sont entièrement coupées de toute assistance médicale. Les travailleurs humanitaires ne peuvent se déplacer que sur certains axes principaux, et atteindre ceux qui se sont enfuis dans la brousse ou dans des zones qui nous sont inaccessibles est un défi majeur, » ont dit à IRIN des travailleurs sanitaires.
Le plus gros des secours est distribué par des vols du Service aérien humanitaire des Nations Unies (UNHAS) dans les régions en crise comme N’délé, Birao au nord et Zémio au sud-est.
« L’UNHAS remplit très bien cette fonction, mais ils sont débordés depuis un certain temps et n’ont pas la flexibilité requise pour répondre aux besoins urgents. La mission devrait recevoir un autre avion, ce qui devrait grandement améliorer les choses, mais même ainsi, un transport uniquement aérien est problématique pour tout le monde, » ont dit à IRIN des travailleurs sanitaires qui ont demandé à rester anonymes.
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A l’est, dans la préfecture de Bamingui-Bangoran, Médecins sans Frontières Espagne, par exemple, travaille avec le ministère de la Santé pour fournir des services médicaux au principal hôpital de recours. Des équipes médicales mobiles sont également utilisées dans certaines parties de la préfecture où l’accès est difficile, mais elles sont limitées aux deux axes principaux de Ngarba et de Miamani-Golongosso/Miamani Chari.
Toutefois après les évènements de Birao dans la province de Vakanga, au nord-est du pays, où 8 000 personnes ont été déplacées après une attaque des rebelles, le gouvernement a conseillé aux ONG de s’abstenir d’essayer d’atteindre certaines régions.
Des besoins non satisfaits
Des questions essentielles telles que la réhabilitation des infrastructures, le manque de personnel et la prévention des maladies « n’ont jamais été traitées [complètement] ni par le ministère de la Santé ni par la communauté internationale. Tous, nous réagissons à des crises urgentes sporadiques liées aux épidémies saisonnières ou à l’accès insuffisant aux soins de santé de base en raison du déplacement[des populations] et de l’insécurité, » a dit à IRIN un travailleur sanitaire qui a choisi l’anonymat.
« L’incapacité du gouvernement à fournir des services dans les zones où les ONG ont difficilement accès et le fait que dans certaines de ces zones, les statistiques à elles seules indiquent un état d’urgence, font qu’on comprend aisément pourquoi les ONG du secteur de la santé sont encore obligées de fournir des soins d’urgence, » a dit à IRIN
Leland Montell, directeur de l’International Rescue Committee.
Depuis 2008, le gouvernement n’a consacré que 1,5 pour cent du PIB à la santé publique, ce qui explique qu’il dépend de quelque 19 ONG médicales pour fournir les médicaments et le matériel médical, et améliorer les compétences des travailleurs sanitaires.
Le paludisme reste la première cause de morbidité, et représente 13,8 pour cent des décès. On assiste à une résurgence des épidémies de méningite ainsi que d’autres maladies transmissibles, comme le virus sauvage de la polio, la rougeole et la fièvre jaune, mais les maladies principales sont les maladies hydriques, les infections cutanées et les infections respiratoires.
Le rapport 2011 sur la Procédure d’appel global
indique que seulement 30,5 pour cent de la population (28 pour cent en zone urbaine et 32 en zone rurale) a accès à une eau de boisson salubre. Selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), la production agricole a été abandonnée dans beaucoup d’endroits en raison de l’insécurité, et les paysans n’ont pas accès à leur capital productif, car ils ont perdu semences, outils et récoltes quand ils ont été obligés de s’enfuir. Soixante-sept pour cent de la population vit avec moins de 1 dollar [par jour] et des milliers souffrent d’insécurité alimentaire ou dépendent des agences humanitaires.
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Selon le groupe sectoriel santé du pays, alors que la couverture vaccinale nationale avait atteint le chiffre record de 87,76 pour cent pour la diphtérie, la coqueluche et le tétanos en 2006, le déplacement [forcé] a rendu impossible le maintien d’un tel niveau et celui-ci est tombé à 76,4 pour cent en 2009.
La mortalité des moins de cinq ans est de 176 décès pour 1 000 naissances vivantes et la mortalité infantile de 106 décès pour 1 000 naissances vivantes. Le pays a aussi le taux de mortalité maternelle le plus élevé d’Afrique, soit 1 355 pour 100 000 naissances vivantes, rapporte le groupe sectoriel santé.
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